À partir du , la notion de droits de l'homme commence à pénétrer en Iran. Au cours du , les droits de l'homme font l'objet de luttes pour leur application et de restrictions diverses, qui durent encore aujourd'hui. Pendant plusieurs siècles, la charia a réglé la vie juridique en Iran, jusqu'à la révolution constitutionnelle de 1906. Le système juridique traditionnel à partir de là est transformé en profondeur avec le règne de la dynastie Pahlavi (1926-1979) qui se détache de la charia, celle-ci ayant montré ses limites et son incapacité à régir la vie juridique du pays. Mohammed Reza Shah Palavi introduit un droit moderne où les principes des droits de l'homme sont partiellement présents.
La période la plus démocratique que connut l'Iran, sous Mossadegh premier ministre du gouvernement du shah au début des années 1950, est cependant suivie de régressions des droits de l'homme, sous l'impulsion du chah Mohamed Reza Pahlavi lorsque son pouvoir commence à être contesté par diverses forces dont les islamistes, mais également les libéraux et l'opposition de gauche, auxquelles il oppose la répression. Puis sous le gouvernement islamique qui vit Khomeini imposer au pays le retour à la charia, à la suite de la révolution islamique de 1979, les droits de l'homme sont abandonnés dans leur principe et dans la réalité de la vie de la société iranienneL'Iran au : Entre nationalisme, islam et mondialisation de Jean-Pierre Digard, Fayard ; Histoire de l'Iran et des Iraniens : Des origines à nos jours de Jean-Paul Roux, Fayard ; Géopolitique de l'Iran de Mohammad-Reza Djalili, ed. Complexe ; L'Iran : Naissance d'une république islamique de Yann Richard, La Martinière.
Toutefois, les libertés sont une tradition ancienne en Iran. Dans l'Antiquité, à l'époque de la dynastie des Achéménides, on constate l'existence d'une grande tolérance en matière religieuse sous forme d'un pluralisme religieux admis, de droits individuels et d'une conception relativement égalitaire de la condition des femmes. Elles sont l'œuvre des réformes de Cyrus II au avant notre ère qui toutefois ne lui survivent que partiellement, et sont caractéristiques de la période préislamique. Ces principes de liberté ne survivent guère à la conquête de la Perse par les Arabes au et l'importation de l'islam fait disparaître les religions perses antiques, c'est pourquoi les libertés connaissent des sorts très divers au cours de l'histoire du pays.
Au cours du , l’Iran subit à plusieurs reprises des bouleversements sociaux et politiques, s'accompagnant de changements multiples dans l'application des droits humains fondamentaux. Un nationalisme inséparable de la religion caractérise le pays au suivi d'une première révolution, en 1906, qui a doté l'Iran d'une monarchie de type parlementaire. Soixante-dix ans plus tard, la révolution qui a renversé le Shah, se produit au nom de la religion et restaure les valeurs de l'islam comme source du droit. Alors une période de terreur suit l'instauration de la république islamique. Cependant la généralisation de l'accès à l'éducation et l'arrivée au pouvoir de réformistes en 1997 se traduisent, durant un temps assez bref par la reconquête de certaines libertés, qui disparaissent à nouveau avec l'élection d'Ahmadinejad en 2005 sous le contrôle de l'ayatollah Khamenei.
Ces dernières années, malgré des critiques internationales - plusieurs résolutions de l'Assemblée générale et de la Commission des droits de l’homme de l’ONU portant sur le non-respect par l’Iran de la Déclaration universelle des droits de l'homme et des conventions afférentes - malgré des interventions réitérées de l'Europe, concernant les violations des droits de l'homme en Iran, et les demandes de l'UE faites à l'Iran de respecter les droits de l'homme, le gouvernement de la république islamique d’Iran continue de restreindre la liberté d’expression, de réprimer ses opposants politiques, d’avoir recours à la torture, aux punitions telles que lapidation, amputations, et à la peine capitale, y compris pour les mineurs, de pratiquer la discrimination envers les femmes et des minorités. Depuis 2005 les exécutions capitales et les détentions arbitraires se multiplient.
Paradoxalement, la société iranienne se modernise et des élections sont régulièrement organisées, bien que la régularité de celles organisées sous la présidence d'Ahmadinedjad soient fortement contestées par les Iraniens, au point que les organisations des droits de l'homme parlent de "mascarade électorale".. On a pu imaginer que la façon dont les droits de l'homme sont pris en compte en Iran pourrait évoluer avec la modernisation de la société. Mais cette évolution a été remise en cause depuis l'élection présidentielle de 2005 et, plus radicalement encore, depuis celle de 2009.
Conditions d'études
La perception des droits de l’homme en Iran est influencée par deux facteurs. Tout d’abord, l’Iran est une république islamique qui s’est dotée d’un système judiciaire et de lois dérivées du droit musulman. Le pouvoir iranien actuel exerce un contrôle important sur ses citoyens dont il restreint étroitement les libertés. Ce contrôle est exercé notamment au moyen d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires comme le montrent les exemples d’Akbar Gandji ou de la répression des protestations étudiantes.
