Le gouvernement al-Soudani est le gouvernement de la République d'Irak depuis le . Il est dirigé par l'homme politique chiite Mohammed Chia al-Soudani, du parti islamique Dawa.
Contexte
Lors des élections législatives irakiennes de 2021, des groupes militants pro-iraniens contestent les résultats. Bien que les élections se soient déroulées sans incidents, le taux de participation est bas, près de 60 % des inscrits s'étant abstenus..
Arrivé en tête, le Mouvement sadriste dirigé par Moqtada al-Sadr est le grand vainqueur des élections, et devrait être amené à former un gouvernement de coalition. Allié au Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani et au Parti du progrès de ainsi qu'à la plupart des formations sunnites irakiennes, al-Sadr soutient la candidature d'Hoshyar Zebari à l'élection présidentielle de février 2022 afin de se voir confier la formation du nouveau gouvernement, dans le but affiché de rompre avec les formations liées au voisin chiite iranien...
Crise politique
Affrontements
En , en conséquence du résultat des élections législatives d'octobre, des affrontements surviennent à Bagdad. Les manifestants sont pour la plupart liés aux partis pro-iraniens, notamment Dawa. Les affrontements ont fait 125 blessés et deux morts. 21 manifestants ont été blessés par inhalation de fumée et neuf policiers ont été blessés par des jets de pierres.
Le , deux jours après, a lieu une tentative d'assassinat envers le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, les forces armées informant que le Premier ministre avait survécu à une attaque d'un drone chargé d'explosifs vers sa résidence.
La tentative d'assassinat serait lié aux mouvements et forces ayant provoquées les manifestations et affrontements deux jours auparavant.
Premiers moments du Parlement
Le , Moqtada al-Sadr, ayant remporté les législatives avec le Mouvement sadriste, a déclaré qu'il souhaitait former un gouvernement majoritaire.
Le , le Conseil des représentants nouvellement élu s'est réuni pour la première fois dans la Zone verte pour élire le président et les deux-vice présidents. La première session est chaotique, au cours de laquelle le président par intérim Mahmoud al-Mashahadani est tombé malade et a été transporté à l'hôpital..
Cependant, après cet évènement, le législateur sunnite et actuel président du parlement a été réélu pour un second mandat., avec Shakhawan Abdulla (PDK) et Hakim al-Zamili (Mouvement sadriste) à la vice-présidence.. Les trois partis ont réussi à se faire élire à ces fonctions grâce aux candidats de chaque bloc en votant les uns pour les autres.
Impasse politique
La formation d'un gouvernement est subordonnée à l'élection d'un nouveau président de la République. La première réunion du Conseil des représentants le en vue du premier tour de l'élection présidentielle irakienne de 2022 est un échec. Seuls 58 députés sur 329 étant présents, le scrutin n'a pas lieu faute de quorum des deux tiers des membres, et le scrutin est reporté à une date indéterminée...
Les trois principaux partis issus des élections législatives d'octobre décident en effet de boycotter la séance, en raison des désaccords en cours sur la désignation d'un nouveau Premier ministre, ainsi qu'en protestation de la suspension de la candidature d'Hoshyar Zebari...
Le , les 73 députés sadristes démissionnent du Parlement.. Ils sont remplacés par les candidats arrivés deuxièmes dans leurs circonscription.
