Le cheval aux États-Unis (), introduit depuis le Mexique à la fin du , puis sur la côte Est quelques années plus tard, a connu une remarquable croissance de ses effectifs au cours de la seconde moitié du . Les États-Unis comptent dans les années 2010 plus de dix millions de chevaux, après s'être imposés comme l'un des principaux acteurs économiques du monde équestre. La plupart des chevaux américains sont destinés au travail de ranch et à l'équitation de loisir. Le secteur du sport hippique est également très présent, sous l'influence initiale des colons anglais. Les éleveurs américains conduisent une sélection très poussée. Plusieurs dizaines de races sont sélectionnées pour leur caractère, leur type, leurs allures et leur couleur de robe, et facilement exportées pour les plus populaires d'entre elles, telles que les Quarter Horse, Appaloosa et Paint Horse.

Culturellement, l'Ouest américain est devenu indissociable de la figure du cow-boy, de l'Amérindien cavalier et de celle du Mustang, importants protagonistes des films western.

Histoire Des fossiles de chevaux sauvages datant de la Préhistoire ont été retrouvées sur tout le continent américain. En particulier, des restes d'Eohippus datés de l'Éocène ont été extraites du bassin de la rivière Wind, dans l'actuel Wyoming.. Le cheval d'Hagerman (Equus simplicidens), retrouvé à Hagerman dans l'Idaho et daté du Pliocène tardif, est considéré comme le plus lointain ancêtre commun du genre Equus... Il a existé trois lignées d'équidés génétiquement divergentes en Amérique du Nord et du Sud, au Pléistocène... Tous les fossiles nord-américains de chevaux de type caballin, dont le cheval domestique et le cheval de Przewalski appartiennent à la même espèce : E. ferus. Les restes attribués à diverses espèces et regroupés sous le nom de Equus francisci appartiennent à une seconde espèce qui était endémique à l'Amérique du Nord..

Le cheval disparaît environ av. J.C., bien qu'il existe une survie démontrée de chevaux dans le Yukon jusqu'environ avant notre ère.. Plusieurs explications contradictoires ont été proposées, notamment un changement climatique., bien que la transition de la végétation de la steppe à la toundra en Béringie ait pu être une conséquence, plutôt qu'une cause, de l'extinction des brouteurs mégafauniques.. L'autre hypothèse suggère que l'extinction du cheval soit liée à la surexploitation des proies indigènes par les êtres humains nouvellement arrivés, car elle est à peu près simultanée avec la fin de la plus récente avancée glaciaire et l'apparition de la culture Clovis de chasse au gros gibier..

L'espèce domestique Equus caballus est réintroduite par des explorateurs et des colons européens sous sa forme domestique, à partir de la fin du .. : cela rend l'histoire du cheval en Amérique du Nord indissociable de celle de la colonisation européenne des Amériques et de celle des Amérindiens aux États-Unis..

Premières arrivées par le Mexique

vignette|gauche|Statue équestre de Juan de Oñate.

La date exacte d'arrivée du cheval domestique eurasien sur le territoire des actuels États-Unis reste controversée, les sources relatives aux premières expéditions espagnoles parvenues de la Floride jusqu'aux Grandes Plaines ne laissant pas supposer la présence de chevaux survivants parmi elles. Quoi qu'il en soit, les premiers chevaux sont arrivés avec des explorateurs espagnols sur le territoire des actuels États-Unis, à partir de celui du Mexique.

Le récit d'expédition de laisse supposer la survie de quatre ou cinq chevaux abandonnés dans les plaines, sans certitude que les Amérindiens les aient laissés en vie. Ces chevaux sont souvent décrits comme les ancêtres des Mustangs. En 1582, d'après le récit de voyage d'Antonio de Espejo, les Amérindiens des plaines ne connaissent pas les chevaux, et voient en eux des êtres surnaturels. Juan de Oñate signale la même méconnaissance vers 1595, lorsqu'il colonise le Nouveau-Mexique. Aussi, le zoologiste Ángel Cabrera attribue à Oñate l'introduction du cheval dans le sud-ouest des actuels États-Unis. L'arrivée de troupeaux entiers dans un contexte d'antagonisme entre les Amérindiens des plaines et les colons européens entraîne le retour de nombreux chevaux à l'état sauvage, puis leur multiplication, donnant peu à peu les populations de Mustangs du Nouveau-Mexique, du Texas et du Mississipi. La faible présence humaine à l'Ouest des États-Unis permet aux Mustangs d'y vivre de façon pratiquement inchangée jusqu'au milieu du . Leurs principales menaces sont les loups, les ours, les pumas, puis l'être humain.

Premières arrivées par la côte Est Alors que les Espagnols établissaient déjà des ranchs dans le Nouveau-Mexique, les Anglais commençaient tout juste à tenter de coloniser la côte est des États-Unis.. La première tentative (échouée) d'introduction du cheval domestique sur la côte Est remonte à l'établissement de la colonie de Roanoke en 1587, financée par Sir Walter Raleigh. Il faut ensuite attendre 1609 pour que deux étalons et six juments anglais arrivent à Jamestown, dans l'actuelle Virginie. L'élevage du cheval s'implante et prospère rapidement, permettant de répondre aux besoins des propriétaires de plantations et de l'armée locale. En 1670, la Virginie est capable de lever sur place une armée de .

