Le Sang des bêtes est un film documentaire de Georges Franju sorti en 1949.

Montrant la mort des animaux dans les abattoirs parisiens de la Villette et de Vaugirard, ce film vériste est un des documentaires les plus directs sur cet univers de travail.

Liminaire Georges Franju travaille depuis 8 ans sous la direction de Jean Painlevé à l’Institut de Cinématographie Scientifique (ICS). Il est fasciné par le film du Docteur de Martel Trépanation pour crise d'épilepsie Bravais-Jaksonienne dans lequel on voit le patient sourire pendant l'opérationRoxane Hamery, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, « Le Spectaculaire », 2009, 312 p. à la page 180.. « Je pense que jamais la plastique, jamais l'épouvante, la poésie, le hasard ne les avait fait éclater, rassemblées, avec autant d'efficacité par le réalisme, et de beauté par le surréalisme, que dans ce film où on ne les cherchait pasGeorges Franju, Réalisme et surréalisme, dans Gabriel Vialle, Georges Franju, Seghers, 1968, p.86, cité par Roxane Hamery.. »

C'est au cours d'une promenade dans le quartier des abattoirs qu'il décide de faire ce film où il cherche à rendre « la sombre et cruelle harmonie [de ce qui se passe à l'intérieur des abattoirs] avec le romantisme du paysage environnant »Georges Franju, « Tueurs sans haine », dans Georges Franju cinéaste, EPPV Maison de la Villette, 1992, p. 20, cité par Roxane Hamery..

C'est Jean Painlevé qui obtient pour lui les autorisations de tournage auprès de la préfecture.

Le film se voit interdit au moins de 16 ans, mais il rencontre le succès dans le réseau des ciné-clubs.

Jean Cocteau a encensé le film, il écrit : « Un monde noble et ignoble qui roule sa dernière vague de sang sur une nappe blanche où le gastronome ne doit plus songer au calvaire des victimes dans la chair desquelles il plante sa fourchette.

Autour de la table des sacrifices, c'est la ville faite de plusieurs villes et de plusieurs villages, la ville qu'on croit connaître et qu'on ne connait pas, son ciel maritime funeste au-dessus des très insolites décors du canal de l'OurcqJean Cocteau, « Le sang des bêtes », Paris Presse Intransigeant, 8 septembre 1949, cité par Roxane Hamery..»

Synopsis

Fiche technique Titre : Le Sang des bêtes Réalisation et scénario : Georges Franju Commentaire : Jean Painlevé, dit par Georges Hubert et Nicole Ladmiral Photographie : Marcel Fradetal Musique : Joseph Kosma Montage : André Joseph Société de production : Forces et Voix de France Pays de production : Format : noir et blanc — Genre : documentaire Durée : 21 minutes Date de sortie : 1949 Postérité littéraire Jonathan Coe l'évoque longuement dans Testament à l'anglaise : .

Muriel Pic cherche en 2017 à se confronter aux images des anciens abattoirs parisiens de Vanves et de la Villette, en ayant recours aux archives inédites du tournage du film de Franju, à des fragments de récits autobiographiques, et à des réflexions sur le rapport des sociétés à l’abattage de masse.

L'écrivain Joseph Ponthus y fait référence dans son livre À la ligne, alors que lui-même travaille en abattoir : , et indique .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

Filmer le sang des bêtes, une histoire des images, de Georges Franju aux vidéos de L.214 : émission de France Culture en 2019. Le Sang des Bêtes sur Internet Archive.

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