L'église Notre-Dame-de-la-Nativité-et-Saint-Fiacre de Livilliers est une église catholique paroissiale située à Livilliers, en France.
La chapelle de Livilliers fut donnée à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise avant 1150, et elle est érigée en église paroissiale en 1175. Peu de temps après, débute la construction de l'édifice actuel, en intégrant le clocher roman préexistant. En dépit de ses dimensions modestes, le maître d'œuvre de l'église de Livilliers adopte, pour la nef, une élévation à trois niveaux inspirée de Notre-Dame de Paris. C'est donc la plus petite église de la région a présenter un faux triforium au-dessus des grandes arcades. En revanche, le chœur se limite à une seule travée terminée par un chevet plat, éclairé par une baie à deux lancettes analogue aux arcades du triforium simulé. On peut ajouter au chœur liturgique la travée sous le clocher central, reprise en sous-œuvre vers la fin du , quand l'étage de beffroi est également reconstruit. Des chapelles à deux travées flanquent la base du clocher et le chœur de chaque côté. Des doutes pèsent sur le voûtement ou non des bas-côtés de la nef au moment de leur construction. Inachevées ou effondrées, ces voûtes sont absentes depuis plusieurs siècles tout au moins. En 1560 et 1563, des marchés sont conclus avec le maître-maçon Garnot Gerbault, de Pontoise, pour reconstruire le bas-côté nord, avec voûtes d'ogives, et notamment construire un porche devant le portail latéral de la troisième travée du bas-côté nord. Cette œuvre de la Renaissance constitue certainement l'exemplaire le plus abouti dans son genre dans le Vexin français, où ce courant architectural a laissé beaucoup de traces, et fait la réputation de l'église de Livilliers dans l'histoire de l'art. Concernant les parties gothiques, elles sont assez tôt victimes de désordres de structure du fait de l'absence d'arc-boutants. Des dispositifs provisoires sont mis en place par les habitants afin de maintenir la stabilité de la structure, qui remplissent tant bien que mal leur mission, mais les problèmes s'aggravent au , et l'église est fermée par un arrêté de péril le . L'église Notre-Dame-de-la-Nativité-et-Saint-Fiacre de Livilliers est classée monument historique par arrêté du ., ce qui permet à la commune de solliciter des subventions de l'État. La municipalité avait déjà commandé un diagnostic l'année précédente, et engage deux importantes campagnes de restauration entre 2017 et fin 2019. Dès le , l'église peut rouvrir, mais la paroisse de Pontoise, dont elle dépend, n'a pas repris la célébration d'offices réguliers.
Localisation thumb|left|Vue générale depuis le sud-ouest. La RD 79, à droite, passait longtemps devant la façade, à gauche.
L'église Notre-Dame-de-la-Nativité-et-Saint-Fiacre de Livilliers est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, aux confins de l'agglomération de Cergy-Pontoise, dans le parc naturel régional du Vexin français sur la commune de Livilliers, au sud du village, au milieu d'un carrefour où convergent cinq rues. L'axe le plus important, la route départementale 79 (rue du Vaunay ou du Veau né) au sud de l'église, puis rue de la Chaise) est longtemps passé immédiatement devant la façade occidentale. Après 1990, la route a pu être déviée par le sud de l'église, grâce à la démolition de la partie débordante de la sacristie, un parvis piétonnisé créé devant la façade. La RD 79 arrive donc depuis le sud-ouest (Génicourt), passe devant l'élévation méridionale de l'édifice, puis devant le chevet, et repart vers le nord. Un parvis est également laissé libre devant le porche au nord de l'église. Il est délimité au nord par la sente de l'École qui se dirige vers l'ouest, et donne accès aussi bien à la mairie qu'à l'école. La route de Paris arrive par le sud-est (Ennery), et rejoint la RD 79 à l'angle sud-est de l'édifice. Proche de l'angle nord-est du chevet, débute lavenue de Saint-Fiacre, desservant les jardins à l'est du village.
Historique Les origines et le vocable thumb|Vue depuis le sud.
À la première moitié du , Livilliers dépend de la paroisse . Le village dispose déjà d'une chapelle pour l'usage de ses habitants (capella de Linvilario). En 1150 au plus tard, le seigneur local, Raoul Vallez, donne la chapelle de Livilliers et l'église de Génicourt à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise.. L'érection de Livilliers en paroisse intervient en 1163 selon l'abbé Vital Jean Gautier. ; en 1175 selon Guiorgadzé qui s'appuie sur le cartulaire de l'abbaye publié par Joseph Depoin.. L'archevêque de Rouen, Hugues III d'Amiens, élève donc la chapelle au rang d'église paroissiale. Le lieu de culte est placé sous le vocable de la Nativité de Marie. Le patron secondaire est saint Fiacre de Meaux, patron des jardiniers et maraîchers, activité qui était importante à Livilliers. (Parfois, Saint-Fiacre est mis en avant., et Notre-Dame est mentionné en second rang, certainement pour éviter les confusions, du fait du nombre important d'églises qui soient placées sous sa protection)Dans le département voisin de l'Oise, l'église Notre-Dame-et-Saint-Fiacre de Neuilly-sous-Clermont est placée exactement sous le même double vocable.. Sous l'Ancien Régime, Livilliers relève du doyenné de Pontoise, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen. L'abbé de Saint-Martin de Pontoise nomme à la cure. Les grosses dîmes appartiennent pour un tiers au prieuré de Conflans-Sainte-Honorine, qui est une dépendance de l'abbaye Notre-Dame du Bec, et pour les deux autres tiers à l'abbaye de Chelles. L'origine de ces droits est inconnue.
