thumb|right|Le royaume wisigoth de 418 à 575 :En rouge : royaume de Toulouse à l'origine En orange (foncé et pâle) : extension au En bleu : royaume franc de Clovis en 507 En violet : royaume des Burgondes en 507 En rouge et orange pale : territoires perdus par les Wisigoths en 507 (défaite face aux Francs)En vert : extension en 575 (royaume suève).
La guerre des Goths de 461 - 476 est un conflit entre les autorités de l’empire romain d'Occident et le royaume wisigoth de Toulouse, établi en 418 comme État fédéré dans le sud de la Gaule. Ce conflit s'achève par la victoire des Wisigoths du fait de l'abolition de l'empire d'Occident en 476
Les rois wisigoths de cette période sont Théodoric II (roi de 453 à 466) et Euric (de 466 à 484). Du côté impérial, se succèdent plusieurs empereurs dominés par la personnalité de leurs principaux généraux, notamment Ricimer (405-472) et Odoacre (433-493), qui après avoir déposé l'empereur Romulus Augustule devient le maître de l'Italie jusqu'à sa défaite face au roi ostrogoth Théodoric le Grand.
L'autorité des empereurs d'Occident, qui depuis 402 résident à Ravenne (ville succédant à Milan, Rome n'étant plus le lieu du gouvernement depuis la réforme de Dioclétien), ne s'exerce plus guère que sur l'Italie, et, à un moindre degré, dans quelques régions contrôlées par des généraux romains ou des rois germains fédérés.
La guerre de 461-476 vient peu après celle de 458, qui a vu l'empereur Majorien l'emporter à Arles sur l'armée de Théodoric II et imposer à celui-ci de revenir à la soumission. Mais après son échec à Carthagène face aux Vandales de Genséric en 460, Majorien est assassiné par Ricimer en 461.
Théodoric II, qui ne se sent pas lié au nouvel empereur, le sénateur Libius Severus, choisi par Ricimer, reprend sa politique d'expansion en Gaule et en Hispanie, d'autant plus que l'empereur d'Orient Léon ne reconnaît pas non plus Severus. Théodoric II est renversé (et assassiné) en 466 par son frère Euric, qui poursuit sa politique d'indépendance vis-à-vis des autorités de Ravenne. Lorsque Odoacre dépose l'empereur en 476, Euric prend le contrôle de la Narbonnaise deuxième, à l'est du Rhône, restant le maître de la Gaule de la Loire aux Alpes maritimes, ainsi que de la plus grande partie de l'Hispanie, à l'exception du territoire du royaume suève au nord-ouest de la péninsule.
Contexte L'empire romain au La réforme de Dioclétien, empereur de 284 à 305, instituant le système de la tétrarchie, aboutit à la division de l'empire entre empire d'Orient et empire d'Occident.
Au , le gouvernement de l'empire d'Occident réside à Ravenne (depuis 402, succédant à Milan), résidence de l'empereur titré « Auguste », alors que l'empereur (adjoint) titré « César » réside à Trèves, sur la Moselle. Il est à noter cependant que le Sénat reste à Rome, toujours capitale symbolique de l'empire, et .
L'empire d'Occident est divisé en deux préfectures du prétoire : la préfecture du prétoire des Gaules (Gaule, Bretagne, Hispanie), dont le chef-lieu est Trèves ; la préfecture du prétoire d'Italie (Italie, Dalmatie, Afrique).
Chacune des préfectures du prétoire est divisée en diocèses (par exemple : le diocèse de Vienne couvrant le sud de la Gaule).
Les diocèses sont divisés en provinces, beaucoup plus nombreuses qu'auparavant (par exemple, la Narbonnaise a été divisée en Narbonnaise I (Narbonne), Narbonnaise II (Arles) et Viennoise (Vienne)).
Les Germains dans l'empire En 406 (le 31 décembre), les Vandales, les Suèves et les Burgondes font leur entrée dans l'empire et s'installent ensuite respectivement en Afrique, Galice et en Germanie.
Les Wisigoths, entrés dans l'empire d'Orient dès les années 370 (bataille d'Andrinople, 378), sont parvenus à Rome en 410 et l'ont mise à sac. Puis des négociations avec les autorités de Ravenne, où règne l'empereur Honorius, ont abouti à la décision de les installer comme fédérés dans le sud de la Gaule.
