Une agression contre Paul Pelosi survient le lorsque Paul Pelosi, le mari de la présidente américaine de la Chambre des représentants de l'époque Nancy Pelosi, est attaqué par un assaillant avec un marteau au domicile du couple, dans le quartier Pacific Heights de San Francisco, en Californie. Paul Pelosi est grièvement blessé.

La police de San Francisco arrête sur place David Wayne DePape, un homme âgé de 42 ans résidant à Berkeley. D'après les déclarations de l'assaillant, il prévoyait de prendre Nancy Pelosi en otage et de lui faire passer un interrogatoire. Le système judiciaire a retenu le caractère politique de l'attaque. Celui-ci adhérait à des théories du complot relayées sur les réseaux sociaux, notamment celles de QAnon, qui affirmaient entre autres que l'élection présidentielle américaine de 2020 avait été volée à Donald Trump. Il diffusait également des messages à caractère complotiste, raciste, sexiste et antisémite sur ses comptes personnels, et propageait de la désinformation au sujet du vaccin contre la Covid-19. De nationalité canadienne, DePape avait un passif médical lourd, étant atteint de différents problèmes de santé mentale et d'addiction aux drogues. Lors du procès, DePape a admis avoir été motivé à passer à l'acte par les théories du complot et avoir conçu un visant à nuire à plusieurs personnalités publiques, dont les Pelosi.

Le , David Wayne DePape est accusé de deux crimes fédéraux : assaut sur un membre direct de la famille d'un officiel fédéral avec l'intention de nuire à un officiel sur la base de ses actions officielles, et tentative d'enlèvement d'un officiel fédéral sur la base de ses actions officielles. Il a également six chefs d'accusation dans l'État de Californie, dont tentative de meurtre, intrusion dans un domicile privé, assaut avec une arme mortelle et agression sur personne âgée. En quelques jours, les principales personnalités publiques de la droite américaine, dont l'ancien Président américain Donald Trump, ont partagé de fausses informations au sujet de l'attaque, émettant des doutes sur les motivations réelles de l'assaillant et clamant que celui-ci avait agi dans un autre but que celui énoncé. D'autres personnalités politiques, Démocrates comme Républicaines, ont condamné l'attaque.

DePape est reconnu coupable des deux crimes fédéraux le . Le , il est condamné à 30 ans de prison et à cinq ans de contrôle judiciaire pour les chefs d'accusation fédéraux. DePape est condamné par l'État de Californie pour les cinq chefs d'accusation cités plus haut le à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle le .

Contexte Lors de l'attaque du Capitole du 6 janvier 2021, Nancy Pelosi est prise pour cible par des assaillants qui saccagent son bureau. Dès la fin de la première présidence Trump, les menaces contre les politiciens et des législateurs américains sont en forte augmentation. La police du Capitole des États-Unis en signale 9 625 en 2021 contre 3 939 en 2017.

Incident vignette|La façade de la maison des Pelosi à San Francisco en 2020. vignette|L'appel au 911 de Paul Pelosi peu après l'intrusion de DePape. Lors de son interrogatoire par la police, David Wayne DePape déclare avoir obtenu l'accès à la résidence des Pelosi en passant par des portes vitrées situées à l'arrière de la maison. Les vidéos des caméras mobiles des policiers intervenus sur place mettent en évidence la présence de verre brisé sur le sol, tandis que les images de vidéosurveillance montrent DePape en train de casser les portes vitrées à l'aide de son marteau. Au moment de l'intrusion, peu après deux heures du matin, Paul Pelosi, âgé de 82 ans, était en train de dormir dans sa chambre au troisième étage. L'assaillant l'a réveillé en demandant à . Lorsque Paul Pelosi lui annonce qu'elle n'est pas sur place, il annonce son intention de l'attendre ici. vignette|Les images de la caméra mobile des policiers intervenus chez les Pelosi. Peu après le début de la confrontation, Paul Pelosi demande à DePape d'utiliser la salle de bain, occasion à laquelle il passe un appel au 911 à 2 h 23 dans lequel il nie avoir besoin d'une aide médicale, des pompiers ou des forces de l'ordre. L'interlocuteur lui conseille alors de . Paul Pelosi indique ensuite qu'un (DePape) attendait le retour de son épouse Nancy Pelosi. Il poursuit la conversation en donnant davantage de détails sur les actions et les exigences de DePape. L'interlocuteur pose alors plusieurs questions pour clarifier la situation. À un moment donné, DePape participe à cet échange et donne son nom complet. Peu après la fin de l'appel, l'interlocuteur décide d'envoyer la police au domicile des Pelosi. Cette décision lui a probablement sauvé la vie.

