Les épitrites (grec ancien ἐπίτριτος, epitritos, « (un) agrandi du tiers » en référence au compte des mores du pied, 4 mores étant égaux à 3 + 1/3 de 3 ; latin epitritus ou epitritos) sont des pieds tétrasyllabiques de la métrique antique et notamment de la poésie grecque et latine. Ils sont composés de trois syllabes longues et d’une syllabe brève. Ces pieds contiennent 7 mores.

Selon la position de la brève, on distingue : l’épitrite premier de schéma métrique | ∪ — — — | avec 3 + 4 mores comme le mot latin sacerdotesExemple d'Augustin d'Hippone dans son traité De la musique, livre II, chap. VIII. ou les mots grecs καθίζηταιAristophane, Les Guêpes, v. 90., ἐφορμήσας l’épitrite deuxième de schéma | — ∪ — — | avec 3 + 4 mores comme en latin conditores ou en grec ἡ χελῑδών l’épitrite troisième de schéma | — — ∪ — | avec 4 + 3 mores comme Demosthenes ou τῶν σωμάτων l’épitrite quatrième de schéma | — — — ∪ | avec 4 + 3 mores comme Fescenninus ou κωλύσαντα

Les quatre variantes de pieds épitrites sont déjà énumérées par Denys le Grammairien. Le grammairien Héphestion d'Alexandrie mentionne des appellations alternatives, à savoir « karikos » (épitrite deuxième), « podios » (épitrite troisième) et « monogénès » (épitrite quatrième).

La poésie grecque utilisait principalement les deuxième et troisième épitrites ; le premier et le quatrième étaient considérés comme bancals par les Grecs.

Les vers dans lesquels alternent dactyles et épitrites sont appelés dactylo-épitrites, terme introduit par August Rossbach et Rudolf WestphalAugust Rossbach et Rudolf Westphal, Griechische Metrik nach den einzelnen Strophengattungen und metrischen Stilarten, Leipzig, Teubner, 1856.. Le terme s'applique aussi dans l’analyse des rythmes prosaïques, comme quand Jérôme de Stridon avec omnia volutari finit une période sur le schéma | — ∪ ∪ ∪ — — — |, c'est-à-dire dactyle + épitrite premierSaint Jérôme, In Ecclesiasten, IX, 7-8 ; exemple de cursus velox..

Notes et références

Bibliographie Alphonse Dain, Traité de métrique grecque, Paris, Klincksieck, 1965. Wilfried Neumaier, Antike Rhythmustheorien. Historische Form und aktuelle Substanz, Amsterdam, Grüner, 1989, , et suiv. , Handwörterbuch der griechischen Sprache, éd., Braunschweig, Vieweg & Sohn, 1914, vol. I, . Günther Schweikle et Dieter Burdorf (dir.), Metzler Lexikon Literatur. Begriffe und Definitionen, Stuttgart, Metzler, 2007, , et suiv., 199. Martin Litchfield West, Greek Metre, Oxford, Clarendon Press, 1982.

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