Le secteur de l'énergie au Tadjikistan est marqué par l'importance de l'hydroélectricité, qui fournit 57,6 % de la production d'énergie primaire en 2019. Cependant, les combustibles fossiles fournissent 63,7 % de la consommation d'énergie primaire et l'hydroélectricité 42,7 % (dont 6,4 % exportés). Les statistiques nationales ne prennent pas en compte la biomasse traditionnelle.

La consommation d'énergie primaire par habitant du Tadjikistan en 2019 était égale à 22 % seulement de la moyenne mondiale, et celle d'électricité à 50 % de la moyenne mondiale.

L'électricité représentait 40,8 % de la consommation finale d'énergie en 2019. Elle est produite à 92,7 % par les centrales hydroélectriques et à 7,1 % par des centrales à charbon. Le Tadjikistan a exporté 12 % de son électricité en 2018 et 14 % en 2019. La centrale de Nourek () fait partie des 50 plus puissantes centrales hydroélectriques du monde et celle de Rogoun, en construction, sera encore plus puissante (). Le potentiel hydroélectrique est estimé à par an, au mondial, dont seulement 4 % sont exploités en 2022. Il attire des industries électro-intensives comme la fonderie d'aluminium TALCO.

Les émissions de liées à l'énergie par habitant représentent seulement 18 % de la moyenne mondiale.

Production d'énergie primaire La production d'énergie primaire atteignait en 2019, en progression de 41 % par rapport à 1990. Elle était composée de 57,6 % d'hydroélectricité, 41,9 % de charbon et 0,4 % de pétrole. Depuis 1990, la production de charbon a progressé de 226 % et la production hydroélectrique de 16 % ; celles de pétrole et de gaz ont presque disparu Energy Statistics Data Browser - Tajikistan : Balances 2019, Agence internationale de l'énergie, octobre 2021..

Charbon Selon le Ministère de l'Industrie, les 21 gisements de charbon du pays recèlent des réserves de (milliards de tonnes) de charbon et lignite, dont de charbon à haute valeur calorifique54.

En 2020, la production de charbon s'élevait à , en progression de 945 % depuis 2010. La part du charbon dans la consommation intérieure d'énergie primaire est passée de moins de 10 % en 2012 à 26,3 % en 2020. Il fournit 8 % de l'électricité du pays en 2020 et est responsable de 53 % des émissions de liées à l'énergie. Le gouvernement souhaite le développer pour compenser la saisonnalité de la production hydroélectrique. La Stratégie nationale de développement 2030 prévoit de porter la capacité de production à en 2030, puis en 204053.

En 2018, l'extraction de charbon reposait pour 55 % sur des entreprises publiques et 45 % sur le privé ; 94 % de la production provient de mines à ciel ouvert et 6 % de mines souterraines. En 2019, 11 entreprises étaient en activité, en particulier Fon-Yagnob (44 %), TALCO-Resource (20 %), KMT Ltd (20 %), Ziddi (10 %)55.

Consommation d'énergie primaire La consommation d'énergie primaire par habitant du Tadjikistan s'élevait en 2019 à , soit seulement 22 % de la moyenne mondiale : ; celle de la France était de , celle de l'Inde de , celle de la Chine de et celle des États-Unis de Agence internationale de l'énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA), Key World Energy Statistics 2021 (pages 60-69), septembre 2021, .

La consommation d'énergie primaire du Tadjikistan s'est élevée à en 2019. Elle est composée de 63,7 % d'énergies fossiles (charbon : 31,2 %, pétrole : 27,6 %, gaz naturel : 5 %), 42,7 % d'énergies renouvelables (hydroélectricité), moins 6,4 % d'exportations d'électricité. Depuis 1990, la consommation de charbon s'est accrue de 92 %, celle de pétrole a reculé de 40 % et celle de gaz naturel de 86 %, celle d'hydroélectricité a progressé de 16 %. Le charbon est utilisé à 34 % pour la production combinée d'électricité et de chaleur et à 30 % par l'industrie. La consommation intérieure d'énergie primaire a baissé de 27 % depuis 1990. Les statistiques nationales ne prennent pas en compte la biomasse traditionnelle.

