Ernest Taylor, né le à Boulogne-sur-Mer et mort le à Villeneuve-la-Guyard, est un policier français, chef de la Sûreté parisienne entre 1885 et 1887.

Biographie

Né le au de la rue de l’Écu à Boulogne-sur-Mer, Hipolite-Ernest-Auguste Taylor est le fils de Mary Taylor et d'un père inconnuArchives départementales du Pas-de-Calais, état civil de Boulogne-sur-Mer, registre des naissances de 1839, acte (vue 972 sur 1409)..

Ernest TaylorD'après les documents versés à son dossier de récipiendaire de la Légion d'honneur (cf. base Léonore, LH//2573/41), Taylor signait « E. Taylor », mais il a quelquefois été nommé « Hippolyte Taylor » et « Auguste Taylor » dans la presse de l'époque. entre dans la police le . Secrétaire suppléant de commissariatNotice L2573041 (dossier LH//2573/41) de la base Léonore (consultée le 8 octobre 2022)., il est détaché deux mois plus tard au service spécial de l'Exposition universelleLa Nation, 4 décembre 1885, .. Secrétaire titulaire depuis le , il travaille au poste de la place Vendôme sous les ordres de Leroy de Kéraniou. Promu commissaire de police le , il est envoyé dans la circonscription d'Enghien. Le , il est nommé commissaire de police des communes de la Seine et muté à Courbevoie.

Commissaire de police de la ville de Paris depuis le , il est tout d'abord en poste au quartier du Montparnasse avant d'être muté dans le quartier de la Chaussée-d'Antin, où il exerce ses fonctions pendant plus de onze ans, du au .

Le , le préfet de police Arthur Gragnon nomme Taylor chef du service de Sûreté à la préfecture de police. Comme ses prédécesseurs Gustave Macé et Louis Kuehn, il conserve son grade de commissaire.

Son action à la Sûreté est très critiquée, car on lui reproche de ne pas avoir été capable d'arrêter certains criminels, tels que l'assassin du préfet BarrêmeLe Journal, 20 janvier 1908, -2.. Amplifiés par les journalistes, avec lesquels le chef de la Sûreté n'entretient que des relations froides et distantesGoron, t. I, -195., ces insuccès sont attribués à un manque d'instinct et surtout à la malchance par le commissaire GoronGoron, t. I, ., qui a été adjoint à Taylor en tant que sous-chef de la Sûreté en Goron, t. I, ..

Comme tous ses prédécesseurs, Taylor dépend du chef de la police municipale. Le , il est le premier chef de la Sûreté directement rattaché au préfet de policeGustave Macé, Mon Musée criminel, Paris, 1890, ..

vignette|Caricature de Taylor par Gil Baer à propos de l'affaire du porte-cartes (La Manche illustrée, 16 octobre 1887).

Après l'exécution du meurtrier Pranzini (), l'un des agents de Taylor, , obtient un fragment de la peau du condamné à mort, avec lequel il fait réaliser trois porte-cartes. Il en offre un à Goron et, sur suggestion de ce dernier, un autre à Taylor, qui l'accepte par courtoisie en peinant à dissimuler son dégoût. L'affaire finit par s'ébruiter et la presse donne tant d'écho à ce scandale que l'un des membres du gouvernement, Eugène Spuller, aurait demandé à son collègue Armand Fallières, ministre de l'Intérieur, la révocation de Taylor ainsi que des poursuites judiciaires. Un juge d'instruction est effectivement nomméGoron, t. II, -179., mais celui-ci prononce une ordonnance de non-lieu en L’Estafette, 14 octobre 1887, ., et le seul inculpé à perdre sa place dans l'immédiat est Godinet, le garçon d'amphithéâtre qui avait remis la peau à Rossignol. Quelques semaines plus tard, Taylor suspend ses activités pour raisons de santé et fait savoir qu'il quittera son poste en novembreLe Gaulois, 28 octobre 1887, .. Il est remplacé par Goron.

Le , Taylor est nommé commissaire faisant fonction de ministère public près le tribunal de simple police de Paris. La Légion d'honneur lui est décernée le . Inspecteur général des commissariats de police du au , puis contrôleur général de la préfecture de police, il fait valoir ses droits à la retraite à compter du Notice biographique sur le site de la Société française d'histoire de la police (consultée le 8 octobre 2022)., peu de temps après avoir été promu officier dans l'ordre de la Légion d'honneur en récompense de ses 35 années de service.

Il meurt le dans sa propriété de Villeneuve-la-Guyard, dans l'Yonne.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Marie-François Goron, Les Mémoires de M. Goron, ancien chef de la Sûreté, t. I (De l'invasion à l'anarchie), Paris, Flammarion, 1897, -307 (consultable en ligne sur Gallica). Marie-François Goron, Les Mémoires de M. Goron, ancien chef de la Sûreté, t. II (A travers le crime), Paris, Flammarion, 1897, -178 (consultable en ligne sur Gallica). Liens externes

Notice biographique sur le site de la Société française d'histoire de la police (consultée le ).

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