Laffaire Lola est une affaire criminelle française. Le corps de Lola Daviet, âgée de douze ans, est découvert le dans une malle à proximité de l'immeuble 119 rue Manin dans le où elle réside avec sa famille. La meurtrière est Dahbia Benkired, une femme algérienne de vingt-quatre ans qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) au moment des faits.
Dahbia Benkired est mise en examen pour meurtre sur mineur de moins de quinze ans, actes de tortures et viol sur mineur. Jugée pour ces faits le , elle est la première femme en France à être condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.
L'affaire provoque une vive émotion en France et fait également la une de certains médias à travers le monde. Elle est récupérée par la droite et l'extrême droite qui dénoncent une nouvelle fois la non-exécution des OQTF et prônent une politique migratoire plus ferme. Les parents de la victime demandent que le meurtre de leur fille ne soit pas exploité à des fins politiques.
Victime
Lola Daviet naît le à Béthune, dans le Pas-de-Calais. Elle est scolarisée au collège Georges-Brassens à Paris et âgée de douze ans au moment des faits.
Ses parents, originaires de Fouquereuil dans le département du Pas-de-Calais, exercent la profession de gardien d'immeuble de la résidence familiale, , dans le ..... Le père de Lola, Johan Daviet, meurt le ..
La victime était championne de France d'aérobic.. Lola est décrite par l'une de ses amies comme ..
Faits Le vendredi , peu après , Johan Daviet s'inquiète de l'absence de sa fille, qui devait rentrer du collège Georges-Brassens, dans le , où elle est scolarisée.... Le père de famille prévient alors sa femme, Delphine, qui va signaler la disparition de sa fille dans un commissariat. Après avoir interrogé le voisinage, le père de famille visionne les images de vidéosurveillance du bâtiment, auxquelles il a accès en tant que gardien d'immeuble.
Il découvre sur ces images que Lola rentre dans l'immeuble, avant de disparaître, faisant remonter la dernière trace de vie de la jeune fille vers , où elle se trouvait en compagnie d'une femme. Aux alentours de , Delphine Daviet, la mère de la jeune fille, publie sur son compte Facebook un message d'alerte enlèvement, avec la description vestimentaire de sa fille, une photo de cette dernière, ainsi qu'un cliché des images de vidéosurveillance, sur lesquelles on aperçoit l'inconnue ouvrant la porte de l'immeuble...
Après avoir découvert des traces d'enlèvement au troisième sous-sol de la résidence, la police trouve du ruban adhésif et un cutter. Ces éléments orientent rapidement vers la piste criminelle. Plus tard dans la soirée, vers , la police se voit signaler par un sans domicile fixe la présence dans la rue d'Hautpoul de deux valises cabine, posées à côté d'une malle en plastique, renfermant un corps dissimulé par des tissus, ligoté et recroquevillé, à quelques rues du lieu de la disparition de la jeune fille. Il s'agit du corps de Lola Daviet qui présente des plaies importantes au niveau de la gorge, les chiffres et inscrits sous ses pieds, et la tête recouverte de ruban adhésif. Les parents de Lola sont avertis vers du matin...
Suspects Lorsque Dahbia Benkired est aperçue sur les images de vidéosurveillance, les enquêteurs font d'elle la principale suspecte... Sans domicile fixe, cette femme âgée de au moment des faits, née le à Alger en Algérie, est depuis 2019 en situation irrégulière sur le territoire français ; elle n'a pas d'antécédent judiciaire. Elle est connue des services de police uniquement comme victime de violences conjugales..... Elle perd son père en 2019, puis sa mère en 2020. Elle déclare avoir été victime d’un viol commis par son cousin et avoir eu recours à la prostitution, à laquelle elle aurait été contrainte de se livrer par son ancien compagnon et par sa tante. Lors de son arrestation, elle ne dispose ni de logement, ni d’emploi, ni de revenus, bien qu’elle soit titulaire d’un CAP dans le domaine de la restauration.
Vivant selon les jours chez des connaissances proches ou lointaines, elle est hébergée chez sa sœur aînée Friha Benkired., âgée de 26 ans, habitant dans la même résidence que la jeune Lola... Selon sa sœur, la suspecte souffrirait de troubles psychiques. La mort soudaine de leur mère, emportée par un cancer à la fin de l’année 2020, aurait marqué un tournant pour Dahbia Benkired, qui aurait alors commencé à se déstabiliser, alternant brusquement d’humeur et sombrant dans une forte paranoïa. Dahbia Benkired n'est toutefois pas connue des hôpitaux psychiatriques d'Île-de-France. Se montrant insensible à ce qu'a subi Lola, elle déclare : .. Selon un proche, qui l'a vue dix jours avant, elle , elle soliloquait et, très perturbée par la perte de ses parents, elle et disait vouloir se convertir au christianisme voire à l'évangélisme.. Elle doit subir une expertise psychiatrique. mais un premier examen de comportement la déclare apte à rester en garde à vue..
Arrivée en France de façon légale grâce à un titre de séjour étudiant obtenu en ., elle est interpellée par la police de l'air et des frontières le alors qu'elle souhaite prendre l'avion. Ne disposant pas de titre de séjour valide, Dahbia Benkired se voit délivrer une obligation de quitter le territoire (OQTF) sous un délai de . pour quitter le pays par ses propres moyens, et à ses frais, soit avant le ..
Un homme âgé de 43 ans, Rachid Nasri, chauffeur VTC, conduit la suspecte avec la malle contenant le corps de Lola, jusque dans son appartement situé à deux pas de la gare de Bécon-les-Bruyères dans les Hauts-de-Seine.... Mis en examen pour , il est relâché et placé sous contrôle judiciaire..