Consommation finale d'énergie La consommation finale d'énergie du Tadjikistan s'élevait à en 2019, dont 56,6 % de consommation directe de combustibles fossiles (pétrole : 33,2 %, charbon : 20,2 %, gaz naturel : 3,2 %), 40,8 % d'électricité et 2,6 % de chaleur de réseau (chauffage urbain). Depuis 1990, elle a reculé de 32 % (pétrole : -37 %, gaz naturel : -86 %, charbon : +3 %, électricité : -15 %, chaleur : -25 %). Sa répartition par secteur est la suivante : industrie 28 %, transport 14 %, secteur résidentiel 27 %, secteur tertiaire 8 %, agriculture 6 %, usages non énergétiques (chimie) 2 % ; mais la part élevée de la rubrique « non spécifié » (15 %) suggère de sérieux dysfonctionnements dans les statistiques nationales. L'industrie a reculé de 10 % depuis 1990 et l'agriculture de 44 %, les transports ont progressé de 67 %, le résidentiel de 664 % et le tertiaire de 424 %.

Secteur de l'électricité La Compagnie nationale de l'énergie de la république du Tadjikistan, Barki Tojik, créée en 1936 sous le nom de Tajikenergo lors de la mise en service de la première centrale hydroélectrique du pays, Varzob-1, est chargée en 1957 de la production, du transport et de la distribution de l'électricité. En 1992 est créée la société de portefeuille d'État « Barki Tojik » sur la base des 25 entreprises et organisations qui font partie de l'Association de production d'énergie et d'électrification de la république du Tadjikistan Historical reference, OSHC "Barki Tojik", 28 octobre 2019.. En 2020, des rumeurs de privatisation du secteur électrique se font jour, alors que la restructuration de Barqi Tojik se poursuit depuis 2012 afin d’assainir la situation financière de l’opérateur. En juin 2019, deux nouvelles sociétés par actions issues de Barqi Tojik ont été créées par décret : Réseaux de transmission électrique et Réseaux de distribution électrique. Le ministère de l’Énergie et des ressources hydrauliques étudie divers mécanismes de collaboration avec le secteur privé, notamment pour attirer des sociétés multinationalesL’énergie électrique du Tadjikistan passera-t-elle bientôt entre les mains du privé ?, Novastan, 19 février 2021..

La Stratégie nationale de développement 2030 prévoit d'augmenter la capacité de production de et les exportations d'électricité de , de réduire de 10 % les pertes en ligne, de diversifier la production en portant à 10 % la part des sources autres que l'hydroélectricité et d'économiser par des mesures d'efficacité énergétique44.

Le premier partenariat public-privé a été l'octroi d'une concession à Pamir Energy pour desservir la région Gorno-Badakhshan. En 2009, la centrale hydroélectrique Sangtuda-1 a été mise en service et est exploitée par la compagnie russe Unified Energy System (RAO UES). Sangtuda-2, mise en service en 2011, est exploitée par la compagnie iranienne Sangob. Ces deux projets ont été réalisés sous la forme de contrats build-own-operate-transfer (BOOT). Pamir Energy, fondé en 2002 par l'État du Tadjikistan et la Fondation de l'Aga Khan pour le développement économique (AKFED), a reçu en 2017 un prix de l'association Ashden pour avoir restauré, avec l'aide de la Suisse, onze petites centrales hydroélectriques () et de vieilles lignes de distribution, assurant l'approvisionnement en électricité de dans des régions reculées du Tadjikistan et de l'AfghanistanPamir Energy / Bringing power to the people of Tajikistan and Afghanistan, ashden.org, 2017..

Production d'électricité Le Tadjikistan a produit en 2019, dont 92,7 % d'hydroélectricité et 7,3 % à partir de combustibles fossiles (charbon : 7,1 %, gaz naturel : 0,1 %). Cette production a progressé de 14 % depuis 1990, l'hydroélectricité de 16,2 %, la production à base de gaz naturel a reculé de 98 %, remplacée par le charbon Statistics Data Browser : Tadjikistan - Electricity 2019, Agence internationale de l'énergie, octobre 2021.. En 2020, la production a été de (hydro 90,1 %, charbon 8,2 %, gaz naturel 1,6 %)35.

