Majorque ( ou en françaisPrononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API. ; en catalan : Mallorca Prononciation en catalan baléare standardisé retranscrite selon la norme API. ; Prononciation en espagnol d'Espagne standardisé retranscrite selon la norme API.) est la plus grande des îles Baléares. Elle se situe en mer Méditerranée, au large de Valence et Barcelone. L'île compte . Sa capitale est Palma – les Majorquins l'appellent . Elle comprend six comarques principales : Serra de Tramuntana (montagnes, au nord), Raiguer (terres agricoles et viticoles au pied de la montagne), Pla (au centre), Migjorn (sud-est), Llevant (à l'est) et la ville de Palma. Le catalan est la langue officielle avec le castillan.
L'île fut habitée dès la période préhistorique, puis par les Romains, remplacés par les Vandales, l'Empire romain d'Orient, les Francs, les Maures almoravides, puis les Almohades (de 902 à 1229), suivis des Catalans. Elle fut le centre d'un royaume indépendant qui exista de 1276 à 1344, le royaume de Majorque. Deux-tiers de son économie reposent sur le tourisme, développé à partir des années 1960. C'est un lieu réputé de la randonnée dans les îles de Méditerranée. Pour les Allemands et Britanniques, Majorque est l'un des principaux lieux de villégiature européens, attirant nombre d'étrangers : 7 % des résidents permanents de l'île sont des Allemands., ce qui a valu à l'île le surnom ironique de « dix-septième Land ». L'activité agricole traditionnelle est centrée sur les productions végétales : vin (Binissalem), amandes, olives, légumes.
Géographie
La capitale est Palma et les villes principales sont Calvià, Inca, Manacor, Sóller et Pollença.
Liste des communes Les six comarques de Majorque (note : le terme de comarque est inutilisé à Majorque) ont pour villes principales : Alaró, Alcúdia, Algaida, Andratx, Ariany, Artà, Banyalbufar, Binissalem, Búger, Bunyola, Calvià, Campanet, Campos, Capdepera, Consell, Costitx, Deià, Escorca, Esporles, Estellencs, Felanitx, Fornalutx, Inca, Lloret de Vistalegre, Lloseta, Llubí, Llucmajor, Manacor, Mancor de la Vall, Maria de la Salut, Marratxí, Montuïri, Muro, Palma de Majorque, Petra, Sa Pobla, Pollença, Porreres, Puigpunyent, Ses Salines, Sant Joan, Sant Llorenç des Cardassar, Santa Eugènia, Santa Margalida, Santa Maria del Camí, Santanyí, Selva, Sencelles, Sineu, Sóller, Son Servera, Valldemossa, Vilafranca de Bonany
Orographie vignette|droite|Le Puig Major, la plus haute montagne de l'île. Majorque présente trois chaînes montagneuses : la chaîne Tramontane qui présente les sommets les plus élevés, dont huit sommets dépassent les avec le Puig Major qui culmine à ; la chaîne du Levant qui culmine à au pic de Morell ; le massif de Randa qui culmine à au pic de Randa.
Géologie
Histoire géologique
Toponymie Le nom de Mallorca dérive du latin transformé en Maiorica (grande île) par opposition à l devenue Menorca : Minorque.
Au cours de l'histoire, il y eut de nombreuses graphies et prononciations latine (Maiorica), arabe (Mayurqa), latine médiévale (Majorca), catalane (Mallorca) puis castillane (idem). En ancien français, Maillogres (dans les Grandes Chroniques de France), puis par la suite Mallorque., Mayorque. et Majorque cohabitèrent jusqu'au . À cette époque, les deux prononciations et coexistaient. la seconde, le « j » prononcé comme un « i » (majɔʁk) étant d'usage orthologique pour les mots français d'origine étrangère.
Eusèbe de Salle écrivait en 1832 :
En 1866, Charles de Tourtoulon intitula l'un de ses livres Les Français aux expéditions de Mayorque et de Valence., la graphie contemporaine étant déjà présente.. La prononciation resta encore très largement (Palma de Mayorque) durant le .