Rapporter l’ensemble des faits liés à la situation des droits de l’homme et des minorités en Iran est difficile. L’accès à l’information par les journalistes et les chercheurs étrangers est contrôléL’aménagement linguistique dans le monde, Jacques Leclerc, CIRAL (Centre international de recherche en aménagement linguistique), Université Laval (consulté le 21 août 2006) . Selon Jacques Leclerc, du Centre international de recherche en aménagement linguistique de l’Université Laval, certains Iraniens refusent de rapporter la situation exacte dans leur pays par peur de représailles de la part du gouvernement. D’un autre côté et pour des raisons opposées, les rapports fournis par l’opposition politique au régime iranien sont difficiles à vérifier.
De nombreux rapports donnent des informations concernant le non-respect des droits de l'homme, tels ceux de la FIDH qui produit un dossier sur la peine de mort en Iran ainsi présenté : .. À ce propos la FIDH parle d'une dont la peine de mort est le moyen, car elle est appliquée pour de multiples raisons, aussi bien politiques que privées. Un rapport fait le point sur la violation des droits de l'homme qui continue d'être préoccupante., ou encore les rapports d'Amnesty International. ou de Human rights watch qui donnent des recensions des événements relevant de la violation des droits de l'homme..
Histoire : principes de droit et de liberté depuis l'ancienne Perse et dans l’histoire de l’Iran Antiquité
Les Grecs eurent une grande admiration pour Cyrus : ses historiens qui nous ont laissé des témoignages par lesquels nous est parvenue la connaissance détaillée du gouvernement de Cyrus. Ce sont Hérodote Hérodote, dans ses Histoires (Histoire : Livre troisième - Thalie) sur Wikisource., et Xénophon, dans l’ouvrage qu’il consacra entièrement à Cyrus le Grand, dans lequel il décrit l’empire achéménide fondé par Cyrus comme stable et justement administré car il repose sur des principes de droit rompant avec le passé et sur une citoyenneté acquise sur la base d’une satisfaction aux obligations militaires et fiscales ; l’armée y élit ses officiers et, passé une certaine ancienneté, elle reconnaît le droit du soldat à servir dans sa province d’origine Xenophon Cyropaedia of Xenophon; The Life of Cyrus The Great, Iran Chamber (consulté le 10 octobre 2006). De même Platon juge Cyrus dans Les Lois comme un souverain juste et sage.
vignette|Le cylindre de Cyrus conservé au British Museum. (Livius) En effet dès son couronnement faisant suite à la conquête de Babylone en - 539, Cyrus le Grand édicte des principes de gouvernement et de droit qui devaient demeurer dans l'histoire comme un modèle de sagesse, de tolérance et de justice propres à pacifier un Empire composé de peuples distincts, ce dont Alexandre le Grand de Macédoine s'inspira quand il fonda son Empire à la suite de Cyrus, en marchant sur ses traces. Cyrus fit graver ces principes sur un cylindre découvert en 1879. Ce document, est le premier texte édictant une charte du droit des nations (ce que l'on nomme aujourd'hui droit international).. Il décrit un certain nombre de droits qui appartiennent aux sujets de l'empire dont les premiers principes sont l'égalité raciale, linguistique et religieuse, la libération des esclaves et des peuples déportés à qui est accordé le droit de rentrer chez eux. Certains auteurs considèrent cette charte comme constituant les prémisses des droits humains fondamentaux reconnaissant les libertés dont les Déclarations universelles des droits de l'homme feront des droits imprescriptibles Shapour Ghasemi Cyrus Charter of Human Rights Iran Chamber (consulté le 10 octobre 2006) : Le texte établit le consentement des sujets à la souveraineté, et la résolution pacifique des conflits. Il interdit l’esclavage et le travail forcé, reconnaît le droit au salaire, le droit au travail, et à la propriété. Il garantit la liberté de religion et de conversion, de circulation, et le respect des traditions et coutumes. Il introduit le principe de la responsabilité individuelle de la faute. Il consacre le respect des droits édictés, la lutte contre l’oppression, et affirme le droit à la vie.
Du fait de l’interdiction de l’esclavage, tous les palais des rois perses ont été construits par des ouvriers libres à une époque où les esclaves réalisaient généralement les grands travaux. De même, l’armée perse est une armée de conscription et de mercenaires.
En vertu de ces principes, la même année, Cyrus promulgue un décret qui autorise le retour des juifs à Jérusalem, tout en les aidant matériellement et financièrement Charles F. Horne Kurāsh Prism, Cyrus the Great; The decree of return for the Jews, 539 BCE Iran Chamber (consulté le 10 octobre 2006). Les livres bibliques des Chroniques et d’Esdras mentionnent ces réformes de Cyrus qui fut tenu pour un grand souverain par les Hébreux, tout comme par les Grecs. Cyrus se présentait lui-même comme un second Isaïe, en se référant du reste au livre d'Isaïe dans la Biblehttp://www.iranchamber.com/history/cyrus/cyrus_charter.php.
Imprégné du zoroastrisme, qui proclame l’importance des principes de liberté, de justice, et d’égalité des sexes Robert Scott Nelson What Zarathushtra Has Given To All Mankind CAIS 2004 (consulté le 10 octobre 2006) Ali A. Jafari Woman in the Gathas & the later Avesta Circle of Ancient Iranian Studies (consulté le 28/09/2006), le monde achéménide apparaît donc comme un des lieux ou se sont élaborés des droits fondamentaux Mobed Ali A. Jafari Zoroastrian religion and democracy, CAIS (consulté le 10 octobre 2006).
vignette|Bas relief Sassanide représentant Shapur II victorieux d’une révolte, un soldat (en bas à droite) lui présente deux têtes de révoltés décapités