Le cheval () arrive à Cuba avec les troupes des conquistadors et les premiers colons espagnols accompagnant Diego Velázquez de Cuéllar, en 1511. Élément décisif des victoires espagnoles contre les Arawaks indigènes de l'île de Cuba, il est rapidement élevé sur place, dans un premier temps comme animal militaire, puis comme monture pour le travail avec le bétail. Les conflits avec les autochtones d'Amérique entraînent la promulgation d'une loi locale qui leur interdit de posséder et de monter des chevaux ; elle reste en vigueur pendant un siècle, puis est abrogée pour permettre le recrutement de vaqueros non-européens.
Le sport hippique est introduit par les Américains au début du . Le pays commence ensuite à se motoriser, mais les sanctions économiques qu'il subit dans le cadre de son conflit contre les États-Unis, notamment ses problèmes d'approvisionnement en carburant, entraînent une résurgence du recours au transport hippomobile attelé et au labour avec des chevaux, à partir des années 1990. Le cheval est aussi présent dans le secteur du tourisme.
Quatorze races de chevaux sont élevées à Cuba, dont quatre locales. Comme d'autres pays de cette région géographique, l'île de Cuba est une zone de circulation active du virus du Nil occidental et de maladies transmises aux chevaux par les tiques, la babésiose et la fièvre Q. L'animal est présent parmi la culture locale, notamment dans le cinéma cubain.
Histoire vignette|Vendeur de lait à La Havane, vers 1904.
Des fossiles de chevaux sauvages datant de la Préhistoire ont été retrouvés sur tout le continent américain. Le cheval disparaît environ , peut-être sous la pression de la chasse des populations humaines.
Les équidés sont réintroduits par des explorateurs et des colons européens sous leur forme domestique, au ..
Premières arrivées La population native de Cuba étant rapidement subjuguée par les colons espagnols, l'élevage des chevaux et des bovins s'y implante rapidement. Les premiers chevaux, une douzaine, sont débarqués en 1511 par les navires de Diego Velázquez de Cuéllar en provenance de l'île d'Hispaniola, qui fut la première colonisée par les Espagnols. Velázquez de Cuéllar déclare lui-même que ces quelques chevaux ont pour but d' aux populations locales, afin de rendre la conquête plus simple. Tout comme les mules et les ânes, ces animaux sont destinés aux besoins militaires.
Le conquistador Pánfilo de Narváez est alors le seul véritable cavalier parmi ces colons espagnols arrivés en 1511. La jument qu'il monte, d'un prix élevé, est luxueusement caparaçonnée et porte une barde ornée de petites clochettes. D'après le chroniqueur Herrera, les Arawaks sont très fortement impressionnés par cette jument, , porter un homme et exécuter des mouvements sous son contrôle. La présence de ce cavalier et de sa monture se révèle décisive pour les premières victoires des Espagnols à Cuba, et contre les raids des Arawaks. Les Indiens cubains n'ont en effet aucune tradition d'usage d', ni pour porter, ni pour tracter. Ils ont peut-être initialement perçu les cavaliers comme formant une seule entité avec leur cheval.
D'autres chevaux sont débarqués sur l'île de Cuba au fil du temps, mais une partie d'entre eux échappent au contrôle humain, redevenant semi-sauvages. Au contact de ces chevaux sans maître, les Arawaks perdent leur crainte initiale à l'égard de ces grands animaux, apprennent à les maîtriser et à les utiliser, pour devenir finalement d'excellents cavaliers. Le cacique (chef tribal) Hatuey, fuyant l'oppression de son peuple sur l'île d'Hispaniola, débarque à Cuba et y dirige pendant quelque temps des raids ciblant les chevaux des Espagnols. Cela entraîne la promulgation d'une loi locale interdisant strictement aux autochtones de posséder un cheval et une selle, et de pratiquer l'équitation. Cette loi reste en vigueur pendant plus d'un siècle à Cuba, jusqu'à ce que le manque de main d'œuvre agricole européenne et la demande en vaqueros cavaliers travaillant avec le bétail entraînent sa suppression.
