La nécropole Michelet est une nécropole antique fouillée à Lisieux dans les années 1990. La fouille de sauvetage, qui a duré de 1990 à 1993, a fait l'objet d'une publication en 2022.

Le site est celui de la nécropole tardo-antique et du haut moyen-Age de la cité romaine de .

La nécropole est utilisée de la fin du , puis du .

Le site, identifié dès le dernier quart du , a pu être fouillé de manière exhaustive et a permis des études démographiques, anthropologiques ainsi que pathologiques. De nombreuses études ont été réalisées depuis les années 1990 même si les fouilles n'ont été publiées qu'en 2022.

Localisation

Lisieux est située à environ de La Manche, entre Caen et Évreux.

La nécropole se situe à la périphérie de la ville antique, au nord-est, à proximité de l'ancien petit séminaire de la ville. Le site se trouve sur un dépôt de pente. À proximité se trouve une voie romaine et à se trouve la nécropole du Grand-Jardin, datée du Haut-Empire romain qui a livré la stèle de Vostrus. Le site est occupé désormais par un IUT.

Histoire Histoire antique et médiévale Lexoviens

Le peuple gaulois des Lexoviens est cité par Jules César à l'occasion du massacre de sénateurs en dans leur principale place-forte, peut-être l'oppidum du Castellier situé à au sud-ouest de la ville. Les sont mal connues. Les Lexoviens sont sous une autorité locale, une oligarchie est présente. Le peuple est allié aux Vénètes et aux Unelles. La ville a une fonction économique, le nom de la ville signifiant nouveau marché ; le site étant sur un axe commercial.

La ville antique possède un pan orthonormé et utilise l'espace au mieux selon les contraintes du terrain, avec un axe nord-sud, le et un axe est-ouest le large de . L'apogée de la ville se situe dans la seconde moitié du .

Un vaste sanctuaire étendu de à se trouvait au Vieux-Lisieux sur la commune de Saint-Désir.

Le centre de la ville antique est mal connue, cependant les spécialistes estiment que les secteurs de l'actuelle cathédrale ou celui du site de l'actuelle médiathèque sont privilégiés. Les fouilles préalables à la construction de la médiathèque ont permis de dégager une galerie d'une longueur supérieure à , peut-être un élément du reconstruit au milieu du . D'autres recherches au laissent entendre un édifice à galerie supérieure à de longueur. Certains édifices de la ville avaient une .

vignette|alt=Photographie de la muraille du Bas-Empire romain en bas et du Moyen Âge à droite|Fragment de la muraille du Bas-Empire.

Il y a des raids francs et saxons au et certains édifices ont subi des incendies. La cité voit un repli de son activité économique et se contracte. La ville se réduit autour d'un de sur . La construction du a nécessité au minimum ou de matériaux. De nombreux édifices ont été utilisés comme carrières de pierres. Trois portes existent dans le rempart.

Site de la nécropole Michelet

Le site est occupé par les vivants de la protohistoire à la fin du .

Les fouilles ont permis de relever des installations protohistoriques, mais mal datés.

La nécropole du Grand-Jardin, au Haut-Empire, utilisée surtout du est encore utilisée au . Elle est explorée de 1846 à 1913 et a livré céramiques et une stèle funéraire connue sous le nom de stèle de Vostrus, monument daté du portant un nom d'un indigène romanisé. La pratique de l'incinération s'arrête à la fin du car il y a des inhumations. La nécropole est utilisée jusqu'au milieu du .

Une voie romaine orientée nord-sud traverse le site, large de , elle est munie de trottoirs mais entretenue pendant le .

Un quartier artisanal occupe le site à la fin du avec en particulier une activité métallurgique, puis à nouveau de la fin du . Les activités métallurgiques situées en hauteur permettaient de protéger la cité des risques d'incendies. L'activité est à son apogée au . Les bâtiments sont abandonnés au milieu du .

Les inhumations ont lieu du .

Le lieu d'inhumation des défunts pendant quelques décennies du est inconnu. Les premières inhumations sont datées du début du . environ sont inhumées sur le site pendant cette période. Les inhumations s'arrêtent pendant environ un siècle.

Une église dédiée à saint Aignan serait présente au rue pont-Mortain et un évêque est attesté en 538, Theobaudus. Cet édifice dédié à saint Aignan a disparu.

La nécropole est pourvue d'une enceinte au .

Une nouvelle phase d'inhumation de dure du . Les indices de christianisation ne datent pas d'avant le . Durant ce siècle il y a des inhumations en pleine terre et en sarcophage.

Le site reste par la suite un espace agricole jusqu'au . Le site de la nécropole est utilisé ensuite comme cour d'école.

Redécouverte

La nécropole est signalée en 1876. Un chantier de construction d'une chapelle avait entraîné la découverte de sépultures dont des sarcophages.