D'autres colonies s'implantent plus au nord, recevant également des chevaux en provenance d'Angleterre ou d'Irlande. Les puritains reçoivent en 1626 six ou sept juments ainsi qu'un étalon anglais, puis six navires débarquent en Nouvelle-Angleterre la même année, avec des chevaux. La plupart de ces chevaux anglais sont probablement des animaux de voyage allant l'amble. D'autres débarquements sur la côte Est voient arriver des chevaux flamands, danois et Hollandais, à La Nouvelle-Amsterdam. Quelques chevaux antillais de type espagnol, importés en Virginie, influencent également le cheptel.

Amérindiens des plaines vignette|Harde de Kiger Mustang dans l'Oregon.

Il existe plusieurs théories relatives à la manière sont les Indiens des Plaines ont obtenu et élevé leurs premiers chevaux, jusqu'à devenir un peuple cavalier réputé.. Le manque de recherches sur le sujet avant le , et l'absence de témoignages écrits directs, ont donné lieu à de multiples représentations erronées, et parfois contradictoires..

Ils ont probablement obtenu leurs premiers chevaux des Espagnols, mais la capture précoce de chevaux errants au cours du est peu probable, en raison de la nécessité d'acquérir simultanément les compétences permettant de les monter et de les gérer. Si l'anthropologue Francis Haines estime en 1938 qu'il est peu probable que les Amérindiens aient obtenu des chevaux en nombre significatif pour devenir un peuple cavalier avant 1630, cette estimation a été corrigée et réfutée en 2023 grâce à des analyses archéologiques et un séquençage d’ADN ancien, qui prouve que les Autochtones des plaines américaines ont utilisé des chevaux dès le début du , soit longtemps avant l'établissement permanent d'Européens dans cette région, en accord avec leurs traditions orales..

À partir d'un centre de commerce dans la région de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, le cheval s'est lentement répandu vers le nord. Le peuple Comanche est parmi les premières tribus à obtenir des chevaux et à les utiliser avec succès.. En 1742, des explorateurs blancs signalent que les Crows et les Pieds-Noirs ont des chevaux, probablement depuis longtemps. Le cheval s'intègre totalement à la vie et à la culture des Indiens des Plaines, devenant une source de richesse en permettant la chasse, le voyage et la guerre..

Premières sélections de races vignette|Crow Dog, amérindien, dans le Nebraska en 1898.

Les Indiens des Plaines sélectionnent parmi les chevaux perdus des colons européens le Cayuse, ou Indian pony.

Le Pur-sang, à peine caractérisé comme une race séparée en Angleterre, est exporté vers l'Amérique du Nord et arrive sur l'actuel territoire américain dès les années 1750. Une particularité locale est la recherche de chevaux capables d'être attelés, plutôt que montés, ce qui explique que le Pur-sang n'ait pas immédiatement rencontré le même succès qu'en Angleterre. Par ailleurs, les chevaux trotteurs et ambleurs sont beaucoup plus valorisés.

À partir du cheptel hétérogène débarqué sur la côte est, deux races sont peu à peu sélectionnées au , le Conestoga et le Narragansett Pacer, ou ambleur de Narragansett. La sélection du Conestoga découle de la recherche d'un cheval de travail fort, et de l'interdiction d'élever de petits chevaux en Pennsylvanie (en 1724, il est interdit d'élever un cheval mesurant moins de ). Il est le premier véritable cheval de trait sélectionné aux États-Unis. Le Narragansett est un cheval de voyage au pas rapide. Tous deux ont disparu au cours du .

Le Morgan est la plus ancienne race de chevaux sélectionnée aux États-Unis qui existe encore de nos jours. Bien que d'origine plus ancienne, ils accèdent à leur propre registre en 1894. La race Morgan a la particularité de descendre d'un seul étalon nommé Figure, qui a vécu dans le Vermont à la fin des années 1790 et s'est fait connaître sous le nom de son premier propriétaire, Justin Morgan.

Au Dans les villes américaines, les chevaux transportent des personnes en tractant des calèches et des véhicules de transports publics. Ils sont utilisés pour le transport de marchandises et pour l'agriculture. Dans certains cas, leur travail est jugé plus efficace que l'utilisation de matériel à vapeur pour alimenter certains types d'équipements mécanisés.

Les mauvais traitements infligés aux chevaux dans des villes telles que New York, où plus de 130 000 chevaux sont utilisés au milieu du , conduisent à la création de la première American Society for the Prevention of Cruelty to Animals (ASPCA) en 1866..

Au

vignette|Bus touristique tiré par des chevaux, en 1942.

En 1912, la Russie (en premier) et les États-Unis (en second) ont le plus important cheptel mondial de chevaux.. Il y a environ 20 millions de chevaux en mars 1915 aux États-Unis.

Homer Davenport permet l'arrivée aux États-Unis de certains des premiers chevaux arabes de , dits Al Khamsa. Impressionné par la beauté des animaux qu'il a vu à l'Exposition universelle de 1893, il profite de ses relations avec le président Theodore Roosevelt pour faire financer son voyage d'achat, en 1906, sur un territoire contrôlé par l'Empire ottoman, ramenant 27 reproducteurs depuis la Syrie et le Liban. L'Arabian Horse Club of America est créé en 1908, à partir des enregistrements de chevaux importés du désert par Davenport..

Dans les années 1930, il existe une douzaine d'associations proposant d'enregistrer un Quarter Horse selon des critères particuliers à chacune. Durant les années 1940, l'American Quarter Horse Association rassemble ce milieu associatif divisé.