Le champ de tir du Bêle est un ancien centre d'entraînement de l'armée française situé sur la commune de Nantes, dans le département français de la Loire-Atlantique. Lieu d'exécutions d'otages et de résistants par la Wehrmacht entre 1941 et 1943, il est de nos jours un lieu de mémoire et de cérémonies en hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale.
Présentation Situation Le champ de tir du Bêle se situe rue Claude et Simone Millot à Nantes, dans le quartier de la Beaujoire au nord-est de la commune. La maison d'arrêt de Nantes, située rue de la Mainguais, a été édifiée sur ce même ancien terrain militaire, un peu plus au Nord-Est.
Historique Le champ de tir du Bêle est à l'origine dans le périmètre d'un camp de manœuvres militaire fondé en 1879. Dès la Première Guerre mondiale, le champ de tir est le théâtre d'exécutions capitales de condamnés à morts par les tribunaux militaires. Pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient le principal lieu d'exécution des résistants à NantesLa ville de Nantes est occupée par les troupes allemandes le 18 juin 1940 et libérée le 12 août 1944. Le premier d'entre eux à tomber sous les balles de l'Occupant est Marin Poirier, fusillé le . L'histoire du lieu est par la suite jalonnée de trois séries d'exécutions : le , 16 des 48 otages exécutés en représailles à l'assassinat de Karl Hotz y trouvent la mort. Parmi eux figurent Alexandre Fourny, Léon Jost, André Le Moal et Michel Dabat. Le même jour, 27 autres otages sont exécutés sur le site de la carrière de la sablière à Châteaubriant (parmi eux, Guy Môquet), et 5 autres au Mont ValérienChamp de tir du Bêle, panneau d’information consulté sur site le 10 novembre 2022 les , et , 37 condamnés à mort y sont exécutés à la suite du « procès des 42 »En réalité, ce sont 45 résistants communistes qui sont traduits devant le tribunal militaire allemand à partir du 15 janvier 1943. Ils doivent répondre de 49 chefs d'accusation : attentats, sabotage, destructions à l'usine des Batignolles, diffusion de tracts, vols de tickets de rationnement, etc., parmi lesquels Gaston Turpin. le , 11 résistants y sont fusillés sur les 15 condamnations à mort à l'issue du « procès des 16 »Les exécutions consécutives au « procès des 42 » n'interrompt pas les attentats et sabotages. Une nouvelle vague d'arrestations dans les rangs de la Résistance communiste de la Loire-Inférieure conduit à ce nouveau procès en août 1943 .
D'autres exécutions portent le total à 81 personnes fusillées au champ de tir du Bêle pendant la Seconde Guerre mondiale.
Lieu de mémoire Le , l'Association Nationale des Familles de Fusillés et Massacrés de la Résistance Française dépose une plaque en marbre sur laquelle est gravé le nom des hommes qui y ont été exécutés. Lors du cinquantième anniversaire de l'exécution des 50 otages en 1991, la municipalité nantaise inaugure le groupe statuaire « Les otages », œuvre de Jules ParessantVoir la liste des œuvres publiques à Nantes. En 2011, un totem mémoriel relatant l'histoire de ce lieu est installé. En 2018, une plaque présentant la liste corrigée des 81 hommes exécutés en ces lieux est apposée.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Histoire de Nantes Chronologie de Nantes Liste de massacres perpétrés par les forces allemandes en France durant la Seconde Guerre mondiale
Catégorie:Lieu d'exécution à Nantes Catégorie:Résistance à Nantes Catégorie:Mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France Catégorie:Massacre ou atrocité de la Seconde Guerre mondiale en France Catégorie:Nantes pendant la Seconde Guerre mondiale