Amine K., 32 ans, qui avait hébergé son amie Dahbia Benkired la nuit suivant le meurtre et faisait partie des six personnes placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la mort de Lola, n'a fait l'objet d’aucune poursuite dans cette affaire.. En situation irrégulière, il est toutefois visé, depuis la fin de sa garde à vue, par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), assortie d'un placement dans un centre de rétention administrative de la région parisienne et devrait donc être renvoyé dans son pays d'origine, l'Algérie.
Après avoir été entendue par la police au mois de , la sœur aînée de la principale suspecte, Friha Benkired, âgée de et qui sous-louait un appartement dans le même immeuble que la victime , est placée en centre de rétention administrative pour . Elle est expulsée vers l'Algérie à la mi-.
Déroulement de l'enquête Remontée de témoignages Aux alentours de , soit seulement après la dernière trace de vie de Lola (), plusieurs personnes affirment avoir rencontré Dahbia Benkired, filmée par les caméras de surveillance, devant un café du quartier, traînant une lourde malle près d'elle. déclare l'un des témoins.. D'autres personnes indiquent avoir vu cette dernière faire des allers-retours entre le café et la boulangerie, demandant de l'aide, afin de transporter la malle, ou encore remonter la rue en chaussettes en train de hurler au téléphone à plusieurs reprises .
Premières interpellations puis autopsie Le , jour du meurtre, le parquet de Paris ouvre une enquête pour meurtre sur mineur de moins de . Cette enquête est confiée à la brigade criminelle. Dans la nuit, trois personnes sont interpellées à proximité des lieux, quelques heures plus tard le matin, la principale suspecte visible sur les images de vidéosurveillance, est interpellée en fuite à Bois-Colombes dans les Hauts-de-Seine. Les enquêteurs mettent alors six personnes en garde à vue entre le vendredi et samedi. Deux gardes à vue, dont celle du sans domicile fixe âgé de qui avait découvert la malle, sont levées au cours du week-end. Parmi les quatre personnes toujours auditionnées figure la principale suspecte, sa sœur, ainsi que deux hommes..
Le , des médecins légistes pratiquent une autopsie sur le corps de la jeune Lola. L'examen médico-légal conclut que la jeune fille a succombé à une asphyxie..
Le , une information judiciaire est ouverte des chefs de . Le même jour, sur les quatre personnes, deux personnes sont présentées au juge d'instruction et la principale suspecte est placée en détention provisoire..
Récit de la principale suspecte et détention provisoire Alors en garde à vue le dimanche et apte à porter un discours, Dahbia Benkired délivre des précisions aux enquêteurs.. Elle raconte avoir attiré chez sa sœur la jeune Lola, vivant dans le même immeuble que cette dernière. Elle aurait obligé Lola Daviet à prendre une douche en raison de ses menstruations, avant de la violer , selon ses déclarations.. La jeune collégienne aurait reçu des coups post mortem au niveau de l'épaule, ainsi que du cou, à l'aide d'objets tranchants. Dahbia Benkired reconnait en outre avoir inscrit elle-même les chiffres « 0 » et « 1 » sous les pieds de la victime Selon elle, . Elle poursuit son récit et explique avoir mis la jeune fille de 12 ans à l'intérieur d'une caisse, avant de sortir dans la rue. Une connaissance serait alors venue récupérer la femme de 24 ans en voiture, pour l'emmener dans les Hauts-de-Seine, puis, la principale suspecte serait revenue dans la soirée chez sa sœur, laissant la malle dans la cour de l'immeuble. La découverte du corps de la jeune fille, puis, par la suite, le discours de la principale suspecte, provoquent notamment la mise en place d'une cellule psychologique afin d'accompagner les différentes personnes travaillant sur l'affaire...
Le , après sa mise en détention provisoire la veille, la principale suspecte est incarcérée, de manière isolée et sous haute surveillance, au centre pénitentiaire de Fresnes, conformément aux réquisitions du parquet.. Cette incarcération est motivée par une inquiétude de récidive de l'intéressée, ainsi qu'un risque de trouble à l'ordre public étant donné l'émotion provoquée par l'affaire..
Évaluation psychiatrique de la prévenue Le , l'expert psychiatre ayant examiné Dahbia Benkired pendant sa détention provisoire remet, au juge d'instruction chargé de l'affaire, un rapport dans lequel il affirme la responsabilité pénale de la suspecte, déclarant qu'elle ne souffre pas de trouble psychique.. Il récuse en effet toute abolition ou même altération de son discernement, affirmant que et que Dahbia Benkired ne souffre . Il indique cependant déceler qu'il décrit comme incluant , une tendance au et une . Il avertit que , avant d'expliquer qu'elle serait avec son entourage dans ..
Dans le courant du mois de , elle est néanmoins internée d'office dans l’unité pour malades difficiles de l'hôpital psychiatrique de Villejuif. L'information n'est cependant rendue publique que plus tard, au mois de . RMC révèle en effet qu'alors qu'elle était placée à l’isolement en détention provisoire à Fresnes, elle se disait et avait cherché à se blesser à plusieurs reprises mais refusait tout traitement. Qu'en outre, elle se tapait la tête contre les murs, se coupait la pulpe des doigts et s’était rasé partiellement le crâne. Pouvant également se montrer agressive à l’égard des surveillants pénitentiaires, elle était considérée comme dangereuse pour elle et pour les autres..
Réactions politico-médiatiques Le meurtre suscite l’émotion de la population française, est repris sur les réseaux sociaux et par la classe politique puis est récupéré politiquement par une partie d'entre elle.....