L'autre graphie reste mal éclairée, de même que la règle de prononciation du j, mais est attestée très tôt. Employée dès le ..., cette orthographe coexiste avec l'autre au dans les dictionnaires.., dans les manuels scolaires. et dans les institutions..
Cet usage alternatif libre est notamment frappant dans l'Encyclopédie (terminée en 1772), qui présente simultanément les deux graphies : et . vignette|Illustration dUn Hiver à Majorque, G. Sand, 1856 En 1842, l'ouvrage de George Sand, Un hiver à Majorque. connaît une grande popularité, dans le sillage de celle de l'écrivain depuis 1831. Ce livre utilise le « j » pour «Majorque». Le double usage se poursuit au .
La prononciation (en API) calquée sur sa graphie contemporaine (jorque) devient dominante au , cité par ., sans que la liberté de prononciation du « j » ait clairement disparu. La prononciation est encore usitée.
Histoire Jusqu'à l'époque romaine La présence humaine à Majorque remonte à la préhistoire (sites de Ses Païsses, près de la ville d'Artà). On a retrouvé des tombes et traces d'habitations datant du néolithique, soit 6000 à 4000 L'île fut occupée par les Carthaginois avant d'être conquise en l'an 123 par Quintus Caecilius Metellus – qui reçut le surnom de Balearicus – et de passer sous l'autorité de Rome. La période romaine fut favorable, et vit la fondation de Pollentia (ruines d'Alcúdia, ex-Pollentia romaine) et Palmaria (Palma). L'économie reposait sur la culture de l'olivier, de la vigne et la production de sel.
Moyen Âge
Les Vandales mirent les îles Baléares à sac en 425 ou 426 et les annexèrent à leur royaume en 465. En 534, à l'occasion de l'effort de reconquête de l'Empire romain d'Occident par Justinien, le général Bélisaire regagna l'archipel pour le compte de Byzance. Pendant la période de domination byzantine, le christianisme y fut florissant et de nombreuses églises furent construites. Cependant, à partir de 707 commencèrent des raids maritimes menés par les musulmans à partir des côtes d'Afrique du Nord.
Ces attaques se poursuivirent jusqu'à ce que, finalement, en l'an 903, Majorque tombe sous la domination de l'émir omeyyade d'Espagne. Selon les chroniques de l'époque, le château d'Alaró fut le dernier bastion tenu par les chrétiens. Sous la domination musulmane, Palma, devenue Madina Mayurqa, devint un centre culturel important.. L'île connut une période de prospérité. Les musulmans développèrent l'agriculture irriguée et l'artisanat local. Lors de la décomposition du califat de Cordoue en 1015, Majorque releva tout d'abord du royaume de Dénia avant de devenir, entre 1087 et 1114 un des nombreux royaumes (ou émirats) dits Taïfas d'Al-Andalus.
En 1114, à la suite d'actes de piraterie menés à partir de Majorque contre les navires chrétiens en Méditerranée, une armée coalisée de Pisans, de Provençaux et de Catalans débarqua à Majorque, mit le siège devant Palma pendant huit mois, prit la ville et la saccagea. Mais, pendant l'absence de Raimond-Bérenger III de Barcelone, les Pisans s'enfuirent lorsque apparurent des secours envoyés par les Almoravides d'Afrique du Nord. Ceux-ci gouvernèrent jusqu'en 1203, puis furent remplacés par les Almohades jusqu'en 1229. En 1208, les Almohades nommèrent gouverneur un certain Abú Yahya, lequel se comporta de façon quasiment indépendante, reconnaissant toutefois une soumission de pure forme à l'émirat central almohade.
Les actes de piraterie avaient repris, ce qui détermina les cités commerçantes de Barcelone, Tarragone et Tortosa à solliciter l'aide du roi d'Aragon Jacques . En , il fut décidé qu'elles mettraient à disposition les vaisseaux nécessaires à une expédition, les chevaliers aragonais (les plus nombreux) et catalans devant recevoir en paiement de leurs services le butin et les territoires à conquérir sur l'ennemi.
