Les forêts de conifères d'altitude de Hokkaido sont une écorégion terrestre en Asie définie par le WWF, appartenant au biome des forêts de conifères tempérées. Elles couvrent plus de la moitié de Hokkaidō, l'île la plus septentrionale du Japon, dans les régions froides et montagneuses du nord et du centre de l'île. Le couvert boisé est composé principalement de conifères mêlés d'arbres à feuilles caduques et de bambous. Depuis deux siècles, la mise en valeur agricole, l'urbanisation et l'industrialisation ont affecté ses écosystèmes. Elle comprend plusieurs aires protégées à la biodiversité assez importante.

Situation et climat Les forêts couvrent environ 70% de la surface de Hokkaidō. Dans l'ouest et le sud-ouest prédomine la forêt décidue tandis que les conifères dominent dans le nord, l'est et le centre de l'île. La forêt de conifères occupe One Earth soit 55% de la superficie de la grande île.

Le massif volcanique du Daisetsuzan occupe le centre de l'île : son point culminant est le mont Asahi, un volcan actif qui culmine à .

Le climat est continental et humide à étés chauds avec une température moyenne annuelle de , variant entre pour le mois le plus chaud et pour le plus froid. À Wakkanai, à la pointe nord-ouest de l'île en face de Sakhaline, la température moyenne en janvier varie de -7 à . L'ensoleillement hivernal varie entre 39 h en janvier à Wakkanai et 178 h à Nemuro, à la pointe nord-est. vignette|gauche|Diagramme climatique de Wakkanai. La moyenne des précipitations est de ,. La côte est, longée par des courants froids, connaît des brumes épaisses pendant l'été . La côte nord, sur la mer d'Okhotsk, est gelée quatre mois par an.

Pendant la dernière période glaciaire , Hokkaidō et Sakhaline étaient reliées à la Sibérie et la forêt boréale, relativement pauvre en grands mammifères, s'étendait sur la plus grande partie de l'actuel Japon. Avec le réchauffement de l'Holocène, Hokkaidō s'est séparée du continent et couverte d'une forêt mixte de conifères et de feuillusCorinne Julien (dir.), Histoire de l'humanité, t. I: De la préhistoire aux débuts de la civilisation, UNESCO, 2000, p. 650-651 , . Avant la colonisation japonaise des , les plaines étaient à peu près désertes et la population autochtone, les Aïnous, chasseurs, cueilleurs et pêcheurs, résidait essentiellement sur les hauteurs.

Flore Le couvert boisé se constitue principalement du sapin de Sakhaline et du chêne de Mongolie avec plusieurs espèces de conifères, mélèzes et épicéas dont le plus typique est l'épicéa d'Ezo, et des feuillus comme l'Acer pictum (« érable peint ») et le bouleau d'Erman.

En haute montagne, le bouleau disparaît et l'espèce dominante est le pin nain de Sibérie qui forme des bosquets épais ; il cohabite avec deux espèces endémiques de plantaginacées, Lagotis takedana et Lagotis yeseoensi.

Dans l'est de l'île, la forêt décidue et mixte comprend des conifères, épicéa d'Ezo, sapin de Sakhaline, et des feuillus, chêne du Japon, orme du Japon, érable peint, tilleul du Japon ; en sous-bois, on trouve le bambou nain Sasa senanenis, les laîches Carex Sachalinensis var. sachalinensis et Carex pilosa, le Petasites japonicus subsp. giganteus, les orties Urtica platyphylla et Laportea bulbifera.

Le parc national de Kushiro Shitsugen, principale zone humide de l'île, abrite des espèces spécifiques comme la mâcre nageante et le nénuphar jaune.

Faune Depuis le , les Aïnous, peuple autochtone de Hokkaidō et de Sakhaline, chasseurs et pêcheurs, exportaient vers la Chine et le Japon des produits tels que la fourrure de loutre de mer et les plumes d'aigle, très appréciées pour faire l'empennage des flèches. Au , les îles Kouriles sont connues sous le nom de Rakkashima ou « îles des loutres de mer » ; leur fourrure passait pour remédier à l'hypotension ou à la variole. Les Aïnous exportaient aussi des rapaces vivants pour la fauconnerieRavalli, 2021, ch. 1 « Rakkoshima, the Sea Otter Islands »..

