Lattentat d'Istanbul de 2022 est un attentat à la bombe commis le à Istanbul.., à côté de la place Taksim, dans l'avenue Istiklal, l'un des centres touristiques de la ville. L'avenue avait déjà été visée par des attentats avec le même mode opératoire en 2015 et 2016 par l'organisation État islamique. Cependant, aucun groupe n'a revendiqué l'attentat..
Selon les premiers bilans, six personnes sont décédées et 81 autres sont blessées.
Réaction gouvernementale et enquête Le jour suivant, le ministre de l’intérieur Süleyman Soylu accuse le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d'être à l'origine de l'attentat et annonce l'arrestation de la poseuse de bombe présumée et de 50 autres personnes. Il soutient que l'attaque a été ordonnée depuis la ville syrienne kurde de Kobané. Selon les autorités turques, la suspecte aurait admis avoir reçu l’« ordre » du « PKK-YPG-PYD ». Le gouvernement turc considère officiellement la milice kurde syrienne YPG (Unités de protection du peuple) et son bras politique PYD (Parti de l’union démocratique), comme des ramifications du PKK, ce qui a justifié plusieurs offensives militaires turques en Syrie en 2016, 2018 et 2019.
Le PKK transmet ses condoléances aux victimes et affirme qu'il n'a pas commis l'attentat et qu'il s'agit d'une mise en scène turque pour justifier une attaque sur Kobané. Les enquêteurs n'excluent pas la responsabilité de l'État islamique (ISIS). Les doutes s’épaississent alors que la presse turque révèle que le frère de la principale suspecte arrêtée, Ahlam Al-Bashir, est un haut gradé de l’Armée nationale syrienne, une coalition de groupes rebelles soutenue par Ankara, et que la terroriste présumée serait elle-même liée à la brigade Sultan Mourad, un groupe rebelle pro-turc qui combat les milices kurdes en Syrie.
Affirmant agir en représailles à cet attentat, la Turquie bombarde à partir du les régions kurdes de Syrie et d'Irak, tuant des dizaines de personnes.
Réactions dans la société turque Le dirigeant du Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kılıçdaroğlu, déclare aussitôt après l'attentat :
Le Comité dirigeant du Parti démocratique des peuples (HDP) a exprimé sa profonde tristesse ainsi que sa douleur face à l'attentat et a déclaré prier pour les victimes décédées et blessées.
Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan condamne à son tour l'attentat dans les heures qui suivent..
Dans les jours qui suivent, des responsables turcs plaident publiquement en faveur d’une nouvelle offensive militaire en Syrie contre les Kurdes syriens. Le président Erdogan annonce depuis le printemps 2022 une possible invasion à venir mais a jusqu'ici rencontré l'opposition des États-Unis et de la Russie. Selon Le Monde, « de nouvelles pressions en haut lieu, à Ankara, auraient été exercées et de manière encore plus explicite, mardi, dans le but d’accélérer une vaste intervention au sol. »
Réactions internationales Emmanuel Macron, le président de la République Française, condamne l'attentat et déclare : Le ministère des affaires étrangères de Grèce condamne l'attentat et déclare : Volodymyr Zelensky, le président de l'Ukraine, comdamne l'attentat et déclare : Arif Alvi, le Président de la république islamique du Pakistan et Shehbaz Sharif, premier ministre condamnent l'attentat et déclarent : Giorgia Meloni, la présidente du Conseil des ministres d'Italie, condamne l'attentat et déclare : James Cleverly, le secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement condamne l'attentat et déclare :
Censure Dans les minutes qui suivent l'attentat, une interdiction de diffusion est émise par le tribunal pénal d'Istanbul à l'encontre de tous les sites d'information et réseaux sociaux relayant l'incident. Il en résulte que la connexion Internet en Turquie est fortement ralentie, voire bloquée, particulièrement pour accéder aux réseaux sociaux... Les autorités turcs affirment que la suspecte est syrienne, d'autres sources disent que cette dernière est une Palestinienne native de la ville de Rafah.
Soupçons d'exploitation politique Le bureau anti-terroriste d'Istanbul décide de suspendre les droits de la défense des suspects mais aussi des internautes qui auraient partagé des au sujet de l'attentat sur les réseaux sociaux..
Une partie de l'opinion publique turque soupçonne un complot de l'État profond, connu pour son hostilité au mouvement kurde, visant à justifier une nouvelle offensive en Syrie. « Il y a des luttes au sein du pouvoir. Un camp souhaite adoucir la politique envers les Kurdes, l’autre s’inscrit dans une politique de refus et de négation de la question kurde qui dure depuis un siècle et favorise l’approche militaire. Ce sont des cercles extrêmement puissants », explique notamment Mahmut Alinak, avocat et ancien député kurde.
Notes et références
2022 Catégorie:2022 en Turquie Catégorie:Novembre 2022 Catégorie:Attentat à la bombe Catégorie:Explosion en 2022 Catégorie:Terrorisme en 2022