La guêpe commune, Vespula vulgaris, est une espèce de guêpes sociales de la sous-famille des Vespinae, originaire de l'Eurasie. Elle a localement régressé dans son aire de répartition d'origine, mais elle a été introduite dans l'hémisphère sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande Clapperton, B.K.; Moller, H.; Sandlant, G.R. 1989. Distribution of social wasps (Hymenoptera: Vespidae) in New Zealand in 1987. New Zealand Journal of Zoology 16: 315-323 où elle se comporte en espèce très invasive MoHer, H.; Clapperton, K.; Sandlant, G.; Tilley, J. 1987. Wasps - the new invaders ; New Zealand Environment 56: 3-8 Sandlant, G.R.; MoHer, H. 1989. Abundance of common and German wasps (Hymenoptera: Vespidae) in the honeydew beech forests of New Zealand in 1987. New Zealand Journal of Zoology 16:333-343. Elle est très proche de la guêpe germanique, Vespula germanica.
Fonctions écosystémiques En tant que petit prédateur, au sein de l'écosystème, les guêpes autochtones jouent un rôle important dans le contrôle (régulation) naturel des populations d'insectes Dempster, J.P. 1983. The natural control ofpopulations of butterflies and moths. Biological Reviews 58: 461-481 capables de se reproduire rapidement et abondamment (mouches et papillons notamment).
Elles pourraient à ce titre jouer un rôle important (service écosystémique) pour la gestion forestière et la protection des cultures contre les larves ou adultes d'un grand nombre d'espèces dites nuisibles à certaines activités humaines, mais pour la lutte biologique on leur préfère généralement des espèces plus spécialisées et surtout plus petites et ne piquant pas les humains.
Populations, génétique Elle a été signalée en Amérique du Nord où elle est alors nommée common yellowjacket mais une étude de 2010 laisse penser que ses populations nord américaines pourraient constituer une population initialement mal identifiée, de l'espèce Vespula alascensis.
Description Taille : les ouvrières adultes mesurent de 12 à (de la tête à l’extrémité de l'abdomen) La reine est plus longue (environ ).
Couleur : le « patron » aposématique de couleurs noire et jaune est très similaire à celui de la guêpe germanique (Vespula germanica).
Tout comme cette dernière, V. vulgaris présente 4 taches jaunes sur le thorax, mais on la distingue facilement grâce à une « tache » noire, en forme de flèche orientée vers le bas sur sa face (alors que la guêpe germanique présente trois points noirs sur la même zone).
En outre, elle se distingue par l'absence de points noirs sur le tergite qui sont situés plus haut et font partie des anneaux noirs sur chacun des six segments de l'abdomen. De plus, la zone génale (joues, située chez la guêpe entre l'œil et le cou, au-dessus de la partie de la tête où les mâchoires sont attachées) est habituellement divisée par une tache noire (bien que parfois très discrète)Matthew P. Kweskin, Vespula vulgaris (Linnaeus, 1758) ; the Evergreen State College ; 2 février 1997, consulté 9 avril 2010.
Alimentation La guêpe commune est un prédateur généraliste et opportuniste. Les adultes se nourrissent principalement de nectar, de miellat et de fruits mûrs, tandis que les ouvrières chassent une grande variété d'insectes et de larves pour nourrir le couvain (jusqu'à plus de individus par colonie). Les ouvrières peuvent également dérober à des araignées les proies qu'elles ont capturées et enveloppées dans des cocons de soie (comportement de cleptoparasitisme) ou tenter de voler du miel dans des colonies d'abeilles affaiblies.
Les larves nécessitent une alimentation riche en protéines et suffisante pour atteindre leur taille normaleHarris, R.J. 1995. Effect of starvation of larvae of Vespula vulgaris (L.) (Hymenoptera: Vespidae) on subsequent survival and adult size. New Zealand Journal of Zoology 22: 33-38.Harris, R.J.; Beggs, J.R. 1995. Variation in thequality of Vespula vulgaris (L.) queens (Hymenoptera : Vespidae) and its significance in wasp population dynamics. New ZealandJournal of Zoology 22: 131-142...
