La Seule France est un livre du journaliste et homme politique français Charles Maurras, directeur de L'Action française, publié en . Maurras y soutient une position isolationniste vis-à-vis de l'Allemagne nazie et de l'Angleterre, mais prône surtout une confiance complète en Philippe Pétain.
Présentation
Contexte Le , l'armistice est conclu entre l'Allemagne nazie et le dernier gouvernement de la Troisième République. Dès le , Maurras reconnaît la compétence du maréchal Pétain et du général Weygand pour demander l'Armistice dans une déclaration prononcée à Villefranche-de-Rouergue.
Pour Maurras, l'armistice offrait « la possibilité substantielle d'une réorganisation de l'intérieur ».
Au printemps 1941, Maurras publie La Seule France. Chronique des jours d'épreuve, premier livre de réflexion depuis l'écroulement de . L'ouvrage est dédié au maréchal Pétain et proclame son adhésion à la Révolution nationale, jugé comme seul espoir de redressement du pays.
Les raisons de la défaite Par rapport à la défaite de 1940, Charles Maurras avance trois explications : le traité de Versailles qui a précipité l'Allemagne dans le revanchisme, la stratégie de la Grande-Bretagne qui n'avait cessé d'affaiblir la position de la France depuis 1919 et le jeu des minorités antinationales qui avaient précipité la France dans un conflit qui n'était pas le sien.
Isolationnisme et antigermanisme En tant qu'antigermaniste viscéral, Maurras rejette catégoriquement la fraternisation avec l'Allemagne :vignette|Oreille de L'Action française ajoutée à partir du 26 août 1940. Maurras refuse de choisir entre l'Allemagne et l'Angleterre et défend donc une position isolationniste. En définitive, il s'agit de . Maurras fait donc inscrire sur l'oreille du journal L'Action française « La France, La France seule... » à partir du jusqu'à la fin de la guerre. « La France seule » devient alors le mot d'ordre de l'Action française pendant toute la durée du conflit. Pourtant, dans l'ouvrage Maurras indique ne pas être « adversaire » de la collaboration avec les nazis, ajoutant qu'il ne faut même pas « la discuter », mais simplement maintenir une « confiance absolue » à Pétain, qui pratique cette politique de collaborationCharles Maurras, La seule France : chronique des jours d'épreuve, H. Lardanchet, 1941, p. 287.
Maurras apporte également son soutien aux mesures antisémites du régime de VichyChapitre X du livre..
Isolé par « l’âge et une congestion cérébrale », Charles Maurras est condamné en 1945 pour collaboration intellectuelle avec l'Allemagne, en partie à cause de cette logique du ni-ni.
Limites L'historien Michel Grünewald pointe une contradiction manifeste dans cette prise de position. En effet, Maurras aurait renoncé à toute approche critique et au réalisme à cause d'une confiance quasiment aveugle en Pétain. L'universitaire Frédéric Rouvillois estime qu'il s'agit là « d'une attitude qui va à rebours de celle qu’il a toujours défendue et pratiquée ». Cette dérive était déjà inscrite par Henri Massis, disciple de Maurras, qui écrivait dans La Morale de Kant dans l’Université de France en 1917 : Postérité L'historien Jacques Julliard décèle une influence maurrassienne dans le souverainisme de Michel Onfray prétextant la défense de la contre l'Union européenne.
Voir aussi
Notes et références
Bibliographie
Roger Télib, Charles Maurras ou la seule France, Paris, La Restauration Nationale, 1986, 146 p.
Liens
La Seule France dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF
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