Jean Frédéric Fritz (ou Johann Friderich), baptisé le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un orfèvre actif à Strasbourg au Emmanuel Fritsch, « Fritz, Jean Frédéric », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 44, , .

Biographie Issu d'une famille protestante luthérienne, il est le fils de Jean Zacharie Fritz, menuisier à Strasbourg, et de Suzanne Fritschmann.

De 1735 à 1740, il effectue son apprentissage chez Jean Frédéric Imlin (1708-1763Jean-Daniel Ludmann, « Imlin, Jean-Frédéric », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 18, ). Puis, après son compagnonnage, le tribunal de la corporation de métiers de l’Échasse l'autorise à réaliser sa pièce de maîtrise. Son chef-d’œuvre est validé en 1751 ou en 1752, puisqu’il entre dans la corporation le et insculpe cette même année.

En 1758 il épouse Catherine Marguerite Vogt qui dirige l'atelier après son décès en 1780, en utilisant, suivant le règlement, un nouveau poinçon. Des documents d'archives confirment qu'elle occupait déjà un certain rôle dans l’atelier du vivant de son époux.

Le couple a un fils, Jean Geoffroy Fritz (1768-1823Emmanuel Fritsch, « Fritz, Jean Geoffroy », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 44, ), qui devient orfèvre à son tour et prend la succession en 1789 .

Œuvre Son atelier produit des pièces religieuses comme le ciboire« Ciboire », base Palissy de 1758 et l’ostensoir de 1769« Ostensoir », base Palissy à l’église Saint-Nabor de Lixhausen, mais principalement de l’orfèvrerie civile, en particulier le service de couverts à dessert qu’il exécuta en 1768 et qui appartint à la prestigieuse collection d’argenterie de Jacques Helft, vendue par Christie's à Monaco en 1989La collection privée d’argenterie de Jacques et Marianne Helft, Christie's Monaco, Monte Carlo, 3 décembre 1989, 105 p..

Le musée des arts décoratifs de Strasbourg détient notamment une cuiller à sucre de 1754, une paire de flambeaux de 1773, une chocolatière de coupe piriforme (vers 1775), un gobelet cylindrique, dit « de chasse », et un gobelet ovale, à quatre côtes pincées sur piédouche, avec la lettre d'année A couronné 1776 (qui servit de trophée agricole en 1781).

Issu de l'atelier, un porte-huilier, de style Louis XVI, est marqué de la lettre d'année A sous casque à panache (=1786).

Le Victoria and Albert Museum de Londres conserve un gobelet en argent doré réalisé en 1754 « Beaker », Victoria and Albert Museum .

On connaît de lui également un bougeoir de 1766 formant (Havdalah), un type de bougeoir doté d'un petit tiroir à compartiments contenant les épices qui s'était répandu dans la communauté juive d'Alsace et de Lorraine.

Le musée du Louvre possède un couvert à dessert armorié en vermeil à spatule terminée de chaque côté par une coquille (vers 1769« Couvert à dessert armorié », Collections du Louvre, OA 9796 ).

En 1777 il réalise un réchaud à alcool tripode en argent doré, figurant dans plusieurs expositions, à Strasbourg en 1948 (L'Alsace française 1648-1948) et à Paris (L'Orfèvrerie de Strasbourg) en 1964.

Notes et références

Bibliographie Emmanuel Fritsch, « Fritz, Jean Frédéric », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 44, ,

Hans Haug et Jacques Fischer, Le siècle d’or de l’orfèvrerie de Strasbourg. Exposition au profit de la collection d'orfèvrerie des musées de Strasbourg à Paris chez Jacques Kugel du 10 au 31 octobre 1964, Strasbourg, Presses de l'imprimerie strasbourgeoise, 1964, 107 p. + pl., (catalogue d'exposition)

Bilgi Kenber, François Baudequin, Nicolas Marischael, Paul Micio (et al.), Les cuillers à sucre dans l'orfèvrerie française du , Paris, Somogy, 2004, 255 p. (catalogue d'exposition)

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