Le protocole de Damas est un document remis à , roi de Syrie puis d'Irak, fils de Hussein ben Ali le par les sociétés secrètes arabes al-Fatat et Al-'AhdHerzog, 1975, p. 213. lors de sa deuxième visite à Damas. Dans ce protocole, les sociétés secrètes se déclarent prêtes à soutenir la révolte du père de Fayçal, Hussein ben Ali, contre l'Empire ottoman et y indiquent leurs exigences en vue d'un futur accord avec la Grande-Bretagne. Elles y définissent les frontières d'un État arabe indépendant à établir au Moyen-Orient englobant toutes les terres de l'Asie occidentale ottomane au sud du 37e parallèle nordIsmael, 1991, p. 65.. Ce document devient la base de la compréhension arabe de la correspondance McMahon-Hussein. Les sociétés secrètes arabes demandent que les exigences du protocole soient soumises aux Britanniques ; c'est à cette condition qu'elles s'engageront en faveur de la révolte arabe.
Texte Le texte est traduit pour la première fois en anglais par George Antonius en 1938, sur la base d'une copie du protocole qui lui a été remis par Fayçal :
Contexte droite|vignette| Sayyid Hussein ben Ali, chérif et émir de La Mecque, roi du Hedjaz
Négociations avec Kitchener Le , un autre fils du chérif de la Mecque Hussein, , émir puis roi de Transjordanie, rencontre Herbert Kitchener, gouverneur général britannique de l'Égypte et du Soudan, au Caire et lui demande si Hussein peut compter sur le soutien britannique en cas de mouvements turcs contre le Hedjaz. À ce stade, Kitchener ne peut offrir aucune promesse, mais deux mois plus tard, Abdallah rencontre le secrétaire oriental de Kitchener, Sir Ronald Storrs, et reçoit l'assurance que la Grande-Bretagne garantirait le statu quo en Arabie contre « l'agression turque »Paris, 2003, p. 22.. vignette| Abdallah I ben al-Hussein, roi de Jordanie (1949–1951) est né à La Mecque, Empire ottoman (actuellement Arabie saoudite) En , la réticence britannique à s'opposer aux Turcs s'évapore après le début de la guerre. Kitchener, alors secrétaire d'État à la guerre, envoie un message à Abdallah demandant si les Arabes soutiendraient la Grande-Bretagne en cas d'entrée en guerre de la Turquie aux côtés de l'Allemagne. Abdallah répond que le chérif soutiendrait la Grande-Bretagne en échange du soutien britannique contre les Turcs. vignette|Herbert Kitchener, comte KitchenerAu moment de la réponse de Kitchener en octobre, les Turcs entrent en guerre comme alliés des Allemands.
L'historien Timothy J. Paris retrace les négociations anglo-arabes en ces termes : Dans sa réponse, Hussein n'a pas mentionné le califat mais a déclaré qu'il ne pouvait pas rompre immédiatement avec les Turcs en raison de sa position dans l'islam.
Déclaration turque de djihad Le , les Turcs déclarent le djihad (en arabe, ce terme signifie abnégation, effort, lutte ou résistance à l'oppression) contre les alliés de la Première Guerre mondiale et exhortent Hussein à soutenir l'appel et à fournir des troupes pour leurs forces.
Selon Schneer, en , Hussein est approché par Fauzi al-Bakri (frère de Nasib al-Bakri, tous deux membres d'Al-Fatat et dont le père était un vieil ami d'Hussein) dans le but de persuader le chérif devenir chef d'une révolte contre les Ottomans. Au même moment, le fils aîné d'Hussein, Ali ben Hussein, découvre un complot turc visant à déposer le Sharif en faveur d'Ali Haidar, chef de la branche dépossédée Motallib de la famille chérifienneBritish Imperial Connexions to the Arab National Movement, 1912-1914, accessed 8 April 2007.. Hussein ordonne alors à son fils de présenter au Grand Vizir à Constantinople les preuves du complot. Il lui demande aussi de se rendre à Damas pour examiner avec les dirigeants des sociétés secrètes la viabilité d'une révolte ; ce que Fayçal fait le . Après un mois de pourparlers, Faisal n'est pas convaincu de la force du mouvement arabe et en conclut qu'une révolte ne réussirait pas sans l'aide de l'une des grandes puissances. En arrivant à Constantinople en avril et en apprenant qu'une déclaration arabe de djihad est considérée comme essentielle par les Turcs, Fayçal s'inquiète de la position de sa famille au Hedjaz.
Lors de son voyage de retour, Faisal se rend à Damas pour reprendre les pourparlers avec les sociétés al-Fatat et Al-Ahd et rejoint leur mouvement révolutionnaire. C'est lors cette visite que Fayçal reçoit le document connu sous le nom de « protocole de Damas ». Le document déclare que les Arabes se révoltent en alliance avec la Grande-Bretagne en échange de la reconnaissance de l'indépendance arabe dans une zone allant du parallèle nord à la frontière sud de la Turquie, délimitée à l'est par la Perse et le golfe Persique, à l'ouest, par la mer Méditerranée et au sud par la mer d'OmanParis, 2003, p. 24..
Rencontre à Taëf À la suite de délibérations à Taëf entre Hussein et ses fils en , au cours desquelles Fayçal conseille la prudence, Ali plaide contre la rébellion et Abdallah préconise l'action, le chérif a fixé une date provisoire pour la révolte armée pour et a entamé des négociations avec le haut-commissaire britannique en Égypte, Sir Henry McMahon via la correspondance Hussein-McMahon.
Références
Bibliographie
Fromkin, David (1990). A Peace To End All Peace. Avon Books, New York. Herzog, Jacob David (1975). A People That Dwells Alone: Speeches and Writings of Yaacov Herzog. Weidenfeld and Nicolson. Ismael, Tareq Y. (1991). Politics and Government in the Middle East and North Africa. University of Florida Press. Paris, Timothy J. (2003). Britain, the Hashemites and Arab Rule, 1920-1925: The Sherifian Solution. London: Routledge.
Catégorie:Révolte arabe de 1916-1918 Catégorie:Histoire de Damas Catégorie:Empire britannique Catégorie:Histoire de l'islam au XXe siècle Catégorie:Mai 1915