Le ghetto de Skierniewice est un ghetto juif créé par les nazis en à Skierniewice, alors dans le district de Varsovie du Gouvernement général de Pologne, et disparu au début de l'année 1941, après le départ de ses , pour la plupart vers le ghetto de Varsovie.

Histoire Occupation allemande Skierniewice est une ville polonaise de la voïvodie de Łódź, située approximativement à mi-chemin entre Łódź et Varsovie. Elle compte environ avant la Seconde Guerre mondiale., soit un cinquième de la population. Les troupes allemandes investissent la commune dans les premiers jours de la campagne de Pologne, le (ou la veille.) ; Skierniewice dépend dès lors du district de Varsovie du Gouvernement général de Pologne contrôlé par l'Allemagne. La population juive de Skierniewice est d'emblée sujette à des persécutions, sous la forme d'humiliations publiques et de spoliations ; la synagogue principale est en outre brûlée d'ici la fin de l'année 1939.

Fin , le chef du district () impose aux Juifs le port d'un brassard distinctif, et établit un conseil juif local (), chargé de remplir les quotas de travailleurs forcés établis quotidiennement par les forces allemandes pour la gare, les casernes militaires et la municipalité.

Au cours de l'année 1940, environ déportés ou déplacés depuis Łódź et les localités environnantes s'installent à Skierniewice, y portant la population juive à environ .

Création du ghetto puis évacuation vers celui de Varsovie La création d'un ghetto est annoncée par le le et les Juifs disposent d'un délai d'un mois pour s'y installer, les appartements leur étant attribués par le . Situé dans le quartier le plus délabré de la ville, le ghetto est ceint d'une clôture et a son entrée rue Raweska ; il a pour particularité d'être scindé en deux par la rue « aryenne » (c'est-à-dire hors-ghetto) Batorego, enjambée par une passerelle piétonne en bois qui assure la continuité du ghetto juif. Surpeuplé, il est sujet à de mauvaises conditions sanitaires (absence de chauffage et d'eau courante dans certaines maisons, pas d'évacuation des eaux usées...) ; il compte un bureau de poste et un hôpital.

Quelques mois après la création du ghetto, dès ou , les plus de se voient ordonner de le quitter pour rejoindre le ghetto de Varsovie d'ici le ; le Judenrat, comprenant la déportation à venir, aurait en effet demandé aux Allemands de laisser les Juifs quitter la ville par eux-mêmes. En , seuls demeurent à Skierniewice.

À Varsovie, nombre des Juifs de Skierniewice périssent de famine ou de maladie dans les mois qui suivent leur arrivée, et l'essentiel de l'effectif ayant survécu jusqu'alors est acheminé à l'été 1942 au centre d'extermination de Treblinka. Seuls reviennent à Skierniewice à l'issue de la guerre.

Judenrat Le est établi par le en . Composé de 12 ou 24 personnes (selon les sources), dont la quasi-totalité des membres d'un comité d'assistance instauré par la communauté juive après le début de l'occupation, le conseil juif est dirigé par Herman Guzik, un enseignant, épaulé par Alter Lewkowicz.. Dès 1939, il est chargé par les Allemands de remplir des quotas de Juifs pour les travaux forcés ; il met en place un système qui permet de s'y soustraire contre paiement et remplacement par un autre Juif, rémunéré par jour.

Fin 1940, le conseil juif fournit à plus de , notamment ceux arrivés à Skierniewice durant l'année dans des conditions précaires, une aide sociale : grâce à un financement de l'organisation caritative American Jewish Joint Distribution Committee, il établit notamment une infirmerie et une cantine publique pour les réfugiés, auxquels il fournit également des lits et des poêles.

Le est doté d'une police juive, commandée par un membre du Judenrat et composée de en . Elle est décrite comme ne collaborant pas avec les Allemands et aidant la population du ghetto à se procurer de la nourriture.

Références

Annexes Bibliographie

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Skierniewice