L'île abrite plus de de mammifères, notamment l'ours brun et une population nombreuse de cerfs sika (Cervus nippon), de reptiles dont les couleuvres Elaphe climacophora et Elaphe quadrivirgata, 4 d'amphibiens, Glandirana rugosa, Dryophytes japonicus Rana pirica et la salamandre du JaponWorld Species. On y trouve plus de d'oiseaux dont le grand-duc de Blakiston, rapace pêcheur très rare et menacé, le bruant auréole, lui aussi menacé. La grue du Japon a sa principale aire de reproduction et d'hivernage dans les marais du Kushiro. Le parc de Kushiro Shitsugen est aussi un des derniers habitats du huchon japonais, poisson salmonidé très menacé dont il ne reste que de rares populations dans le mondeRamsar-Wetlands: Kushiro-shitsugen, 1999..

Protection La forêt de Hokkaidō a connu une diminution sensible au cours du , passant de vers 1920 à vers 1955 et vers 1985, soit une perte de 7% due d'abord à l'agriculture puis à l'urbanisation. Les plantations de conifères ont en partie remplacé les feuillus : mélèzes dans les années 1950, sapin du Colorado dans les années 1970, épicéa après cette dateHimiyama 2002, . Les zones humides connaissent une diminution parallèle, tombant de vers 1920 à vers 1855 et vers 1985 ; tout au long de cette période, elles représentent 90% des aires humides du Japon. La plaine de l'Ishigari est pour sa plus grande partie convertie en rizières, celle du Tokachi en cultures sèches, celle de Sarobetsu en pâturages. La plaine du Kushiro, qui représentait 70% des zones humides de l'île, a perdu un quart de son espace inondéHimiyama 2002, .. Au cours des deux derniers siècles, le surpâturage du bétail, le prélèvement d'eau pour la culture du coton et du riz et l'énergie hydroélectrique, la pollution par les mines d'or et l'industrie ont détérioré les écosystèmes avant que des mesures de sauvegarde ne soient prises.

Les aires protégées représentent plus de soit 25% de la surface de l'écorégion. Le parc national de Daisetsuzan, créé en 1934, est la plus vaste aire protégée du Japon. Le parc national de Shiretoko a été créé en 1964. 15 sites ont été classés comme Zone importante pour la conservation des oiseaux. La plaine du Kushiro, classée Site Ramsar en 1980, est devenue en 1987 le premier parc national de zone humide au Japon. Cependant, ces réserves entraînent un afflux de touristes qui multiplie les infrastructures, routes, lodges, pistes de randonnée, créant une certaine pression sur le milieu naturel.

Le cerf sika est abondant dans l'île où, depuis les années 1980-1990, il a eu tendance à proliférer à partir du parc national d'Akan, amenant les autorités à prendre des mesures drastiques de contrôle de la population. Le broutage du cerf n'a guère d'effets négatifs sur les pousses de bambou Sasa senanensis et nipponica mais peut affecter des espèces plus fragiles comme Trillium et Thalictrum. Plusieurs espèces invasives se sont répandues dans les dernières décennies comme l'hermine, la belette d'Europe et le renard roux ainsi que, parmi les oiseaux, le canard colvert.

Voir aussi Références

Bibliographie Hokkaidō Montane Conifer Forests, One Earth, Ecoregion: Hokkaido Montane Conifer Forests, World Species

Yukio Himiyama et al., Land use changes in comparative perspective, CRC, Science Publishers, 2002, 286 p. Richard Ravalli, Sea Otter: A History, University of Nebraska, 2021

Information sheet on Ramsar-Wetlands: Kushiro-shitsugen, Ramsar,

Liens externes

Articles connexes Forêts décidues de Hokkaidō Forêts mixtes du Sud de Sakhaline et des Kouriles Forêts de conifères alpines de Honshu Forêts mixtes de Mandchourie

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