Le pays souffre de fréquentes coupures d’électricité. Pendant l’hiver 2007, les autorités imposent des restrictions à cause d'une réduction du débit de la rivière Vakhch, et Barqi Tojik négocie avec Ouzbekenergo, son homologue ouzbek, l’import de , à condition de rendre à l’Ouzbékistan au moins pendant la période estivale. En 2008, un hiver rigoureux, considéré comme le plus froid depuis 1969, cause une crise énergétique qui touche presque tous les pays d’Asie centrale. À partir du 13 janvier 2008, les zones rurales étaient complètement privées d’électricité. À Douchanbé, la capitale, il n’y avait du courant qu’entre une et trois heures par jour. Les restrictions durent jusqu’en mars. En novembre 2009, en raison d’un incident sur la ligne à haute-tension reliant Nourek à Regar, 70 % du territoire tadjik s’est retrouvé dans le noir. Chaque année, de novembre à avril, la consommation d’électricité est soumise à limitation. Depuis 2018, pendant l’automne et l’hiver, il y a de l’électricité en zone rurale de cinq à huit heures du matin, et le soir de 17h à minuit. Selon Barqi Tojik, il s’agit d’une mesure préventive pour économiser l’eau du réservoir de Nourek, le débit entrant étant très faible parce que l’eau de la rivière Vakhch sert au remplissage du réservoir de Rogoun. Un black-out survient pendant l’hiver 2019-2020 du fait du manque de neige dans le bassin hydrographique des rivières Vakhch et Piandj, 50 % en moins par rapport à l’année antérieurePannes de courant au Tadjikistan : Comment le pays « économise » l’électricité depuis près de 15 ans, Novastan, 7 octobre 2021..

Puissance installée La puissance installée atteint en 2020, dont de centrales hydroélectriques et de centrales thermiques, dont seulement et sont disponibles. Le Tadjikistan a onze centrales hydroélectriques de grande et moyenne taille et 300 de petite taille, totalisant . La majeure partie de la production provient de la rivière Vakhch, dont les centrales totalisent produisant par an.

Centrales thermiques

+ Centrales thermiques du Tadjikistan en 2020 Nom Type Puissanceinstallée (MW) Puissancedisponible (MW) Mise en service Douchanbé-1 cogénération 198 42 1961 Douchanbé-2 cogénération 400 400 2016 Yavan (mis sous cocon) cogénération 0 0

Énergies renouvelables Hydroélectricité Selon l'Agence internationale de l'énergie, le potentiel hydroélectrique du pays est estimé à par an, au mondial, dont seulement 4 % sont exploités en 202211.

Selon l'International Hydropower Association (IHA), la production hydroélectrique du Tadjikistan s'est élevée à en 2021, soit 0,5 % de la production mondiale, loin derrière l'Inde : et le Pakistan : , mais supérieure à celles du Kirghizistan : , de l'Ouzbékistan : et du Kazakhstan : . La puissance installée des centrales hydroélectriques du Tadjikistan totalisait fin 2021, soit 0,5 % du total mondial, au de la région Asie centrale et méridionale, derrière la Russie (), l'Inde (), l'Iran () et le Pakistan (). Les mises en service de 2021 se sont élevées à . La construction du barrage de Rogoun se poursuit, sa capacité actuelle étant de après la mise en service de ses premières turbines en 2018 ; les travaux de réhabilitation du barrage de Nourek, le plus grand d'Asie centrale, commencés en 2020, se poursuivent également 2022 Hydropower Status Report (9, 34-39, 46-47), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2022..

La centrale de Nourek (), la plus puissante du Tadjikistan et de l'Asie centrale, construite à l'époque soviétique, de 1961 à 1980 sur la rivière Vakhch, affluent de l'Amou Daria, fait l'objet de travaux de réhabilitation en cours en 2020, financés par l'Association internationale de développement du groupe de la Banque mondiale [documents.worldbank.org/curated/en/691071494036135802/pdf/Tajikistan-PAD-04142017.pdf Nurek Hydropower Rehabilitation Project, Phase I], Banque mondiale, 14 avril 2017..