Les policiers de San Francisco arrivent rapidement sur place et toquent à la porte d'entrée à 2 h 31. Pelosi ouvre la porte. Depuis l'extérieur de la maison, les policiers voient DePape et Pelosi en train de se battre avec un marteau dans l'entrée. Devant la police, DePape assène un coup de marteau sur le crâne de Pelosi. DePape refuse d'obéir aux forces de l'ordre qui lui ordonnent de lâcher son arme.

La police neutralise et interpelle ensuite DePape. Après l'avoir arrêté, elle découvre plusieurs attaches autobloquantes, du ruban adhésif, une corde blanche, un deuxième marteau et des gants en caoutchouc et en tissu dans son sac à dos. D'après les enquêteurs, DePape avait préparé une liste de potentielles futures victimes.

À la suite de l'attaque, Paul Pelosi a subi une chirurgie du crâne au Zuckerberg San Francisco General Hospital, où il a également reçu un traitement pour des au bras et aux mains. Il sort de l'hôpital le . David Wayne DePape est également soigné dans le même établissement pour des blessures légères (spécifiquement une épaule disloquée). Immédiatement après avoir été guéri, il est conduit à la prison du comté de San Francisco.

Nancy Pelosi était à Washington, D.C. au moment de l'attaque. Elle est retournée en urgence à San Francisco à bord d'un avion gouvernemental, puis a été escortée jusqu'à l'hôpital où se trouvait son mari. Le lendemain, elle écrit une lettre à la Chambre des représentants dans laquelle elle déclare que sa famille était et remercie les forces de l'ordre, les urgentistes et l'équipe de l'hôpital pour l'aide qu'ils ont porté à son mari.

Paul Pelosi réapparait en public plus d'un mois plus tard, aux côtés de Nancy Pelosi à l'occasion des Kennedy Center Honors. Il portait alors un chapeau et un gant afin de cacher ses blessures. Lors d'un entretien réalisé par Anderson Cooper en , plus d'un an et demi après l'attaque, Nancy Pelosi déclare que son mari se remet lentement de l'attaque, aussi bien physiquement que mentalement.

Enquête Le FBI, la police de San Francisco, la police du Capitole, le et le sont impliqués dans l'enquête sur l'attaque.

La procureure du district de San Francisco, , déclare que l'attaque semble avoir été uniquement motivée par l'opinion politique du suspect, d'après les déclarations faites par David Wayne DePape le jour de l'attaque.

Après que ses droits Miranda lui aient été lus, DePape a déclaré pendant son interrogatoire par la police de San Francisco qu'il prévoyait de prendre Nancy Pelosi en otage car il la considérait comme . Il se définit aussi comme étant en lutte contre la , comparant son rôle à celui des Pères fondateurs des États-Unis. DePape décrit aussi les violences qu'il avait prévu de faire subir à Nancy Pelosi, notamment le fait de lui briser les genoux si elle lui , considérant qu'en agissant ainsi, , et que cela aurait servi aux autres membres du Congrès. Il déclare également aux policiers qu'il se savait dans une et qu'il avait d'autres cibles potentielles en tête, dont le gouverneur de Californie Gavin Newsom, l'acteur Tom Hanks et Hunter Biden, le fils du Président américain de l'époque, Joe Biden.