Le , lors d'une réunion au domicile de l'influent , Hadi al-Ameri et Nouri al-Maliki, jugés trop sectaires, sont écartés de la liste des candidats potentiels au poste de Premier ministre de la coalition chiite. Cela a pour effet de provoquer un changement de paradigme au sein de la coalition, qui n'entend désormais plus favoriser le candidat le plus populaire (qui aurait été désigné à la majorité comme le préconisait al-Maliki) mais le plus consensuel (désigné à l'unanimité comme le préconise al-Abadi). Les cinq candidats restants après l'éviction d'al-Ameri et d'al-Maliki sont (ministre du Plan de 2011 à 2014), (ministre de l'Intérieur de 2017 à 2018), Haïder al-Abadi (Premier ministre de 2014 à 2018), (ministre des Sports de 2014 à 2018) et Mohammed Chia al-Soudani (ministre des Affaires sociales de 2014 à 2018), qui est finalement choisi à l'unanimité. La nouvelle est annoncée le , provoquant la colère des sadristes, qui jugent al-Soudani beaucoup trop proche d'al-Maliki. En signe de protestation, les sadristes envahissent le parlement irakien à deux reprises : une première fois le et une seconde le . La seconde invasion, qui débouche sur un sit-in, coïncide avec le début du mois de mouharram et les préparations du deuil de l'achoura observé par les chiites. Le , Saleh Mohamed al-Iraqi, un proche de Moqtada al-Sadr, demande aux protestataires d'évacuer le parlement et de réorganiser le sit-in devant et autour de celui-ci . Face à l'impasse, Moqtada al-Sadr annonce son de la vie politique le , provoquant de nouvelles émeutes, qui dégénèrent cette-fois en affrontements avec les milices pro-iraniennes et les forces de sécurité qui tentent de s'interposer. Les violences ne durent qu'un peu plus de (avant que les partisans sadristes ne se retirent à la demande de leur chef) mais leur bilan humain est particulièrement lourd avec plusieurs dizaines de morts et plusieurs centaines de blessés.
Historique Formation Le , Mohammed Chia al-Soudani est chargé par le président élu Abdel Latif Rachid de former un nouveau gouvernement. Le même jour, Moqtada al-Sadr, dirigeant du Mouvement sadriste, annonce ne pas souhaiter rejoindre le nouveau gouvernement..
Le , le Premier ministre désigné Mohammed Chia al-Soudani est officiellement nommé dans ses fonctions, obtenant la confiance du parlement.. Néanmoins seulement 21 ministres sur 23 sont nommés, les portefeuilles de la Construction et de l'Environnement posant toujours des problèmes au sein de la coalition.
Au sein de la coalition, se trouve différentes alliances islamistes, la Coalition de l'État de droit, avec le Parti islamique Dawa, mais également l'Alliance Fatah, qui intègre le Parti de la vertu islamique, l'Alliance Azem et l'Alliance de la victoire, puis avec les partis du Parti démocratique du Kurdistan, l'Union patriotique du Kurdistan et le Mouvement Babylone.
La formation du gouvernement s'achève le avec les votes de confiance du parlement en faveur de et , qui deviennent respectivement ministres de la Construction et de l'Environnement.
Démissions Le , les ministres du Plan, de l'Industrie et de la Culture, tous issus du Parti du progrès, présentent leur démission pour protester contre la destitution du président du parlement (, également membre du Parti du progrès) par la cour suprême, qu'ils perçoivent comme . Le , le porte-parole du gouvernement, Bassem al-Awadi, annonce que le Premier ministre refusent ces démissions.
Composition FonctionTitulairePartiPremier ministreMohammed Chia al-SoudaniVice-Premier ministreMinistre des Affaires étrangèresFouad Hussein PDKVice-Premier ministreMinistre du Pétrole Coalition de l'État de droitVice-Premier ministreMinistre du Plan TAKMinistre de l'Intérieur Indép.Ministre des Finances Taif Sami Mohammed Indép.Ministre de la DéfenseThabet al-Abbassi Alliance AzemMinistre de l'Éducation Alliance AzemMinistre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique AAHMinistre des Télécommunications Ministre de la Construction et du Logement PDKMinistre de l'Industrie et des minéraux TAKMinistre de la Santé Coalition de l'État de droitMinistre de l'Environnement Nizar AmidiUPKMinistre de la Jeunesse et des Sports Coalition de l'État de droitMinistre du Travail et des Affaires sociales Alliance FatahMinistre de l'Électricité Parti de la vertu islamiqueMinistre des Ressources en eau Indép.Ministre des Transports Alliance FatahMinistre de la Justice UPKMinistre de la Culture TAKMinistre de l'Agriculture Coalition de l'État de droitMinistre du Commerce Atheer Daoud Al-Ghurairy Alliance AzemMinistre de l'Intégration et du Déplacement Mouvement Babylone
Notes et références
Soudani