Les fouilles de sauvetage réalisées entre 1990 et 1993 s'inscrivent dans un contexte de travaux importants réalisés dans la ville et la surface à fouiller n'est pas loin d'un hectare. Les fouilles sont de fouiller une nécropole urbaine. Les archéologues mettent en œuvre un protocole spécifique et il y a à la foi un décapage général avec une pelle mécanique et une fouille manuelle des sépultures.

La campagne de 1991 a duré 6 mois. sont fouillées en 1990, . du sont fouillées en 1991. La nécropole est fouillée aux trois quarts en 1993 et , dont la moitié pour le seul haut Moyen-Age. Une fouille a lieu pendant l'été 1993. Certaines sépultures ont subi des actes de vandalisme.

Description Nécropole vignette|gauche|alt=Photographie d'objets médiévaux exposés derrière une vitrine|Objets du quotidien de l'époque mérovingienne, exposition à l'espace Victor-Hugo de Lisieux en juin 2022. La nécropole fouillée mesure . L'ensemble de la nécropole est fouillée sauf la limite nord-est du site. Les fouilles identifient les limites orientales et occidentales, et la partie méridionale est détruite par des travaux de carrière du Moyen-Age ou de l'époque moderne.

L'édification du petit séminaire a été accompagnée au d'un remblai important de et d'un volume de .

sont fouillées mais au moins ont été retrouvées.

Mobilier vignette|alt=Photographie d'épingles exposés sur un support|Épingles trouvées sur le site. Deux épingles datées de la seconde moitié du ont été retrouvées.

Des fibules, des plaques-boucles, des rouelles de ceinture du sont retrouvées. Une , d'origine saxonne selon le fouilleur, est retrouvée dans la sépulture . Un scramasaxe et une lance ont été retrouvés.

vignette|gauche|alt=Photographie d'une plaque-boucle exposée|Plaque-boucle en bronze datée du . Une stèle ornée d'un chrisme fait partie des objets retrouvés. La mention est aussi présente. Cet artefact retrouvé dans une tombe du est daté par Patrice Lajoye de la première moitié du . Pascal Vipard évoque une date comprise entre la seconde moitié du .

Deux agrafes à double crochet sont datés du début du .

Le site livre un fût de demi-colonne sculpté portant un masque de théâtre réutilisé comme sarcophage.

Ont été dégagés des médaillons bacchiques sur un sarcophage en plomb daté du , représentant un satyre ou Bacchus.

Interprétation

Les fouilles livrent du matériel en particulier d'origine germanique, daté du . Patrice Lajoye évoque .

La christianisation n'entraîne pas de changement dans les inhumations mais se traduit par des signes chrétiens dans la seconde moitié du .

Notes et références

La nécropole Michelet. Bilan et perspectives des recherches sur la cité de Lisieux (Calvados) de ses origines au

Religions et cultes à Lisieux (Normandie) dans l'Antiquité et au haut Moyen Âge

Lisieux (Calvados). Ancien collège Michelet - 1991

Lisieux (Calvados). Ancien collège Michelet - 1992

Lisieux (Calvados). Ancien collège Michelet - 1993

Lisieux (Calvados). Ancien collège Michelet - 1994

Voir aussi Articles connexes

Lexoviens Noviomagus Lexoviorum Stèle de Vostrus

Bibliographie

Ouvrages généraux . . . . .

Travaux sur la nécropole . . . . . . Julia Pacory, « Lisieux – Nécropole Michelet : analyses isotopiques » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 14 mars 2022, consulté le 24 octobre 2022. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/120193 Hyperostoses corticales f±tale et infantile à Lisieux ( s.): retour à Costebelle. Armelle Alduc-Le Bagousse et Joël Blondiaux, « Mortalité maternelle et périnatalité au premier millénaire à Lisieux (Calvados, France) », Bulletins et mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris [En ligne], 14 (3-4) | 2002, mis en ligne le 18 août 2005, consulté le 24 octobre 2022. URL : http://journals.openedition.org/bmsap/352 ; DOI : https://doi.org/10.4000/bmsap.352 ALDUC–LE BAGOUSSE, Armelle et PAILLARD, Didier. Inhumations d'enfants comme témoin social. La nécropole Michelet à Lisieux. In : Naître et grandir en Pays d'Auge (Catalogue de l'exposition). 1998. . Paillard, D. (1994). Les éléments du iv e siècle, la nécropole Michelet. In Lisieux avant l’An Mil. Essai de reconstitution, catalogue d’exposition. François Delahaye, Lenaïg Féret, Lénaïg Féret, « Lisieux – Collège Notre-Dame » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 01 mars 2007, consulté le 24 octobre 2022. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/7519. Julia PACORY, Astrid A. NOTERMAN, Cécile CHAPELAIN DE SERÉVILLE-NIEL, Didier PAILLARD Le pillage de sépultures sur le site “Michelet” à Lisieux (Calvados, ). Essai de synthèse et révision des données, Ritualiser, gérer, piller. Rencontre autour des réouvertures de tombes et de la manipulation des ossements, Actes de la Rencontre du Gaaf, 10-12 mai 2017, Poitiers.

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