L'affaire Yannick Poligné est une affaire judiciaire ayant mis en cause un prêtre français du diocèse de Rennes, Yannick Poligné, innocenté en 2025 d'accusations de viol aggravé sur la personne d'un adolescent de 15 ans le , lors d'un séjour à Paris sans rapport avec ses fonctions.
Interpellé la nuit même des faits, Yannick Poligné est mis en examen le des chefs de viol sur mineur aggravé par l'administration d'une substance nuisible à l'insu de la victime, provocation de mineur à l’usage de stupéfiants, mise en danger de la vie d’autrui et usage illicite de produits stupéfiants. Il est placé en détention provisoire, puis libéré sous contrôle judiciaire en 2023.
Le , le juge d'instruction ordonne un non-lieu pour les faits de nature sexuelle, concluant à un rapport « sans aucune notion de contrainte » et le renvoie devant le tribunal correctionnel de Paris pour usage de stupéfiants.
Mis en cause Né en 1970, Yannick Poligné grandit à Bais, village à l'est de Rennes (Ille-et-Vilaine) en Bretagne. Il est le quatrième enfant d'un père transporteur de porcs et d'une mère exploitante agricole. A 11 ans, il affirme à ses parents vouloir être prêtre. Après trois ans où il travaille dans une agence bancaire à Saint-Malo, il entre au séminaire.
Il est ordonné prêtre en 1999 à Rennes. Il séjourne dans une communauté de l'Arche à Bruz et passe par différentes paroisses de la métropole rennaise.. De à , il est curé de la paroisse Saint-Conwoion et de la paroisse Saint-Melaine dans le pays de Redon.. Il rejoint en 2014 la faculté jésuite de Bruxelles pour compléter ses études notamment en bioéthique . Pendant cette période, il intervient également lors de retraites au Foyer de charité de Tressaint.
Il est nommé en 2016 curé de la paroisse Saint-Louis-Marie en Brocéliande à Montfort-sur-Meu dans le diocèse de Rennes.. Il est alors responsable de la pastorale de la santé au niveau diocésain..
Déroulement des faits Le , les pompiers parisiens sont appelés au secours d'un adolescent de 15 ans « se plaignant de et de souffrir de après avoir été emmené dans un hôtel par un homme rencontré dans un bar. Il dira par la suite avoir fait la connaissance de cet homme, se présentant comme militaire, sur l'application de rencontres homosexuelles Grindr. où il prétendait être majeur.
Après avoir pris quelques verres dans un bar, le garçon suit Yannick Poligné dans sa chambre d'hôtel. où, selon ses déclarations, celui-ci lui propose de faire usage de drogues. Ils consomment ensemble des stupéfiants (de la 3-MMC et du GBL., un précurseur du GHB). Ils ont ensuite une relation sexuelle non protégée, qualifiée de violente par le garçon..
Malade à la suite de cette prise de stupéfiants, celui-ci se réveille peu après minuit et alerte des amies qui le géolocalisent grâce à son téléphone et informent les pompiers qui viennent le secourir et le transporter à l’hôpital... Yannick Poligné est arrêté dans la nuit du au . Il est soupçonné d'avoir administré ces produits à l'insu du jeune homme afin d’altérer son discernement et le contrôle de ses actes.
À l'issue de sa garde à vue, le , il est mis en examen pour des chefs de viol aggravé par l'administration d'une substance nuisible à l'insu de la victime, provocation de mineur à l’usage de stupéfiants, mise en danger de la vie d’autrui et usage illicite de produits stupéfiants.
Devant les enquêteurs, Yannick Poligné reconnaît la consommation des drogues ainsi que des relations sexuelles violentes avec le jeune homme, tout en plaidant que celui-ci était consentant et qu'il ignorait son âge réel, son partenaire ayant indiqué sur l’application Grindr être majeur. et lui-même n'étant pas intéressé par les mineurs. Il souligne que son traitement contre le VIH empêche sa transmission lors d’un rapport sexuel et nie catégoriquement avoir commis une infraction pénale. Cependant, il est placé en détention provisoire.
Réactions L'affaire provoque dans l'archidiocèse de Rennes. Son archevêque, Pierre d'Ornellas, déclare dans un communiqué paru le . Il annonce qu'il ira à la rencontre des fidèles de la paroisse Saint-Louis-Marie en Brocéliande dont Yannick Poligné était le curé. Il ajoute avoir ...
Selon une source proche du dossier, des fidèles du diocèse connaissaient l'homosexualité du prêtre et ses difficultés à maîtriser ses pulsions. Yannick Poligné aurait indiqué à son évêque et à ses paroissiens, devoir se rendre à Paris régulièrement pour être soigné d'un cancer. En réalité, il était suivi médicalement en raison de sa séropositivité au VIH. Sous trithérapie, il recevait des injections de botox pour masquer les effets du traitement sur les traits du visage. Lors de ses déplacements il avait régulièrement des relations sexuelles avec des hommes dans des hôtels parisiens, accompagnées parfois de prises de drogues.
Ses nombreuses absences et son changement de train de vie avaient été remarqués par ses paroissiens : il s'était acheté une voiture neuve et un appartement avec vue sur la mer à Saint-Malo. Yannick Poligné aurait hérité d'un million d'euros légué cinq ans auparavant par un couple dont il avait célébré l'union.
Les enquêtes de la gendarmerie et du diocèse n'ont relevé aucune accusation ni mauvais comportement auprès des jeunes de sa paroisse.
Non-lieu pour les faits de nature sexuelle Yannick Poligné est libéré sous contrôle judiciaire en 2023..
Le , à l'issue de l'enquête, le juge d'instruction chargé de l'affaire ordonne un non-lieu qui innocente Yannick Poligné de viol aggravé et des autres faits de nature sexuelle, concluant à un rapport « sans aucune notion de contrainte ». Cependant le juge renvoie Yannick Poligné devant le tribunal correctionnel pour usage de stupéfiants.
L'instruction a conclu à du mis en cause, mais à une absence de contrainte de sa part, et à la possibilité de se tromper de bonne foi sur l'âge de l'adolescent étant donné sa taille et sa corpulence...
La décision du juge s'appuie sur l'expertise psychiatrique mettant en relief .
Situation canonique Le , le diocèse de Rennes prend acte de la décision de la justice civile concernant le père Yannick Poligné et dit attendre le jugement du tribunal correctionnel ainsi que, s'agissant , la décision du Dicastère pour la Doctrine de la foi qui doit statuer sur la situation canonique du prêtre, suspendu depuis sa mise en examen de tout ministère pastoral..
Références
Articles connexes Abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique en France Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église
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