Le dispondée (grec ancien δισπόνδειος, dispondeios, « double spondée », de δὶς, « deux », et σπονδεῖος, « spondée » ; latin dispondeus), est un pied tétrasyllabique de la métrique antique, notamment grecque et latine, composé de quatre syllabes longues et de huit mores. Son schéma métrique est : | — — — — |.
Il peut se décomposer en deux spondées : | — — | — — |, et apparaît comme une clausule dans la prose classique, notamment chez Cicéron.
Cursus dispondaïque
La clausule, suivant qu’elle clôture membre ou période, sonne comme l’annonce du final ou le final lui-même, qui vient confirmer l’effet d’annonce déjà perçu par l’auditeur.
Les clausules ordinaires de Thucydide sont dispondaïques (| — — — — |) ou ditrochaïques (| — ∪ — ∪ |)Gauthier Liberman, Les préliminaires de la guerre. Prolégomènes à la lecture du premier livre de Thucydide, Bordeaux, Ausonius Éditions, 2017, chapitre 10 : « Aperçus sur le style de l’immortalité ou l’écriture thucydidéenne », p. 145, note 16..
Les quatre formes de clausules latines en usage jusqu’au , tombées en désuétude à peu près complètement ensuite, puis remises à l’honneur à partir de la fin du , sont le cursus planus (accent sur la et la syllabe à partir de la fin : « paténter osténde »), le cursus tardus (accent sur la et la syllabe : « imiteréntur collégiis »), le cursus velox (où l’accent est placé sur la et la syllabe : « méruit obtinére »), le cursus trispondaïque (latin trispondaicus), parfois appelé dispondaïque (latin dispondaicus), avec accent sur la et la syllabe : « sacraménta provocárent » ou encore « ob opére cessabas ».
Dans le sacramentaire léonien (livre liturgique achevé vers le ), sur plus de 1 030 oraisons, deux seules ne se terminent pas par l’une de ces quatre finales Louis Laurand, Manuel des études grecques et latines, tome VI, cité par l’abbé Jean-Paul André dans Fausse et vraie liturgie romaine d´après le Magistère et la somme théologique de saint Thomas d´Aquin, Amis de saint François de Sales, 2001..
Notes et références
Bibliographie Alphonse Dain, Traité de métrique grecque, Paris, Klincksieck, 1965. Sophie Minon, « L'ordre des mots en prose grecque de registre soutenu : gradation et discontinuité de saillance », Klincksieck, Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, tome XCI, 2017/2, pp. 89-118, DOI : 10.3917/phil.912.0089. URL : https://www.cairn.info/revue-de-philologie-litterature-et-histoire-anciennes-2017-2-page-89.htm.
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