Le Figaro est un journal quotidien de la presse nationale française publié à Paris.
Il est fondé en tant que journal littéraire et satirique en 1826, ce qui fait de lui l'un des plus anciens périodiques de la presse française encore publié.
Depuis la Libération, sa ligne éditoriale est issue des trois grandes familles de la droite (gaulliste, libérale et conservatrice) selon le spectre politique habituellement utilisé. Principalement lu par des sympathisants de droite ou de centre droit, il est le deuxième titre de la presse nationale française, avec une diffusion de en 2025.
Positionné comme un journal de référence et souvent considéré comme tel., Le Figaro est édité par la Société du Figaro .
Présentation Le titre du périodique provient du personnage de Figaro inventé par Beaumarchais, héros du Barbier de Séville, du Mariage de Figaro et de la Mère coupable.
Inscrite sous son titre, la devise du Figaro est :
Ligne éditoriale Le Figaro, d'après son directeur, se considère comme un journal de droite et de centre droit« Le Figaro s'assume du centre et de droite », Europe 1, le 21 septembre 2009., étant le point de jonction de plusieurs grands courants d'idées ancrés dans cette ligne. Il s'agit principalement du libéralisme classique ou l'éclectisme libéralAlain-Gérard Slama, « Le Figaro, ou de l'éclectisme libéral », Le Figaro, le 15 octobre 2007. jumelé avec un conservatisme social. Il est aussi souvent classé comme gardien de l’éclectisme culturel de la droite française par ses oppositions à la Commune de Paris, au communisme, ou par ses sympathies gaullistes., ou encore par son attachement au système républicain. L'un des slogans de sa campagne publicitaire de 2005 était .
En , un texte de la Société des journalistes du Figaro dénonce la ligne éditoriale de son journal, qu'elle considère comme étant un soutien important aux différents gouvernements de droite qui se sont succédé dans les années 2000..Étienne Mougeotte n'entend pas changer la ligne du "Figaro", lemonde.fr, 10 février 2012..
En , son directeur général, Alexis Brézet, définit ainsi l’esprit du quotidien qu’il dirige : tout en se réclamant d’une Alexis Brézet, « Le Figaro se réinvente », Le Figaro, 28 mars 2013, ..
Sous Alexis Brézet, la ligne éditoriale est décrite comme se rapprochant de l'extrême droite. Selon Le Monde en 2021, cela commence avec le soutien à Éric Zemmour maintenu en poste par Étienne Mougeotte malgré ses propos polémiques et sa condamnation pour provocation à la haine raciale en et son soutien sous Alexis Brézet quand il est candidat à l'élection présidentielle de 2022. Pour Télérama en 2024, l'entrisme de l'extrême droite a commencé il y a dix ans.. Selon Arrêt sur images, « La rédaction du Figaro s'inquiète pour la ligne éditoriale du journal, qui "s'extrême-droitise" à bas bruit ».. Alors qu'une partie de la rédaction entretient des liens avec ce courant politique, une autre partie de la rédaction s'inquiète de l'extrême-droitisation de leur journal, notamment après la publication en 2024 d'un billet du directeur des rédactions Alexis Brézet, interprété comme un appel à l'union des droites, alliant LR et le RN, qu'il juge préférable à un vote à gauche. 110 journalistes du Figaro signent un texte intitulé « Le Figaro se définit-il encore comme un journal libéral, conservateur, proeuropéen et opposé à l’extrême droite ? » et la société des journalistes du quotidien demande des explications..
Par ailleurs, la ligne résolument pro-nucléaire défendue par Alexis Brézet est dénoncée en interne et la Société des journalistes fait part en d'un traitement peu rigoureux des articles sur les énergies renouvelables, eu égard à la publication de plusieurs tribunes et articles, dont l'un portant sur les et , appuyé par le témoignage d'un géobiologue.
