Georges Leblanc, né le à Limoges et mort le à Paris, est un général de corps d'armée français, grand-croix de la Légion d'honneur, titulaire de la Distinguished Service Cross américaine.
Après avoir combattu lors de la Première Guerre mondiale, il s'illustre particulièrement au cours de la Seconde Guerre mondiale au commandement du 1er groupe de tabors marocains (1er GTM), lors de la campagne d'Italie au sein du corps expéditionnaire français, puis au sein de la 1re armée française lors de la libération de Marseille en et des campagnes de France et d'Allemagne.
Il combat ensuite durant la guerre d'Indochine. Nommé, en , commissaire de la république pour le Centre-Vietnam et commandant des forces terrestres du Centre-Vietnam (FTCV), il commande les forces françaises lors de l'opération Camargue en juillet-, l'une des plus importantes opérations de la guerre.
« Chef et combattant d'une renommée légendaire », titulaire de vingt-quatre citations, ses faits d'armes lui valent d'être élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur en 1956 « pour services exceptionnels en Extrême-Orient ».
Il est l'un des plus prestigieux commandants des goumiers marocains durant la Seconde Guerre mondiale, au côté de Pierre Boyer de Latour et Gaston Parlange, également élevés à la dignité de grand-croix de la légion d'honneur après-guerre, et Jacques Massiet du Biest, « Georges Leblanc - Le chef du 1er groupe de tabors marocains », revue Troupes d'élite, janvier 1987..
Biographie Famille Issu d'une famille de tradition militaire, il est le fils de Michel Émile Leblanc (1860-1914), colonel d'infanterieDossier de la légion d'honneur de Michel Émile Leblanc (1860-1914), base de données de la Légion d'honneur Léonore, et Étiennette Joséphine Marie Marquet. Son grand-père, Michel Régis Leblanc, né en 1818 à Clermont-Ferrand et mort en 1890 à Aubusson (Creuse), est capitaine de frégate, commandant la frégate à vapeur le Mogador, destinée à l'expédition de Syrie de 1860 puis capitaine de vaisseau et contre-amiralDossier de la légion d'honneur de Michel Régis Leblanc (1818-1890), base de données de la légion d'Honneur LéonoreNotice biographique sur le contre-amiral Leblanc, Revue maritime et coloniale, volume 106, 1890, pp. 127-141.
Il se marie le à Bussy-le-Grand (Côte-d'Or) avec Jacqueline Loth (1906-1956), avec laquelle il a huit enfants, puis le à Vallenay (Cher) avec Christiane Tron de Bouchony.
Son père, colonel au d'infanterie (), est mort pour la France le Fiche de Michel Émile Leblanc (1860-1914), site Mémoire des hommes ainsi que son frère aîné, Michel François Joseph (1893-1918), sous-lieutenant au 68e régiment d'infanterie (68e RI), le Fiche de Michel François Joseph Leblanc (1893-1918), site Mémoire des hommes.
Son fils, Olivier Leblanc, commandeur de la légion d'honneur, est colonel dans l'infanterieLa Koumia : Bulletin de l'Association des anciens des goums marocains et des affaires indigènes en France, n° 102, septembre 1986, p.11..
Carrière Première Guerre mondiale Engagé volontaire en , comme simple soldatFiche matricule - AD36 - Bureau Châteauroux Classe 1916 Matricule 1813 sur https://www.archives36.fr/, Leblanc fait une brillante campagne dans l'infanterie, qu'il termine comme capitaine, à seulement 22 ans, à la 10e compagnie du 90e régiment d'infanterie. Il est blessé 3 fois et est cité 4 foisMichel Wattel et Béatrice Wattel (préf. André Damien), Les Grand’Croix de la Légion d’honneur : De 1805 à nos jours, titulaires français et étrangers, Paris, Archives et Culture, 2009, p. 250.
Le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur pour prendre rang au avec la citation suivante : Journal officiel du 19 avril 1919, p. 4101.
