Le pseudo-koguryŏ (aussi appelé pré-koguryŏ ou vieux pseudo-koguryŏRobbeets (2007), p. 17) est le nom donné par le linguiste Alexander Vovin à une ancienne langue hypothétique non attestée du centre de la CoréeVovin (2013), p. 223.

Nom Christopher Beckwith (2004) revendique que les toponymes d'origine japonique du Samguk Sagi au centre de la Corée représentent la langue du royaume de GoguryeoBeckwith (2004), p. 19, elle-même apparentée aux langues japoniques dans une famille de langues japono-koguryeoïqueBeckwith (2004), p. 28.

Alexander Vovin (2013), qui est opposé à cette théorie, argue que lesdits toponymes représentent en fait la langue des peuples que Goguryeo a conquis, et non la langue de Goguryeo lui-même. Il nomme cette langue "pré-koguryŏ", ce qui signifie qu'il s'agit de la langue parlée avant celle de Goguryeo (Koguryŏ en romanisation McCune-Reischauer). Il considère par ailleurs que le goguryeoan est une langue coréanique, dont des inscriptions et des emprunts dans le jurchen, le mandchou et le khitan (des langues voisines) soutiennent cette hypothèseVovin (2013), p. 223-225 ; p. 237-238. Vovin (2017) utilise plus tard le terme "pseudo-koguryŏ" (ce qui signifie "faux" koguryŏ, idée qui représente le fait que ces toponymes ne reflètent pas la langue de Goguryeo)Cho et Whitman (2021), partie 4.3.2Pellard (2007), p. 4Vovin (2005), p. 116-117Vovin (2017), p. 7-8Vovin (2021), p. 219.

Classification Ainsi, selon Vovin, le pseudo-koguryŏ est une des langues japoniques péninsulaires, c'est-à-dire une langue du groupe de locuteurs japoniques qui seraient restés sur la péninsule de Corée, contrairement aux japoniques insulaires, qui se sont établis sur Kyūshū suivant la culture YayoïWhitman (2011), p. 157Vovin (2017), p. 6. Il s'agirait d'une langue très proche du proto-japonique.

Vovin note que les toponymes sont principalement concentrés dans la région du bassin du fleuve Hangang, appartenant précédemment à Baekje, puis annexé par Goguryeo. De plus, le pseudo-koguryŏ ressemble énormément au paekche japonique, il en conclut donc qu'une telle différenciation est peut-être artificielleVovin (2017), p. 32.

Cette langue aurait été responsable d'un substrat en coréenVovin (2010), p. 239.

Sean Kim suggère que les langues japoniques insulaires et péninsulaires se seraient séparées vers le Il suggère aussi que le pseudo-koguryŏ se serait différencié des autres langues japoniques péninsulaires vers le . Le pseudo-koguryŏ se serait éteint, assimilé aux langues coréaniques, au siècle.

Comparaison lexicale Vovin (2017) compare certains glosses du pseudo-koguryŏ à plusieurs langues japoniques insulairesVovin (2017), p. 7. +Comparaison japonique insulaire - pseudo-koguryŏfrançaisvieux japonaisproto-ryūkyūproto-japonique insulairepseudo-koguryŏtroismî-tu*mi-tu*mi-tu*mitcinqitu*itu*itu*yuciseptnana*nana*nana*nanɘndixtöwo*too*tɘwɘ*tɘkvalléetani*tani*tani*taneaumî-ndu*me-nzu*me*mɛpoireaumîraHirara mizza*mera*mɛllièrehusaŋgî (en vieux japonais oriental : wosaŋgî)*Osaŋgî*wosaŋgi*osegambouchekuti ~ kutu-*kuti*kutuy*kucibancpê --*pia*pietplombnamari*namari*namari*namutprofondpuka(-si)*puka-sa-N*puka*pot-seentrerir-*ir- ~ *i-*ir-*i-adjectif fini/attributif-si --*-se/i*-se

Références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Linguistique Liste de langues Langues par famille Langues altaïques Langues japoniques Langues japoniques péninsulaires

Catégorie:Langue japonique