Identité visuelle
Histoire du journal Aîné de la presse française avec la Revue des Deux Mondes, Le Figaro fait partie des plus vieux journaux du monde. Il naît en 1826 sous la forme d’un petit hebdomadaire satirique, devient quotidien en 1866 sous l’impulsion d’Hippolyte de Villemessant, et connaît son âge d'or à la Belle Époque ; des chroniques littéraires aux petites annonces, la bourgeoisie française et l'aristocratie étrangère se reconnaissent dans Le Figaro comme les milieux populaires se retrouvent dans les colonnes des « quatre grands » de l’époque (République du Croissant). En 1944, Le Figaro est ramené vers le libéralisme modéré de la droite classique par la reprise en main de Pierre Brisson qui fait du Figaro un journal triomphant de la Libération. La prospérité de la « maison Figaro » accompagne celle des Trente Glorieuses : le Figaro reste le journal qui a choyé de .
Premier Figaro : un journal satirique atypique (1826-1854) vignette|Premier numéro, daté du « au 14 » janvier 1826. Le , sous la Restauration, paraît Le Figaro, hebdomadaire satirique à Paris, opposé au régime de . Il est fondé sous l'impulsion d'un chansonnier, Maurice Alhoy, ainsi que de l'écrivain et homme politique, Étienne Arago. Le « journal satirique, spirituel et batailleur » est baptisé du nom d'un personnage de Beaumarchais pour faire un pied-de-nez à la censure monarchique. Il se présente sous un format de quatre pages petit-folio et est publié avec de nombreuses interruptions.
Auguste Le Poitevin de L'Égreville. devient directeur de publication en ; il lui donne du 22 au le nom Le Nouveau Figaro, avant de reprendre le nom Le Figaro.. Il vend le journal en 1827 pour la somme de à Victor Bohain. Parmi ses premiers rédacteurs, on trouve Félix Davin, Léon Gozlan, Michel Masson, Auguste Jal, Jules Janin, Alphonse Karr, Nestor Roqueplan, George Sand, Jules Sandeau. Le journal littéraire aux discours satiriques manie le rire et l’allusion politique afin de aux royalistes : ainsi la devise , toujours mentionnée en bas à droite dans les premiers numéros est particulièrement provocante car elle détourne celle des ultras du début de la Restauration, . De fait, Le Figaro est un journal royaliste mais qui se pose en adversaire des ultra-royalistes qui appuient Fabrice Erre, « Le premier Figaro : un journal satirique atypique (1826-1834) », Centre de recherche en histoire du ..
Après la chute de Charles X, il accueille favorablement la révolution de Juillet. parce que le vieux titre a contribué au renversement du régimeClaude Bellanger, Jacques Godechot, Pierre Guiral, Fernand Terrou [dir.], Histoire générale de la presse française, Paris, PUF, tome 2, 1969, .. Son directeur Victor Bohain y gagne alors une place de préfet de la Charente. Le journal garde cependant son indépendance d'esprit et, sous la direction d'Henri de Latouche, se montre ensuite très critique envers la monarchie de JuilletCharles Ledré, La Presse à l’assaut de la monarchie : 1815-1848, Paris, Armand Colin, Kiosque, 1960..
En 1832, les éléments républicains du vieux titre étant neutralisés et écartés, Le Figaro est racheté par les monarchistes pour contrer un front satirique mené par La Caricature. Il perd son inventivité satirique à cette occasionFabrice Erre, « Les discours politiques de la presse satirique. Étude des réactions à l’« attentat horrible » du 19 novembre 1832 », Revue d’histoire du , , 2004, .. Fin 1833, jusqu'en 1854, l' essuie neuf échecs lors des différentes tentatives de relance.
Émile Gaboriau, auteur d'un ouvrage sur les premiers « Figaro » en 1861, rappelle les raisons de ses succès ou de ses échecsÉmile Gaboriau, L’Ancien « Figaro », Paris, Dentu, 1861, . :
Peut-être l'épilogue est-il pour cette publication de devenir un journal respecté et de restaurer sa position d'électron sur l'échiquier politique.
Résurrection du journal : Le Figaro de Villemessant (1854-1879) vignette| Titre du , 2 avril 1854, illustré par un bois figurant Figaro et une citation extraite du Barbier de Séville (Fonds BNF). vignette|Hippolyte de Villemessant a fait du Figaro une nouvelle force dans le champ littéraire.