Généralisation de l'élevage vignette|Hernando de Soto à Tampa Bay en 1539, dessin réalisé par Seth Eastman en 1853. Les chevaux de proviennent de Cuba.|alt=Dessin noir et blanc de cavaliers avec des lances. Les chevaux sont initialement rares, chers et difficiles à obtenir. La campagne militaire d'Hernán Cortés à Cuba, puis à Mexico-Tenochtitlan (avec seize chevaux cubains emmenés), fait comprendre à la couronne espagnole l'importance stratégique de la cavalerie dans ces victoires, facilitant l'importation de chevaux. Leur élevage s'implante rapidement. Les conquistadors donnent leur préférence aux chevaux nés dans les Antilles pour leurs expéditions, en raison de leur moindre coût et de leur résistance aux maladies locales.
Quand Narváez part dans sa campagne d'exploration de la Floride en 1527, il parvient à se fournir entièrement en chevaux à Cuba. Hernando de Soto ne rencontre aucune difficulté à en trouver localement, en 1539. Il fait appel à un éleveur, Vasco Porcallo de Figueroa, et trouve avec lui 50 chevaux. Lors de son arrivée à Santiago de Cuba, pendant la Pentecôte de 1538, il est accueilli par plusieurs cavaliers caparaçonnées qui l'escortent jusqu'à La Havane ; plus de l'escortent ainsi. D'après Garcilaso de la Vega, de Soto teste la bravoure de ses hommes en les faisant participer à une tauromachie à cheval sur des montures cubaines ; cependant ce type d'entrainement faisait sans doute partie intégrante de la formation militaire des , habitants de La Havane.
Cuba s'impose comme un centre d'élevage de chevaux sur le continent américain pendant , l'élevage du bétail géré par des cavaliers représentant la base de l'économie cubaine jusqu'au début du . Chaque , habitant de la campagne cubaine, se doit de posséder au moins un cheval. Les chevaux sont généralement destinés à l'équitation et à la traction de véhicules de transport humain ou de matériel. En général, ils ne sont pas utilisés pour les travaux agricoles. Les chevaux cubains sont aussi bâtés, mais les ânes et les mules sont préférés à ces usages, en particulier dans les zones de relief.
Des chevaux de trait néerlandais, des Pur-sangs, des hobbies (chevaux destinés aux loisirs) et des ambleurs acadiens sont importés sur l'île dans le cadre du commerce triangulaire, mais le cheval ibérique continue de constituer la majorité du cheptel local, le plus utilisé localement pour le travail de ranch. Au contraire des îles voisines, Cuba n'a pas de populations de chevaux .
Après l'abolition de l'esclavage Avec l'abolition de l'esclavage à partir des années 1880, d'anciens esclaves cubains réclament la propriété de chevaux. L'administrateur blanc J. S. Murray, arrivé à la plantation cubaine Soledad en 1884 pour le compte de ses nouveaux propriétaires E. Atkins and Company, déclare à ce sujet que , démarrant une campagne pour forcer les ouvriers noirs à se débarrasser de leur monture.. Cette campagne est vraisemblablement un échec, car non-seulement le cheval incarne l'autorité masculine, mais en plus, il semble difficile de persuader les ouvriers de renoncer à l'équitation et de se présenter au travail à pieds
En 1891, il est estimé que Cuba héberge et ..
Depuis le
vignette|gauche|Cavaliers de la révolution cubaine de 1959.|alt=Photo noir et blanc de cavaliers vus de face et portant le drapeau cubain. En 1906, alors que Cuba est sous domination des États-Unis, la Cuban Racing Association tente d'introduire le sport hippique en tant qu'activité touristique pour les parieurs et les éleveurs. L'hippodrome de Curly Brown's Oriental Park ouvre en 1915 à La Havane, mais en pleine Première Guerre mondiale, il peine à fonctionner, malgré les efforts déployés pour y attirer de riches touristes. Il attire néanmoins quelques riches propriétaires américains de chevaux de course, qui peuvent profiter de l'autorisation légale d'y boire de l'alcool en pleine prohibition. En raison d'une mauvaise gestion, l'hippodrome se détériore, la saison de course de 1925 étant sauvée de justesse par un homme d'affaires d'origine canadienne, .