Le royaume wisigoth de Toulouse Le roi wisigoth Athaulf, qui règne de 410 à 415, s'établit à Narbonne. Son successeur, Wallia, continue l’expansion amorcée par Athaulf vers l’Espagne. En 418, le futur Constance III fait promulguer un décret installant les fédérés wisigoths sur le territoire de l’Aquitaine seconde (entre la Garonne et la Loire) et de la Novempopulanie (entre Garonne et Pyrénées).
C’est le successeur de Wallia, Théodoric , qui règne de 418 à 451, qui complète leur installation en Gaule en faisant de Toulouse sa capitale. Toulouse (Tolosa) est en Narbonnaise première, mais à la limite de l'Aquitaine troisième.
Théodoric meurt à la bataille contre les Huns en 451. Thorismond lui succède, mais est assassiné par son frère Théodoric en 453. Théodoric II, prince romanisé, soutient après la mort de l'empereur Pétrone Maxime (455), son ancien précepteur Avitus, préfet du prétoire des Gaules, contre Majorien, qui l'emporte en 456.
Prélude : la guerre des Goths de 458 thumb|left|L’Empire romain d’Occident à son apogée (395). En bleu : nom des peuples extérieurs à l'empire.
Situation de l'empire d'Occident à l'avènement de Majorien Lorsque Majorien (457-461) prend le pouvoir après avoir vaincu Avitus à PlaisanceDans le nord de l'Italie, Plaisance est un carrefour de voies romaines., les Wisigoths (au sud de la Loire) et les Burgondes (dans le nord de la Narbonnaise) sont maitres d’une partie notable de la Gaule et de l’Espagne, dont le nord-ouest est tenu par les Suèves. Le pouvoir impérial est dans l'ensemble très limité, sauf en Italie, menacée cependant par les Vandales installés en Afrique autour de Carthage. La situation est similaire dans les Balkans..
Militaire de profession, Majorien connait la Gaule où il a commencé sa carrière sous les ordres d'AetiusSidoine Apollinaire, Carmina, V. 198-200. Par la suite, il a occupé le poste de commandant de la garde impériale sous Valentinien III (425-455), Pétrone Maxime (mars-mai 455) et Avitus (455-456). Arrivé au pouvoir son premier objectif est de rétablir l’autorité impériale sur l’ensemble de l’empire d’Occident qui, pour l’instant, se limite à l’Italie, au sud de la Narbonnaise (Narbonnaise deuxième, chef-lieu : Arles) et au sud de l’Espagne. Ne comptant pas trop sur le patrice Ricimer, issu des familles royales suève et wisigothiques, Majorien nomme un de ses amis, Ægidius, magister militum per Gallias (« maître des armées dans les Gaules »), afin de rétablir l’ordre en Gaule, de mettre au pas l’aristocratie gallo-romaine et de chasser les Burgondes.
Défaite des Wisigoths à Arles (458) Au moment de la chute d'Avitus, le roi des Wisigoths Théodoric II et son frère Frédéric mènent campagne en Espagne contre les Suèves.
Après avoir vaincu à l’été 457 un groupe de Vandales débarqué en CampanieSidoine Apollinaire, Carmina, V. 385-440, Majorien se dirige vers la Gaule avec son armée, qui inclut d'ailleurs de nombreux soldats germaniquesSidoine Apollinaire, Carmina, V. 474-477, première étape d’une reconquête de l’Afrique du nord en passant par l'Hispanie.
Rentrant victorieux de ses campagnes en Hispanie, Théodoric II (qui en tant que soutien d'Avitus est un adversaire de Majorien) doit affronter Majorien (avec Aegidius et Nepotianus), aux environs d'Arles. Les Wisigoths sont vaincus et Théodoric II doit battre en retraite. Mais Majorien préfère faire la paix avec les Wisigoths et négocie un traité d'allégeance avec Théodoric, qui renonce à la Narbonnaise première (SeptimanieLa Septimanie correspond à l'époque franque à la partie occidentale de l'ancienne province romaine de Gaule narbonnaise.) et restitue les territoires repris aux Suèves en Hispanie. Théodoric accepte donc de reprendre son statut officiel de fédéré dans l'empire romain.