Le , sous l'impulsion d'Hippolyte de Villemessant et de son directeur, Zacharias Dollingen (1808-1878), Le Figaro est reprisCette reprise suscitera, trente ans plus tard, cette raillerie d’Octave Mirbeau qui écrira, dans Les Grimaces, le : .. Demeurant un hebdomadaire, titré à ses débuts Figaro, journal non politique, il est surtout parisien et littéraire. Partageant d'abord la rédaction en chef avec Benoît Jouvin, Hippolyte de Villemessant, qui se sépare de Dollingen le suivant Sophie Spandonis, « Un monde entier à remuer : la vie et l'esprit parisiens dans la Gazette de Paris de Dollingen (1856-1859) », SERD, août 2018., sait d'emblée s'entourer de rédacteurs talentueux (Charles Baudelaire, frères Goncourt) et innove : il crée des rubriques permanentes, dans lesquelles les lecteurs se retrouvent, et insère des brèves, une rubrique nécrologique et un courrier des lecteurs. Il est aussi l'instigateur de la rubrique « Échos », qui fait le succès du journal, avec force calembours, anecdotes, indiscrétions et potins, qui donnent aux lecteurs l'impression d'appartenir à un public de privilégiés mis dans la confidence. Le succès du Figaro est tel qu'Hippolyte de Villemessant décide de doubler la fréquence de parution de son hebdomadaire dominical le . Le journal devient bihebdomadaire et paraît alors le jeudi et le dimanche..
Dès la parution des Fleurs du Mal en 1857, Gustave Bourdin réagit avec virulence dans les colonnes du Figaro du : .. Cette appréciation totalement négative devient le jugement dominant de l'époque et l'article est à l'origine des ennuis judiciaires de Baudelaire, de la censure et de la condamnation des Fleurs du mal..
Des chroniques littéraires aux petites annonces, la bourgeoisie française se reconnaît dans Le Figaro comme les milieux populaires se retrouvent dans les colonnes des « quatre grands » de l’époque. Le Figaro se positionne aussi comme l’un des principaux journaux du monde parisien.. Ainsi Alphonse Daudet a écrit dans ses célèbres Mémoires, en 1891, que le Figaro avait Alphonse Daudet, Trente ans de Paris à travers ma vie et mes livres, Lemerre, 1891, .. C'est ..
vignette|Pierre-Auguste Renoir, Madame Monet lit Le Figaro (vers 1872-1874), Lisbonne, musée Calouste-Gulbenkian.
Durant l'année 1863, un concurrent quotidien apparaît : Le Petit Journal. En réaction, Hippolyte de Villemessant crée L'Événement, quotidien lui aussi, refusant d'engager Le Figaro dans la bataille. Le Petit Journal sort vainqueur de cette confrontation et L'Événement disparaît peu de temps après, à la suite d'un article sur le droit des pauvres, qui aurait déplu au gouvernement de Napoléon III.
Le , Figaro change de nom pour Le Figaro et devient un quotidienChristine Leteinturier, Figaro (Le), universalis.fr.. Il connaît aussitôt du succès grâce à des contenus variés et de qualité. À cette époque, Le Figaro est l'un des premiers journaux à publier des grands reportages réalisés sur place, en France ou à l'étranger, par ses propres journalistes, comme Adrien Marx ou Gaston Vassy. En effet, en imposant une complicité malicieuse entre journaliste et lecteur, et une critique en matière de vie culturelle, de la littérature (poésie, roman naturaliste, théâtre), de la chronique mondaine à la vie musicale (il organise même des concerts de musique et au début des années 1920 ; Igor Stravinsky compose pour Le Figaro), le journal assume un véritable magistère, pas seulement critique, mais également créateur. Son style alerte et animé se démarque aussi du style terne de la presse de l'époque. Le tirage atteint alors les , dont . Le Figaro politique paraît en 1867. Il participe aux grandes affaires politiques du , dans lequel Henri Rochefort laisse libre cours à son talent de satiriste. L'apparition d'un tel journal s'explique par la libéralisation de l'Empire. Cependant, Henri Rochefort frise la censure. Hippolyte de Villemessant crée alors un journal pour lui : La Lanterne.