L'expédition en vue de la conquête de Majorque, comprenant et partît de Salou, en Catalogne, débarqua à Santa Ponça et défit l'armée musulmane à la bataille de Portopí le . En décembre, Palma fut prise et ses habitants passés au fil de l'épée. Le grand nombre de cadavres eut d'ailleurs pour conséquence de provoquer une épidémie qui décima l'armée des vainqueurs. En outre, les disputes au sujet de la répartition du butin semèrent la zizanie dans les troupes des conquérants. Mais l'île fut soumise en quelques mois. Seule une petite poche de résistance subsista jusqu'en 1232 dans la Serra de Tramuntana. La population musulmane s'était enfuie vers l'Afrique ou fut réduite en esclavage.
Le repeuplement de l'île fut assuré majoritairement par des Espagnols, mais également par un grand nombre de Français venant du LanguedocA Lecoy de la Marche, Les relations politiques de la France et du Royaume de Majorque, compte rendu, Trudon des Ormes Amédée, Bibliothèque de l'école des chartes , Année 1893, Volume 54, Numéro 1, ..
À cette époque, les faïences de Majorque deviennent réputées. Elles connaîtront un essor considérable en Italie, sous la forme des majoliques..
En 1250, la basilique du monastère de Lluc abrite la vierge noire de Majorque, sainte patronne de l'île.
Le royaume de Majorque Dans son testament, Jacques avait prévu de diviser ses domaines par la création du royaume de Majorque, vassal du royaume d'Aragon et comprenant les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne, la seigneurie de Montpellier, la vicomté de Carladès et la baronnie d'Omelas. À sa mort, son fils Jacques prit le nom de Jacques II de Majorque et assuma le pouvoir dans le cadre d'une charte dite Carta de les Franqueses.
L'existence de ce royaume fut de courte durée car les souverains d’Aragon parvinrent à en reprendre possession en 1349 : la mort de Jacques III de Majorque à la bataille de Llucmajor contre son cousin Pierre IV d'Aragon, marque la fin du royaume. Cependant, et jusqu’à sa mort en 1404, sa fille Isabelle réfugiée en France au château de Gallargues, près de Montpellier, qui lui avait été cédé par le roi Charles VI, continua à revendiquer le titre de reine de Majorque. Majorque partagea ensuite le sort du royaume d’Aragon, intégré plus tard au royaume d'Espagne.
Renaissance et époque moderne Entre 1806 et 1808, l'astronome et scientifique français François Arago réalise des mesures de triangulation, dans des conditions rendues épiques par la reprise des hostilités entre la France et l'EspagneArago et Biot aux Baléares : la prolongation de la mesure du méridien de Paris, sur obspm.fr, consulté le 29 octobre 2017.
Il fixe ainsi le passage du méridien de Paris, qui longe Majorque par l'ouest, par l'îlot de la DragoneraVoyage pittoresque en Espagne, en Portugal et sur la Côte.
La capitale de l'île est brièvement appelée Palma de Majorque de 2012 à 2016. Le , le Parlement des Îles Baléares vote le retour à la dénomination officielle de PalmaBUTLLETÍ OFICIAL del PARLAMENT de les ILLES BALEARS, sur parlamentib.es, consulté le 29 octobre 2017...
Patrimoine mondial Le paysage culturel de la Serra de Tramuntana est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2011UNESCO Centre du patrimoine mondial.
Démographie L'île compte permanents (INE, 2019). Majorque est la plus peuplée des îles Baléares et la deuxième île la plus peuplée en Espagne après Tenerife dans les îles CanariesDatos oficiales del Instituto Nacional de Estadística, ver 01/01/2016, sur boe.es.
Palma, la ville principale regroupe (recensement INE, 2015), ce qui en fait la huitième ville d'Espagne, selon ce seul critère. Viennent ensuite les villes de Calvià et de Manacor, par volume d'habitants.
Escorca est la commune la moins peuplée, avec moins de .
Compte tenu du tourisme massif, la notion de population doit être appréciée de manière relative.
Langues
Les langues officielles à Majorque comme dans l'ensemble des îles Baléares sont le catalan et le castillan. La langue la plus ancienne encore pratiquée à Majorque est le catalan nommé localement . L’œuvre de l'apologiste majorquin chrétien Raymond Lulle contribue à la fixation du catalan écrit au « català », Gran Enciclopèdia Catalana..