Rosalie du Verdier de La Sorinière (en religion sœur Rosalie-Céleste), née le au château de la Sorinière près de Chemillé, en province d'Anjou et morte guillotinée à Angers le , est une religieuse bénédictine de Notre-Dame du Calvaire, martyre en haine de la foi et une bienheureuse. Elle fait partie du groupe des martyrs d'Angers : quatre-vingt dix-neuf victimes, parmi plus de plusieurs milliers fusillées à Avrillé ou guillotinées à Angers durant la répression de la guerre de Vendée.

Biographie Rosalie Marie Catherine du Verdier de La Sorinière est née dans le château de son père Claude François du Verdier de La Sorinière et de sa mère Aimée de Terves.

Entrée en religion Elle entre en 1763 au monastère Notre-Dame du Calvaire d'Angers et prend pour nom Rosalie-CélesteLa graphie adoptée quant à son nom de religion est celle qu'utilise l'ordre des bénédictines de Notre-Dame du Calvaire ; François Uzureau parle de Sœur Céleste.. De 1780 à 1790, elle est envoyée à Orléans où il reste seulement deux sœurs jansénistes très âgéesSite de l'ordre des bénédictines de Notre-Dame du Calvaire / Archives : « Une martyre de la Révolution française ».

La Constitution civile du clergé, prise par l'Assemblée nationale constituante en 1790, met notamment fin aux ordres religieux, mais leur permet d'être hébergés dans des "maisons de refuge", bien souvent les bâtiments des couvents déjà existants. Le , les bénédictines du Calvaire d'Angers doivent quitter leur couvent à cause des décrets des 17 et 18 août 1792, mettant fin aux maisons de refuge ; elles le font exceptionnellement en tenue séculièreTenue séculière : tenue laïque voir le CNRTL afin d'éviter les injures des patriotesVendée et Chouans / Note généalogique sur une religieuse morte en 1794 / 3 janvier 2019.

Implication dans la guerre de Vendée

En , sœur Rosalie-Céleste trouve refuge chez sa belle-sœur, (de son nom de jeune fille : Marie de La Dive, veuve de François du Verdier de La Sorinière depuis le ), qui a décidé de rester avec ses deux filles Catherine et Marie-Louise sur sa propriété du Champ-BlancCélestin Port Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire éditeur J. B. Dumoulin, 1874 au LongeronSabine Garnier L'expulsion des congrégations, un cas de conscience pour l'Armée, éditeur Francois-Xavier de Guibert 2017, Annexe 1 : Le martyre des dames de La Sorinière.

Les dames de la Sorinière ne sont pas inquiétées, tant que l'armée vendéenne est dans la région (de mars à ). Soutenant l'action des insurgés, elles exercent la charité et l'hospitalité envers eux ; , curé du Longeron et son vicaire résident alors avec elles.

Le l'armée vendéenne vaincue à la bataille de Cholet est acculée dans cette ville ; elle reflue vers la Loire et s'empresse de la traverser à Saint-Florent-le-Vieil pour rejoindre les autres troupes royalistes au nord du fleuve, entamant la Virée de Galerne. Désemparées, les dames de La Sorinière suivent l'armée vendéenne après son échec jusqu'à Saint-Florent-le-Vieil ; après cet épisode elles rentrent dans leur propriété du Champ-Blanc.

Arrestation Elles y sont encore quand le citoyen Lefort, membre du comité de surveillance révolutionnaire de Cholet décide de les arrêter sur dénonciation d'un homme que les insurgés avaient nommé « Grand Loup » et que Marie de La Dive avait secouru. Le 8 et , un mandat d'arrêt est donc lancé contre les Du Verdier de La Sorinière, femmes et filles, au Longeron. Les quatre membres de la famille de La Sorinière sont arrêtés ainsi que Françoise Fonteneau, leur domestique ; onze autres habitants de la même paroisse sont arrêtés également.

Elles comparaissent le à Cholet devant le Comité révolutionnaire. Il est procédé à leurs interrogatoires, d'où il ressort pour sœur Rosalie-Céleste les principaux faits reprochés : être allée à la messe des prêtres réfractaires et avoir reçu des nobles et des prêtres.

Exécution À Angers, dirigés par les représentants en mission Nicolas Hentz et Adrien Francastel, les prisonniers, hommes et femmes, passent en jugement sommaire devant les commissions militaires. Ils sont guillotinés sur la place du Ralliement (place Saint-Maurille avant le ) ou fusillés dans un champ désert de la ferme Desvallois d'Avrillé (du nom du propriétaire « patriote » de la Société de l'Ouest).

Les dames de La Sorinière et leur domestique sont détenues dans un premier temps à la prison de Cholet, puis elles sont transférées à Angers le à la prison nationale, place des Halles. Marie de La Dive et Rosalie du Verdier en sont extraites pour comparaître à l'ancien couvent des Jacobins, où elles sont condamnées à mort (les accusateurs demandent à sœur Rosalie-Céleste de quitter l'habit et d'abjurer, elle refuse pour la dernière fois).

Marie de la Dive est guillotinée le place du Ralliement à quatre heures de l'après-midi ; sœur Rosalie-Céleste le lendemain, même lieu à la même heure le . Catherine et Marie-Louise sont fusillées à Avrillé le 10 février 1794.

Mémoire et béatification L’église Saint-Pierre de Chemillé, dans la partie haute de sa nef à gauche, mémorise le souvenir des dames de la Sorinière : un vitrail représente l'arrestation au Longeron, de Marie de la Dive de la Davière, ses deux filles, sa belle-sœur et sa domestique Françoise Fonteneau ; ensuite sur l’échafaud, le , en présence de Rosalie (qui est guillotinée en fait, le lendemain).

Le Les Questions ecclésiastiques, 1913, p.231 Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes mises à mort en haine de la foi et de l’Église catholique, Noël Pinot est alors béatifié. Plus de 40 ans après, en 1949, le journal La Croix publie les noms proposés pour la béatification. En 1951 le procès est ouvert et le chanoine Tricoire, archiviste diocésain est chargé du procès de béatification qui aboutit le à un décret. La béatification est célébrée le au Vatican devant des milliers de fidèles venus de l'Ouest.

Fête et mémoire liturgique On fait mémoire (fête locale) de Rosalie du Verdier de La Sorinière le Bienheureuse Rosalie du Verdier de la Sorinière sur Nominis et le Bienheureux Martyrs d'Angers sur nominis.

Prénom

Bibliographie

Sur François Chamard on consultera avec profit : Le Révérendissime Père Dom Fr. Chamard (1828-1908), abbé de Saint-Martin de Ligugé en 1865 par Louis Alfred Perlat, 1875 édition, 1855 sur Google Livres

Notes et références Notes

Références François Uzureau

Autres références :

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