Campagne du Maroc En 1919, il est affecté au Maroc, au 13e régiment de tirailleurs algériens (13e RTA) puis muté au service des Affaires indigènes (AI) du Maroc en Paul Gaujac, Les goums marocains 1941-1945, l'Esprit du temps, 2021, p.203.
De 1930 à 1933, il participe aux opérations dans l'Atlas marocain avant d'être nommé chef de bureau puis chef de cercle aux Affaires indigènes.
Alors qu'il est capitaine au service des affaires indigènes du Maroc, il est promu officier de la légion d'Honneur le avec la citation suivante : Journal officiel du 1 janvier 1931, p. 24..
Seconde Guerre mondiale thumb|left|Insigne du 1er groupe de tabors marocains (1er GTM) thumb|right|Le colonel Georges Leblanc défile à Marseille en tête du 1er GTM après la libération de la ville en août 1944
Leblanc est promu chef de bataillon en . Après l'armistice de juin 1940, il prend le commandement du 1er groupe de tabors marocains (1er GTM) et entraîne ses goumiers au Maroc.
Après le débarquement allié en Afrique du Nord en , il est promu lieutenant-colonel en puis combat durant la campagne de Tunisie à la tête du « Le général Leblanc, nouveau chef de la région de Meknès », La Vigie marocaine, 6 mars 1948, .
Il est promu commandeur de la Légion d'honneur le .
En , il rejoint le corps expéditionnaire d'Italie commandé par le général Alphonse Juin. Avec le 1er GTM qu'il commande jusqu'en , il participe à la bataille du Garigliano en puis à la prise de Rome et celle de Sienne. Après avoir été promu colonel en , il débarque en Provence le à la tête du 1er GTM avec la 1re armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny. Il participe aux campagnes de la libération de la France (bataille de Marseille, les Alpes, libération de Belfort, libération de Strasbourg), puis d'Allemagne (ligne Siegfried, Pforzheim, Stuttgart).
En , il est décoré de la prestigieuse Distinguished Service Cross américaine pour sa conduite lors de la libération de Marseille..
Promu général de brigade en , il est nommé ensuite à la tête de la région de Meknès par le maréchal Juin, alors résident général de France au MarocJean Guérin, Des hommes et des activities autour d'un demi-siècle, éditions B.E.B., 1957. Lettre-préface de François Mauriac., p. 436.
Georges Leblanc est fait grand officier de la Légion d'honneur le .
Guerre d'Indochine (1951-1954) thumb|Georges Leblanc en mai 1952 en Indochine En 1951, il est appelé par de Lattre de Tassigny pour servir en Indochine et quitte le Maroc.
Début , il remplace le général Lorillot à HuéLe général Leblanc remplace le général Lorillot à Hué, Le Monde, 7 novembre 1951 puis le , il est nommé commissaire de la république pour le Centre-Vietnam et commandant des forces terrestres du Centre-Vietnam (FTCV) (Annam)Général Jean Le Chatelier, Le 27e B.T.A. Indochine, 1949-1954, Service historique de la Défense, 1987, p. 27.
Il est promu général de division en 1952.
En juillet-, Leblanc commande les forces françaises lors de l'opération Camargue, l'une des plus importantes opérations de la guerre, François Cochet, Rémy Porte, Ivan Cadeau, Dictionnaire de la guerre d'Indochine, Place des éditeurs, p. 149.
Il quitte l'Indochine fin 1953.
Après-guerre En , il est nommé directeur de la Sécurité et de l'Intérieur au Maroc (ministre de l'Intérieur du protectorat) Le conseil des ministres nomme le général Leblanc directeur des services de sécurité au Maroc, Le Monde, 7 juillet 1955 puis promu général de corps d'armée le même moisLe général Leblanc directeur de l'intérieur à Rabat reçoit sa quatrième étoile, Le Monde, 21 juillet 1955.
En désaccord avec la politique gouvernementale au Maroc, il demande à être relevé de son poste et est nommé en au commandement de la IVe région militaire (Bordeaux), qu'il conserve jusqu'au .