Au printemps et en été, les ouvrières chasseuses sont la plupart du temps très actives dans leur recherche de protéines. Cependant, dans la forêt néozélandaise de hêtre noir (Nothofagus solandri var. solandri, dit « hêtres à miellat »)article illustré comprenant des photos de hêtres à miellat], Nouvelle-Zélande, consulté 2012-11-17 où cette espèce a trouvé un miellat (plus pauvre en glucose et fructose que le nectar, mais très riche en sucres complexes tels que maltose, l'erlose et le mélézitose), les guêpes diminuent nettement leur quête de protéine après les pluies (de même chez V. germanica). Ceci pourrait être dû au fait que ce miellat (hautement énergétique) est alors moins abondant (lessivé par les pluies) et que les guêpes adultes doivent passer plus de temps à trouver leur nourriture sucrée, au détriment du temps passé à trouver celles des larves de la colonieR.J. Harris, H. Moller & J.A.V. Tilley, Weather-related differences in attractiveness of protein foods to vespula wasps ; New Zealand Journal of Ecology (1991) 15(2): 167-170.
Une bonne alimentation des futures reines semble importante. Les petites reines auraient plus de mal à assurer la survie des colonies futuresR. J. Harris & J. R. Beggs (1995), Variation in the quality of Vespula vulgaris (L.) queens (Hymenoptera: Vespidae) and its significance in wasp population dynamics DOI:10.1080/03014223.1995.9518030 ; pages 131-142 ; New Zealand Journal of Zoology Volume 22, Issue 2, 1995.
Reproduction, nidification Le nid est fabriqué par les ouvrières à partir de fibres de bois mâchées et mélangées avec de la salive (une sorte de pâte à papier). Le nid comporte des rangées de cellules et une colonne cylindrique appelée "pétiole" qui le fixe solidement au substrat. Les guêpes sécrètent une substance chimique qui repousse les fourmis qu'elles répandent autour de la base du pétiole pour éviter la prédation par les fourmis. C'est toujours une reine solitaire femelle qui entame la construction du nid. Elle y prépare 20 à 30 cellules avant sa première ponte. Cette phase commence au printemps, plus ou moins tôt selon les conditions climatiques. Elle façonne le « pétiole » du nid et construit une cellule unique à son extrémité. Six autres cellules sont ensuite ajoutés autour, de manière à produire la forme hexagonale caractéristique des cellules du nid. Un œuf est déposé dans chaque cellule. La reine partage alors son temps entre le renforcement du nid et le nourrissage des premières larves avec le « jus » qu'elle extrait d'insectes mastiqués qu'elle est allée chasser. Quand la larve atteint sa taille maximale, elle dépose un couvercle sur la cellule, où s'effectue la pupaison et la métamorphose qui produit le stade adulte. Quand assez de travailleuses adultes ont émergé, elles prennent le relais pour le butinage et les soins au couvain de la colonie ainsi que pour l'entretien du nid. La reine, maintenant alimentée par les travailleuses, concentre toute son énergie sur la reproduction . Le nid plus ou moins sphérique est toujours construit de haut en bas avec des rangées successives de cellules séparées par des pétioles.
Les larves de futures reines, dites "gynes", sont élevées dans des cellules plus grandes, situées dans la partie inférieure des rayons. Un nid peut contenir une fois fini de 5,000 à 10,000 individus.
Chaque colonie de cette espèce comprend une reine génitrice et de quelques-unes à quelques milliers d'ouvrières stériles. La vie de la colonie est relativement éphémère ; toutes les ouvrières meurent en début d'hiver, ne laissant en vie que les futures reines et un certain nombre de mâles produits en fin d'été. Après l'accouplement, la reine part hiverner dans une cavité ou autre endroit abrité, parfois dans un bâtiment. Chaque nid est abandonné après la mort de la colonie.