Les campagnes de construction de l'église
Louis Régnier, qui est le premier auteur à avoir étudié l'église, affirme qu'aucune partie ne remonte à l'époque contemporaine de la fondation de la paroisse. Ensuite, il revient sur cette certitude et s'interroge si les arcades assez basses et sans caractère particulier, qui font communiquer la base du clocher avec les potentiels bras d'un transept primitif, ne permettent pas de conclure qu'il y a eu reprise en sous-œuvre d'un clocher du .. L'auteur n'a pas examiné l'intérieur du clocher et la partie des murs latéraux cachés par les toitures des chapelles latérales, mais n'a pas non plus eu un œil suffisamment attentif. En effet, Claire Guiorgadzé, architecte du patrimoine, dirige l'attention sur un ancien contrefort en talus contre lequel prennent appui les grandes arcades du sud de la nef ; une corniche à denticules (elle dit de modillons) dégradée en haut du clocher, côté sudReconstituée avec des blocs sculptés neufs lors de la restauration de 2016 / 2019, hormis le dernier bloc à droite. ; la base d'une colonnette d'angle à l'angle sud-est du clocher, au-dessus de cette corniche ; une corniche à modillons dans les combles de la chapelle latérale sud ; ainsi que les traces d'une ouverture bouchée et un mur en talus visibles au même endroit. La thèse d'un clocher roman qui existe préalablement à la construction de l'église gothique actuelle est donc validée, documentation photographique à l'appui.. Ce clocher était plus haut que l'actuelLa face sud du clocher ne conserve plus beaucoup d'éléments anciens depuis la restauration ; cf. Guiorgadzé 2014, p. 27, et . En plus de la réfection de la corniche romane, l'arc de la baie bouchée en dessous de la baie actuelle a notamment disparu, et les chaînages d'angle ne sont plus les mêmes. Subsiste toutefois la base de la colonnette d'angle.. Pour imaginer ce que le clocher roman de Livilliers a pu être, on peut regarder son homologue de Courcelles-sur-Viosne, qui possède également un premier étage éclairé par une baie unique au sud, et un deuxième étage dépourvu de contreforts, orné d'une unique colonnette d'angle. La corniche sur laquelle prennent appui les baies geminées de l'étage de beffroi est différente, mais l'étage de beffroi se conclut par une corniche analogue à celle dissimulée sous la toiture de la chapelle latérale sud.
Les murs latéraux du clocher roman présentent donc, au-dessus du premier niveau d'élévation, une retraite par un talus. Ceci parle en faveur de l'absence de chapelles latérales importantes ou de transept du temps de la chapelle romane, qui auraient conforté le clocher au nord et au sud, et dispensé le maître d'œuvre du renforcement des parties basses des murs. La chapelle primitive se composait donc certainement d'une nef unique non voûtée, d'un clocher et d'une abside, comme toujours à Auvillers, , Omerville et . Les travaux pour la construction de l'église actuelle débutent donc par la reprise en sous-œuvre du clocher, afin que la travée sous le clocher soit portée à peu près à la hauteur de la future nef et du futur chœur. Si ce chantier peut paraître fastidieux pour l'époque, on procéda pourtant de la même manière dans de nombreuses autres églises, dont Cauvigny, Jouy-le-Moutier, Rully, Sarcelles et Villers-sous-Saint-Leu. On peut dater ces travaux des alentours de 1200.. Parallèlement, on élève la travée du chœur. Louis Régnier évoque un transept et des chapelles latérales ajoutées ultérieurement., alors que les dispositions ne permettent pas réellement de discerner un transept., et l'homogénéité des deux travées de chacune des chapelles latérales est évidente, bien que la deuxième travée soit plus courte que la précédente. Il n'y a pas beaucoup d'années qui séparent la construction du chœur de celle des chapelles : le profil des nervures des voûtes est le même dans la base du clocher, le chœur et la chapelle latérale nord, tandis que la deuxième voûte de la chapelle latérale sud repose, dans l'angle sud-est, sur un groupe de trois colonnettes disposés en équerre, comme dans les deux angles du chevet du vaisseau central. Cela dit, les deux chapelles ne sont donc pas analogues : au sud, le profil des nervures des voûtes diffère, et au nord, il n'y a qu'une colonnette unique dans l'angle. En ce qui concerne la nef, sa construction a suivi de près celle des parties orientales. En se basant sur le profil des tailloirs des chapiteaux des grandes arcades, Louis Régnier indique la fourchette 1210-1240.
La question du voûtement des bas-côtés de la nef thumb|upright|Bas-côté nord, amorce de voûte gothique dans l'angle sud-ouest. thumb|upright|Bas-côté sud, contrefort intermédiaire de la nef. thumb|upright|Base du clocher, vue vers le nord-est : la voûte est gothique, les supports sont de style classique, l'étage au-dessus est en partie roman.
Pour celui qui entre par le portail occidental, l'aspect le plus marquant de l'église de Livilliers est la nef à trois niveaux d'élévation, insoupçonnée derrière les toits en appentis des bas-côtés cachant les murs gouttereaux de la nef, et la sobriété extrême des parties gothiques de l'église à l'extérieur, hormis le portail. Louis Régnier est passé à côté des oculi qui servaient de fenêtres hautes, bouchés depuis plusieurs siècles, jusqu'à leur rétablissement (sans jour sur l'extérieur) en 2017-2018, mais néanmoins détectables depuis les combles des bas-côtés. — Pour celui qui entre par le portail septentrional, l'aspect le plus frappant est l'absence de voûtement dans le bas-côté, malgré le voûtement de la nef et la présence de départs de voûte, et la présence de volumineux contreforts de à de longueur : certes soigneusement appareillés en pierre de taille, mais .. Ceux-ci existent aussi dans le bas-côté sud, qui n'est pas non plus voûté.