Georges Leblanc est élevé à la dignité de grand-croix de la légion d'Honneur en « pour services exceptionnels en Extrême-Orient »Journal officiel du 16 octobre 1956. Sa décoration lui est remise au musée des Goums à Montsoreau par le Maréchal Alphonse Juin« Décès du général Leblanc », dans La Koumia : Bulletin de l'Association des anciens des goums marocains et des affaires indigènes en France, n° 114, 1989, pp. 4-26 (→ lire en ligne).
Lorsqu'il prend sa retraite en , Maurice Bourgès-Maunoury, président du Conseil des ministres, rend hommage à « un chef et un combattant d'une renommée légendaire » dans une lettre qu'il lui adresse le .
Il se retire dans son domaine de Laubard situé à Alleyrat (Creuse) et s'occupe de sa ferme. Il est premier adjoint de la commune de 1971 à 1983.
Il meurt le dans le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970. Ses obsèques se déroulent le lundi en l'église Saint-Louis-des-lnvalides. Il est inhumé à Laubard dans le caveau familial.
Grand-Croix de la Légion d'Honneur, six fois blessé, Georges Leblanc totalise avec ses trois croix de guerre (1914-1918, Théâtres d'opérations extérieurs (TOE), 1939-1945), 24 citations dont 14 à l'ordre de l'armée.
Jusqu'à sa mort il est président d'honneur de la Koumia, association des anciens des goums marocains et des affaires indigènes en France, créée en 1952.
Hommages
Au moment où s'achève dans l'armée active votre carrière de quarante-deux années, je tiens à rendre hommage à l'exceptionnelle valeur de vos services. Héroïque officier d'infanterie de 1914-1918, hardi chef de goumiers au Maroc entre les deux guerres, magnifique commandant du 1er Groupe de Tabors marocains en 1943-45, fin politique et manœuvrier habile au centre Viêt-Nam en 1952-54 vous avez été un chef et un combattant d'une renommée légendaire, dont les 24 citations et les 6 blessures représentent, dans le cadre des officiers généraux, un glorieux record. De plus, dans tous les postes que vous avez occupés, vos hautes qualités humaines et professionnelles, votre souple intelligence, l'énergie, la distinction la droiture de votre caractère vous ont valu les plus belles réussites ainsi que Ia confiance, le respect et l'affection de tous. Je vous exprime la reconnaissance de l'Armée et du pays pour les services éminents que vous avez rendus.
Distinctions Décorations françaises () ; chevalier (), officier (), commandeur (), grand officier () (5 citations dont 2 à l'ordre de l'armée) (7 citations dont 5 à l'ordre de l'armée) (Maroc : 8 citations dont 2 à l'ordre de l'armée ; Indochine : 4 citations dont 2 à l'ordre de l'armée)
Décorations étrangères Distinguished Service Cross (États-Unis) ()
Citations militaires
Notes et références
Bibliographie Ouvrages Paul Gaujac, Les goums marocains 1941-1945, l'Esprit du temps, 2021 . Jean Guérin, Des hommes et des activities autour d'un demi-siècle, éditions B.E.B., 1957. Lettre-préface de François Mauriac.
Articles « Décès du général Leblanc », dans La Koumia : Bulletin de l'Association des anciens des goums marocains et des affaires indigènes en France, n° 114, 1989, pp. 4-26 (→ lire en ligne) « Georges Leblanc - Le chef du 1er groupe de tabors marocains », revue Troupes d'élite, . Le général Leblanc remplace le général Lorillot à Hué, Le Monde, Le conseil des ministres nomme le général Leblanc directeur des services de sécurité au Maroc, Le Monde, Le général Leblanc directeur de l'intérieur à Rabat reçoit sa quatrième étoile, Le Monde,
Voir aussi Articles connexes Goumiers marocains
Références Dossier militaire du SHD: côte 14 Yd 1451
Liens externes
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