L’Empire romain d’Occident de 458 à 468
Règne de Majorien après la victoire d'Arles
thumb|right|Durant les quatre années de son règne Majorien reprit la majeure partie de l’Hispanie et du sud de la Gaule.
Campagne contre les Burgondes Majorien envoie des messagers en Espagne annoncer sa victoire sur les Wisigoths et son traité avec Théodoric IIHydace, 197, s.a. 459; Grégoire de Tours, Historia Francorum, II.11..
Il s’installe alors pour deux ans à Arles, laissant l'Italie à la garde de Ricimer. Il mène d'abord une campagne contre les Burgondes, installés autour de Genève et de Lyon. Majorien entre dans la vallée du RhônePriscus, fragment 27. et prend d’assaut la ville de Lyon. Les Burgondes doivent à leur tour reconnaitre la souveraineté de impériale..
Ayant ainsi repris le contrôle du sud de la Gaule (le nord étant sous le contrôle d'Aegidius, successeur d'Aetius), Majorien peut se tourner vers l'Hispanie, dont il espère se servir comme base pour la reconquête de l’Afrique sur les Vandales.
Préparatifs contre les Vandales À Carthagène, il fait rassembler une flotte de trois cents navires avec lesquels il compte traverser le détroit de GibraltarProcope, Bellum Vandalicum 7.4-13. En même temps, une campagne contre les Suèves occupe toute l’année 459, sous la conduite de Nepotianus et du Wisigoth Sunieric, qui en 460, battent les Suèves à Lugo et à Santarém.
Le roi vandale Genséric tente de négocier la paix avec Majorien, mais en vain. Il décide alors de dévaster la Maurétanie et fait lui aussi préparer une flotte pour repousser toute attaque par mer.
Échec de la campagne contre les Vandales (460) En 460, l’empereur quitte Arles à la tête de son armée, fait une entrée triomphale à Saragosse et atteint Carthagène. Malheureusement, sa flotte, en rade à Santa Pola, est détruite par des agents au service des VandalesChronica gallica anno 511 Hydace, 200, s.a. 460, de sorte que Majorien abandonne l’idée de poursuivre sa campagne.
Il rentre à Arles où il licencie les unités auxiliaires, laissant le reste de l’armée sous le commandement d’Aegidius et repart pour Ravenne en 461 avec seulement d’une garde réduite. Pendant son séjour hors d'Italie, Ricimer et un groupe d'aristocrates d'Italie décidé de se débarrasser de Majorien, qui a échoué face aux Vandales.
Destitution de Majorien par Ricimer La fin du règne de Majorien est sujet à désaccords entre les sources antiques. Selon certains auteurs, Majorien aurait été arrêté par Ricimer à Tortone, non loin de Plaisance, puis déposé (3 août) et exécuté quatre jours plus tardJean d’Antioche, fragment 203 ; Marcellinus, s.a. 461. ProcopeProcope VII.14-15 ne mentionne pas le retour d’Espagne, écrivant que l’empereur est de dysenterie, mais il s'agit peut-être une fausse nouvelle émanant de Ricimer..
Victor de Tunnuna écrit que Majorien a rejoint Rome où il aurait été assassiné en 463Hydace, Chronica, s.a. 463.
Le gouvernement de Ricimer en Italie (461-472) thumb|right|Les Empires romains d’Orient et d’Occident en 450.
Ricimer dans le système impérial Fils du roi suève de Galice (Espagne) Rechila par son père et du roi des Wisigoths, Wallia par sa mère, arien de surcroit, Ricimer ne peut accéder au trône impérial. Il est cependant le véritable maitre à Ravenne jusqu’à sa mort en 472. Mais il doit tenir compte de diverses oppositions à son pouvoir en Occident, ainsi que de la politique de l'empereur d'Orient, qui est à ce moment préoccupé par la question des Vandales. Ricimer ne peut pas se permettre de se faire un ennemi de celui-ci, qui est alors Léon (de 457 à 474)
Règne de Libius Severus