Dans les années 1940, Cuba héberge environ un cheval pour sept habitants. Il n'existe pas de soutien particulier à l'élevage de la part de l'État. En 1961, sur la base des données de la FAO, la population chevaline à Cuba est estimée à .. Il y a des divergences dans les estimations de la population équine à la fin du ; cependant, toutes suggèrent une forte diminution de la population de chevaux durant les années 1980, vraisemblablement à cause de l'accès croissant aux véhicules à moteur et de l'urbanisation. Des accords avec l'Union soviétique garantissent l'importation de tracteurs, de véhicules à moteur et de leurs pièces à bas prix, limitant le recours aux animaux. Le cheptel de chevaux n'est plus que d'environ en 1990.
vignette|Transport d'un cochon dans un véhicule hippomobile à Sancti Spiritus, en 2012.|alt=Véhicule hippomobile en métal attelé d'un cheval gris et consistant en une cage avec un cochon à l'intérieur. Depuis 1990 et la dislocation de l'URSS, Cuba connaît des conditions économiques particulières, avec des problèmes liés au coût et à la disponibilité du carburant et des pièces de rechange pour les véhicules à moteur. Alors que les véhicules à moteur sont souvent utilisés avant les années 1990, la « période spéciale » () entraîne une résurgence de l'usage du cheval attelé, notamment en raison des difficultés d'approvisionnement du pays en carburant. En quelques mois, l'interruption quasi totale des approvisionnements entraîne un usage très limité des tracteurs ; les mesures d'austérité favorisent l'utilisation des animaux de travail, surtout des bœufs de trait, mais aussi des chevaux et des mules. L'État s'engage alors dans une politique de soutien actif à la traction hippomobile et bovine. Des animaux de trait sont réintroduits dans des fermes où le tracteur était pourtant utilisé depuis longtemps. Évolution du nombre de tracteurs et d'animaux de travail à Cuba (source MINAGRISoit le : .) +19601970198019902000TracteursChevauxBovins de trait
D'après les données collectées par l'Institut cubain de mécanisation agricole (, IIMA) du ministère de l'Agriculture, la population nationale de chevaux est en déclin depuis un certain temps, et s'élève à environ (2002) ou , bien que les tendances suggèrent une résurgence de l'utilisation des chevaux pour tirer les charrettes et les calèches. Cette tendance est notamment palpable dans les exploitations agricoles. Le Paul Starkey postule que la population d'animaux de travail a atteint son pic, et va décliner progressivement durant les prochaines années.
Pratiques et usages vignette|gauche|Chevaux attachés devant une maison de Trinidad. L'équitation est longuement restée le principal moyen de transport à Cuba. La plupart des chevaux de l'île sont (en 2002) montés pour le travail (notamment en élevage bovin) et attelés pour le transport rural ou urbain, plus rarement montés pour le loisir ou pour les sports équestres.
Les chevaux locaux sont historiquement utilisés par toute la population, depuis la garde civile espagnole jusqu'aux pirates. Comme dans d'autres pays américains, le cheval d'allures capable d'aller l'amble, le marchador, est particulièrement apprécié. Il existe une pratique de rodéo de spectacle.
Le secteur de l'agriculture est très important pour l'économie cubaine, car il représente plus de 50 % des recettes en devises. Des animaux de travail sont utilisés dans toutes sortes d'exploitations agricoles, et en particulier dans des exploitations familiales et les coopératives de production, qui représentent 40 % de la production alimentaire nationale du pays. Dans les régions montagneuses de l'est du pays, certains chevaux servent de bêtes de somme.
Malgré la bonne qualité des chevaux locaux, ces animaux n'ont été que rarement vers les États-Unis, pour des raisons politiques.