On a constaté en Nouvelle-Zélande et Australie qu'en climat doux, quelques colonies survivent à l'hiver, mais moins souvent que dans le cas des colonies de guêpes germaniques.
Prédateurs Comme toutes les espèces, la guêpe commune est soumise à la prédation, principalement par la Bondrée apivore . Cet oiseau repère les trajets des guêpes et autres apidés (abeilles, frelons, bourdons, etc), creuse le sol, perce les nids et mange les larves qui s'y trouvent. Un autre prédateur est le Syrphidae, Volucella pellucens, ou d'autres espèces proches, qui parasitent les nids en y déposant leurs œufs. (leurs larves se nourrissent des guêpes adultes, des jeunes guêpes et des cadavres de guêpes). Diverses espèces d'araignées sont également prédatrices de guêpes.
Une espèce d'acarien parasite, Varroa destructor jacobsoni (aussi trouvé dans les ruches d'abeilles domestiques), a été trouvée sur des larves de cette espèce en Pologne en 1988.
Comportement La guêpe commune est une espèce eusociale de vespidés construisant un nid de "papier gris ou plus ou moins coloré selon la provenance des fibres utilisés". Le nid est installé par la reine fondatrice dans ou sur une structure capable de le supporter ; il peut être installé dans une charpente, une cavité murale, une crevasse de rocher, un tronc d'arbre mort ou creux, sous terre (alors souvent dans un terrier abandonné de petit mammifère (le trou pouvant ensuite être agrandi par les travailleuses), voire un rideau de tissus en coton (le coton pouvant alors aussi servir de source de fibres pour la construction du nid).
Orientation, mémorisation La guêpe commune, comme l'abeille commune et d'autres hyménoptères semble capable de mémoriser l'environnement qui l'entoure via des vols de reconnaissance et d'orientation.
Une structure spatiale particulière de vol a été trouvée dans l'orientation de la guêpe, Vespula vulgaris, quand elle effectue son premier départ à partir d'une source de nourriture nouvellement découverte par elle. Ce vol se compose de déplacements en arcs de cercle approximativement centrés sur la source de nourriture. En fin de chaque arc, la guêpe se tourne vers la source de nourriture. Ces « points de contrôle » sont disposés avec précision le long de lignes s'étendant à partir du dispositif d'alimentationT. S. Collett & M. Lehrer, Looking and Learning: A Spatial Pattern in the Orientation Flight of the Wasp Vespula vulgaris ; doi: 10.1098/rspb.1993.0056 Proc. R. Soc. Lond. B 22 May 1993 vol. 252 no. 1334 129-134 (résumé).
Agressivité
La guêpe commune, comme les abeilles peut défendre énergiquement son nid et piquer. Contrairement aux abeilles qui meurent après avoir piqué en laissant leur dard dans leur victime, la guêpe commune peut piquer plusieurs fois. Elle serait peut-être - pour cette raison - plus encline à piquer que l'abeille. Toutefois, elle ne pique généralement pas sans que cette réaction n'ait été provoquée par un mouvement brusque ou d'autres comportements qu'elle aurait pu interpréter comme menaçants.
Elle peut faire preuve d'agressivité intraspécifique (entre colonies) ; on a ainsi montré que son odorat lui permet d'identifier et attaquer des guêpes rivales d'autres colonies.
En Nouvelle-Zélande, des entomologistes ont aussi observé des guêpes communes devenir agressives à l'égard d'abeilles quand ces deux espèces étaient en concurrence pour collecter le miellat sécrété par la cochenille Ultracoelostoma brittini dans les forêts de hêtres noirs de l'île du SudMoller, H.; Tilley, J.A.V. (1989), Beech honeydew : seasonal variation and use by wasps, honeybees, and other insects ; New Zealand Journal of Zoology 16: 289-302..
Invasivité