Abel Chevalley, né le à Mouilleron-en-Pareds et mort le à ChançayNotice de la BnF., est un diplomate, poète et romancier français.

Son roman le plus connu est la La Bête du Gévaudan, régulièrement réédité jusqu’à aujourd’huiLa Bête du Gévaudan, Abel Chevalley, L’Éveilleur Editions, L’Éveilleur Aventurier, 2018., qui a servi de point de départ à de nombreuses théories sur la Bête du Gévaudan.

Biographie Jeunesse Né le à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), village de naissance de Georges Clemenceau et de De Lattre de Tassigny, Abel Chevalley est le fils aîné d’un horloger, Charles Chevalley, émigrant suisse de religion protestante établi en Vendée, et de Marie Balin, fille adoptive du pasteur de Mouilleron. Élève brillant, il intègre l’École normale supérieure de Saint-Cloud, étudie en Angleterre, puis enseigne au Caire. Premier à l’agrégation d’anglais en 1897, il devient professeur à Paris et s’engage pour le renouveau de l’enseignement des langues. Parallèlement, il débute au journal Le Temps, où il traite de politique internationale et publie une biographie de la reine Victoria.

Carrière politique vignette|Abel Chevalley et Albert Thomas en partance pour la Russie, gare de Christiania, avril 1917 Repéré par Théophile Delcassé après l’Entente cordiale, Abel Chevalley devient consul général en Afrique du Sud (1905‑1910). Soutenu ensuite par Georges Clemenceau, il poursuit une carrière diplomatique : sous‑directeur d’Amérique au Quai d’Orsay, puis ministre plénipotentiaire en Norvège durant la Première Guerre mondiale, avant des missions en Prusse orientale et en Géorgie. En poste à Oslo, il œuvre à rapprocher la Norvège des Alliés et analyse les grands bouleversements géopolitiques du conflit.

Carrière littéraire vignette| Remise des résultats du vote du plébiscite d'Allenstein (1920)De santé fragile, critiqué au sein du Quai d'Orsay pour son anglophilie et ses liens avec Clemenceau (qui refuse de se présenter à la présidence en , après avoir été mis en minorité lors du vote préparatoire du groupe républicain à l'Assemblée nationale), Abel Chevalley quitte la carrière diplomatique pour se consacrer à la littérature.

Il avait publié dans sa jeunesse aux éditions Fischbacher des recueils de poésie: Première Étape (1894), Stèles et Cippes et Le Vain Exode (1896). Il publie simultanément à Oxford et à Paris Le Roman anglais de notre temps (1920). Il présente au public français et traduit les œuvres de Thomas Deloney aux éditions de la NRF (1926), et collabore comme critique littéraire à la Revue de Paris, au Mercure de France, à la Saturday Review of Literarure et à la Fortnightly Review.

Il prépare une série de trois récits qui sera publiée par les éditions NRF Gallimard en 1936, après sa mort, sous le titre Histoires Extraordinaires (La Bête du Gévaudan, Psalmanazar, l'Affaire Overbury).

Il est également l'auteur, avec sa femme Marguerite, du Concise Oxford French Dictionary (1934). Ils avaient déjà traduit le roman de James Stephens, Deirdre (1923), racontant ce mythe irlandais.

La Bête du Gévaudan Dans La Bête du Gévaudan publié à titre posthume en 1936, Abel Chevalley imagine un narrateur, Jacques Denis, qui écrit ses mémoires « entre 1815 et 1833 », sous le règne de Charles X. Né à Saint-Privat-du-Fau, ce dernier décrit l'affaire de la Bête du Gévaudan telle qu’il l’a vécue dans sa jeunesse en 1764, lorsqu’il était bergerLa Bête du Gévaudan, A .Chevalley, Paris, Gallimard, coll. « Histoires extraordinaires », 1936..

Ce procédé littéraire permet à Chevalley d'ancrer son récit dans le quotidien des paysans. En s’appuyant sur la tradition orale, il construit une trame fictive autour d'Antoine Chastel, le fils de Jean Chastel, figure marginale et mystérieuse qui aurait dressé une bête à tuer sous les ordres du comte de Morangiès.

En incriminant la famille Chastel, Chevalley ouvre la voie à une série d’interprétations qui va inspirer des auteurs comme Henri PourratHistoire fidèle de la Bête du Gévaudan, Pourrat, Clermont-Ferrand, Éditions de l'Épervier, 1946., Michel LouisLa Bête du Gévaudan, l'innocence des loups, Michel Louis, Perrin, coll. « Vérités et légendes », 1992., ou Gérard MénatoryLa Bête du Gévaudan : histoire, légende, réalité, Gérard Ménatory, Mende, 1976. pour leurs livres respectifs. Ce roman a progressivement été tenu pour un fait historiqueLa Bête du Gévaudan était-elle dressée pour tuer ?, Thibaut Solano, journaliste au quotidien La Montagne., alors même qu’aucun élément incontestable n’en confirme la véracitéLa bête du Gévaudan, Jean-Marc Moriceau, Larousse, coll. « L'histoire comme un roman », 2008..

Vie privée Abel Chevalley épouse Marguerite Sabatier (1880-1979), fille du théologien réformé français Auguste Louis Sabatier. Leur fils, Claude Chevalley, mathématicien est cofondateur du groupe Bourbaki.

Abel Chevalley meurt le à Chançay.

Publications Première Étape (1894), Recueil de poésies Stèles et Cippes, Au pays d'Égypte, Recueil de poésies, Éditions Fischbacher, Paris, 64 p., 1896 (FRBNF30235918) Le Vain Exode (1896), Recueil de poésies La reine Victoria, sa vie, son rôle, son règne, Éditions Delagrave, Paris, 433 p., 1902 (FRBNF30235920) Le Roman anglais de notre temps, Éditions Humphrey Milford - Oxford Univ. Press, 256 p, 1921 (FRBNF31940380); coédition : Éditions Gallimard, collection Blanche, 1921 Documentation sur Pierre Berger, dans Dossiers biographiques Boutillier du Retail, Éditions du Mercure de France, collection : Recueil. Dossiers biographiques Boutillier du Retail.Coupures de presse relatives à des personnalités françaises et étrangères, Paris, 1927 Le Norvégien Hans Kinck 1865-1926, Éditions du Mercure de France, , pages 737 à 739 (FRBNF38704440) Thomas Hardy, dans Revue de Paris, 35è année, , pages 697 à 707 (FRBNF38697641). Concise Oxford French Dictionary (1934) avec son épouse Marguerite et Louis Auguste Sabatier, présentation en ligne.

Notes et références

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