vignette|Laurent Koelliker, actuel Sautier, portant la masse lors de la célébration de l'Escalade en 2017. La masse du sautier, un bâton porté par le sautier, symbolise le pouvoir de la République et canton de Genève, en Suisse.
La première masse apparaît en . En , le port de la masse par le sautier est supprimé, mais Gustave Ador le rétablit en . Depuis , elle est présente lors de chaque défilé, cortège et cérémonie officielle du Grand Conseil ou du Conseil d'État genevois.
Sautier
La fonction de sautier est l'une des plus anciennes de la République, puisqu'elle est mentionnée pour la première fois dans un texte en .
Dès le , la ville de Genève compte au moins 16 guets, des gardes semblables à la police actuelle, qui patrouillent, notamment la nuit (d'où leur nom)Jaakko Ahokas propose 1528 comme premier emploi du mot « sautier » comme fonctionnaire régulier de la ville, obligatoirement citoyen de la Ville (p. 276). Gaudy-Lefort écrit que « la charge de sautier, l'époque de la dernière sommation de Gaillard, était chez nous une création toute nouvelle, car elle ne fut instituée qu'après l'alliance de 1526, et à l'exemple de Berne et de Fribourg ». Cependant le mot est employé dès le siècle précédent au moins.. Ces gardes sont sous les ordres du gros sautier, qui réside à la Maison de la Ville, agissant comme une sorte de conciergeLes ordonnances sur les offices de 1543 le précisent noir sur blanc: « Qu'il ait la garde de la Maison de la Ville comme concierge » (A.E.G., P.H. 1294, édité dans S.D.G., t. II, p. 430-431).. Il exerce de nombreuses fonctions qui varient au fil du temps. Il assiste aux séances du Conseil, transmet les ordres ou messages des autorités, convoque les habitants appelés par le Conseil, garde les prisonniers détenus dans la Maison de la Ville, procède à des saisies, estime les objets donnés comme gage, gère le chauffage et le stock de bois, etc. Il porte la livrée de la Ville jusqu'en , année où l'on préfère lui attribuer une « petite gaule noire », symbole de son office.
Aujourd'hui, dans le canton de Genève, le sautier de la République exerce les fonctions de secrétaire général du Grand Conseil et fait office d'organe de liaison entre celui-ci et le Conseil d'État. Dans les cortèges officiels, c'est lui qui porte la masse.
Utilisation Depuis , la masse est utilisée lors de chaque défilé, cortège et cérémonie officielle du Grand Conseil ou du Conseil d'État genevois.
Différentes masses vignette|La quatrième masse. vignette|La sixième masse. Au total, depuis , six masses se sont succédé :
Première masse La première masse est introduite en . Deuxième masse La deuxième masse aurait été utilisée vers le .
Troisième masse La troisième masse est utilisée pendant le . Celle-ci porte les symboles d'une oreille, d'un œil ouvert et d'une main écrivant.
Quatrième masse
La quatrième masse est utilisée jusqu'en , date à laquelle le port de la masse par le sautier est supprimé par le Conseil d'État.
Cinquième masse La cinquième masse est utilisée dès , lorsque Gustave Ador, alors Conseiller d'État, décide de réintroduire cette tradition à l'occasion du 600ᵉ anniversaire de la Confédération suisse. Offerte par Gustave Ador lui-même, cette masse représente les deux symboles du drapeau genevois : l'aigle tenant dans ses griffes la clé de Saint Pierre au-dessus d'une sphère de couleur azur. Elle est actuellement exposée dans la salle du Conseil d'État.
Sixième masse La sixième masse est celle utilisée actuellement. Datant de 1999, elle est offerte et décorée par le joaillier Gilbert Albert. Le fût est en chêne, symbolisant « force et longévité ». À l’extrémité inférieure, serti dans l’or, se trouve un éclat de granit provenant d’une des pierres du Niton (pierres servant de référence altimétrique en Suisse). À l’extrémité supérieure, un éclat de granit, rapporté du Mont-Blanc le par Horace-Bénédict de Saussure, est posé.
À la base de la sphère, quatorze cabochons, provenant de cailloux des quatorze cours d'eau genevois (l'Aire, l'Allondon, l'Arve, la Drize, le Foron, l'Hermance, la Laire, le Marquet-Gobé-Vengeron, le Nant d'Avril, le Rhône, la Seymaz, la Versoix et deux autres), ont été placés. La sphère elle-même évoque la géographie politique et la population du canton : l'artisan y a serti dans l’or les 45 écussons en émail des 45 communes genevoises actuelles, ainsi que ceux des trois anciennes communes des Eaux-Vives, de Plainpalais et du Petit-Saconnex, qui ont fusionné avec la Ville de Genève le .
Culture Depuis le , une ruelle est dénommée Ruelle du Sautier par le Conseil d'État. Celle-ci se situe entre la Grand-Rue et la Rue Saint-Germain, à proximité de l'église homonyme. Réputée comme étant la ruelle la plus petite de Genève, elle mesure deux mètres de largeur et douze mètres de longueur.
Références
Voir aussi
Sautier Grand Conseil du canton de Genève Conseil d'État du canton de Genève
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