Le lendemain de l'attaque, conformément à un mandat de perquisition fédéral, les enquêteurs ont fouillé un garage situé à Richmond en Californie où David Wayne DePape vivait depuis deux ans. Le rapport de la perquisition précise qu'ils y ont saisi .

Accusé vignette|200x200px|La photo du permis de conduire de David Wayne DePape. L'accusé est David Wayne DePape, un Canadien né en 1980, âgé de 42 ans et résidant dans la ville voisine de Berkeley. Il est arrêté sur les lieux de l'agression.

Vie avant l'agression DePape grandit à Powell River, en Colombie-Britannique. Au moment de l'agression, il était en situation irrégulière sur le territoire américain, après être entré dans le pays grâce à un visa temporaire de six mois délivré en à San Ysidro.

Peu après avoir fini ses études secondaires à Armstrong, il déménage aux États-Unis en 2000. À Hawaï, DePape rencontre l'activiste russo-américaine , avec qui il emménage en Californie. Dès lors, DePape se serait coupé de sa famille. Tandis que Gypsy Taub était en train de devenir l'une des figures de proue du mouvement pour la nudité en public de San Francisco de 2013, DePape lui apportait un soutien important.

D'après Gypsy Taub, le couple se serait séparé en 2009. Depuis, la santé mentale de DePape se serait détériorée en raison de sa consommation de drogues, entre autres. Elle se souvient par exemple d'un incident survenu en 2010, lorsque DePape était retourné au domicile de Taub après un an sans nouvelles, se prenant pour Jésus et montrant des signes de paranoïa avancée. Une de ses connaissances a indiqué que les deux avaient mis un terme à leurs échanges en 2012 en raison d'un énième épisode mégalomaniaque. Néanmoins, il est resté une personnalité important dans la vie de Taub et de ses proches. Il est par exemple le garçon d'honneur lors de son mariage en 2013. Par la suite, il cohabite avec Gypsy Taub, son conjoint et leurs trois enfants. Un terme définitif est mis à leur amitié en 2015. DePape quitte alors la maison et se retrouve un temps sans-abri. Au moment de l'agression, il habitait à Richmond dans un garage qu'il louait depuis trois ans.

Activité sur les réseaux sociaux En 2007, DePape crée son blog personnel, écrivant dans un premier temps sur les thématiques de la spiritualité et de l'ibogaïne naturelle. Dans les mois précédant l'agression, DePape a repris l'écriture sur ce blog, cette fois en énonçant des théories du complot et des idées politiques d'extrême droite. Dans des publications sur les réseaux sociaux et sur au moins deux blogs, DePape prouve son adhésion aux idées de l'extrême droite, mettant notamment en avant la mouvance QAnon, le Pizzagate et d'autres théories du complot de cette orientation politique, ainsi que des mèmes internet dans le même sens.

Sur les réseaux sociaux dont Facebook, il relaye des médias et publie des commentaires complotistes affirmant que l'élection présidentielle américaine de 2020 avait été volée à Trump, que les vaccins contre la Covid-19 étaient mortels et que George Floyd était décédé d'une overdose. Il critiquait fréquemment les élites, les immigrés, les personnes de couleur, les femmes, la communauté LGBT+, les musulmans, les communistes, les juifs, les soutiens de la justice sociale, les catholiques et la mouvance woke. DePape a crédité Gamergate, Jordan Peterson et James A. Lindsay comme étant ceux qui lui ont permis de découvrir la politique de droite. Il niait la Shoah et appelait à réhabiliter Adolf Hitler. Ses publications étaient la grande majorité du temps incohérentes et délirantes. Sa dernière avant l'agression était intitulée .

Poursuites judiciaires fédérales et étatiques Le , les procureurs fédéraux accusent David Wayne DePape de et . Le , un grand jury fédéral retient les mêmes chefs d'accusation à son encontre. Le , le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis dépose une demande d'arrestation de DePape en raison de sa situation irrégulière, souhaitant prendre en charge son expulsion du territoire national une fois sa peine purgée.