La Brousse en folie est une série de bande dessinée créée par Bernard Berger en 1983. Il n'y a pas réellement d'histoire, ni de vrais héros, chaque album se compose en fait de diverses histoires en une planche dans une petite ville de Nouvelle-Calédonie. Toutefois, certains albums disposent d'une trame de fond générale, notamment dans le cadre de voyages des personnages principaux à l'extérieur de leurs villages (en Australie dans On a marché sur la Golcôsse, en France métropolitaine dans Vingt deux mille lieues sur la mer ou à Nouméa dans Nouméa Texas), autour d'évènements particuliers (la grossesse de Mimine et la naissance de Kakounette dans Le Meilleur des Mandes) ou en se concentrant sur certains personnages (par exemple Petit bateau mais gros la cale sur les aventures des enfants des personnages principaux ou sur les « Zoreilles » en général dans Les zozos du paradis).

Les personnages On rencontre pas mal de personnages dans cette bande dessinée, les principaux sont : « Tonton Marcel, éleveur ... coup de chasse, coup de pêche, coup de fête et coup de gueule ». Archétype du « Broussard », ou Caldoche de Brousse, c'est potentiellement le « héros » de la série s'il devait y en avoir un. Il est râleur, coléreux, têtu, buveur, légèrement de mauvaise foi et menteur, mais ingénieux et disposant en définitive d'un bon fond. Petit, au nez d'aigle imposant et portant la barbe en collier, ses attributs sont son stetson, ses claquettes qu'il a toujours au pied (trait que l'auteur reconnaît être « exagéré : l'éleveur n'en porte pas pour travailler, à cheval ce n'est pas pratique »), sa chemise hawaïenne à fleurs (là encore, Bernard Berger admet qu'elle « est un peu surréaliste : les Broussards n'en portaient pas vraiment sauf pour les opportunités festives »), son fusil de chasse, sa vieille « benne » (pick-up), sa plate (ou bateau, « Mimine II »), son chien (ou clebs') préféré Massis (à prononcer « Massisse », « chien bleu » doué d'une intelligence particulièrement développée qui passe son temps à commenter la situation par des commentaires plutôt sarcastiques, à poursuivre les voitures en aboyant et à accompagner son maître à la chasse ou à la pêche, il a pour compagnon deux autres chiens au rôle plus secondaire : Bonus Boy qui ressemble à un « cochon sournois » et Tino Rossi qui est un « grand chien au regard abruti et aux oreilles trouées par une volée de plombs de chasse ») et sa topette (canette de bière, bien sûr de la Number one, éventuellement un verre de whisky glasse qu'il déguste à l'apéro devant un épisode de Dallas, Santa Barbara ou autre feuilleton). Il vit dans sa « station » entre deux « coups d'chasse » (au « cerff » ou à la roussette) et « coups d'pêche » (pêche au crabe de palétuvier dans la mangrove, « coup de plonge » ou chasse sous-marine, « coup de dérive » ou pêche à la dérive depuis son bateau dans le lagon). Il est marié à Mimine, en l'honneur de qui sa « plate » (ou bateau) est baptisé « Mimine II », fermière légèrement enrobée qui s'attache à faire tenir sa maison et son exploitation, excellente cuisinière et ayant un aussi fort caractère que son époux (entraînant d'inévitables « coups d'gueule »), le couple s'appelle affectueusement « Ma saumonée » et « Mon dawa ». Ils ont ensemble deux enfants : Fifils, l'aîné, longtemps fils unique dans la série, jeune garçon jamais à court d'idée pour faire des bêtises avec ses compères Adrien et Kévin, son père est l'une de ses cibles favorites ce qui lui vaut d'être régulièrement poursuivi par la redoutable « Vout voute » (botte secrète de Marcel qui jette à grande vitesse sa claquette comme un boomerang), il ne se sépare jamais de son « bibiche » et apprécie peu l'école, il a les traits, de même que ses copains, d'un adolescent dans les cinq premiers albums, puis est rajeuni (et rétréci) pour prendre son apparence définitive de garçonnet d'une dizaine d'années ; Kakounette, dont la naissance est le sujet principal du tome 14 Le meilleur des Mandes. Les autres personnages de la famille de Tonton Marcel (dont le nom n'a toujours pas été dévoilé à ce jour) comprennent son grand-père qui n'apparaît que dans une seule planche du premier album, et sa belle-mère Mémé Yéyette. Mère de Mimine apparue pour la première fois dans le tome 7 Lagoon blues, elle entretient avec son gendre des relations orageuses (ayant tous deux à peu près le même caractère), est particulièrement myope et a ainsi tendance à tirer sur tout ce qui bouge (confondant notamment les roussettes et les grenouilles), ne se sépare jamais de son cochon Jesse Cook (animal gâté par sa maîtresse, au mauvais caractère et s'amusant à faire perdre ses nerfs à Tonton Marcel) et est indissociable de sa réplique « Banjouuurr toun mande ». « Dédé, indigène autochtone mélanésien, canaque, kanak ... ». L'un des deux meilleurs amis de Tonton Marcel avec Tathan, il est son compagnon privilégié de chasse, de pêche et d'apéro. Un peu gros (même s'il s'est légèrement arrondi au fil des albums), au nez rond et fort, aux cheveux crépus et marchant pied nu, il est d'un naturel plus calme que Tonton Marcel et aborde la vie avec philosophie et « bon sens ». Il est toujours vêtu d'un débardeur (ou « marcel ») blanc et d'un short. Il vit à la tribu des cascades (tribu fictive), mais est pratiquement toujours aux côtés de Marcel. Il est marié à Joséphine, femme kanak douce et travailleuse, généralement vue en train de tresser des feuilles de cocotier ou de préparer le bougna, elle est amie avec les autres femmes de la série. Ensemble, ils ont deux enfants, là aussi un garçon et une fille : Adrien, se reconnaissant facilement à la goute de morve qui dégouline en permanence de son nez (et avec laquelle il s'amuse parfois à jouer au Yo-yo), il est le compagnon de jeu (et de bêtises) de Fifils et de Kévin, et est en quelque sorte le « timide » de la bande ; Dorothée, aux grands yeux et à la chevelure imposante, « toujours dans les jupons de sa mère » et meilleure amie de Capucine avec laquelle elle ne rate pas une occasion de traiter avec un certain mépris aux trois garçons de la bande pour leurs bêtises incessantes. Son neveu, Baptisse, apparu dès le premier album mais réellement développé par l'auteur à partir du tome 15 Le jour le plus lent, est la caricature du « jeune kanak fainéant », cherchant par tous les moyens à s'insérer, sans grand succès, dans le monde du travail mais se faisant remarquer par son caractère affable et généreux, au contraire de son acolyte Woin Woin conçu pour être son antithèse totale : de petite taille, il porte un bob aux couleurs de la Jamaïque, il est particulièrement abject et est avant tout un profiteur. « Tathan, made in Asia, vend à tout ce qui bouge. » Le « chinois » de la série, en fait Asiatique sans réelle précision quant au pays dont il serait originaire, il représente selon l'auteur « la communauté asiatique commerçante qu'on retrouve un peu partout en Nouvelle-Calédonie et dans le monde en général ». C'est l'autre meilleur ami de Tonton Marcel avec Dédé, et les accompagne quelquefois à la chasse ou à la pêche. Mais il est surtout présent derrière la caisse de son épicerie, principal commerce du village dans lequel tout (ou presque) peut être trouvé (il a été jusqu'à essayer, avec la collaboration de Dédé, de lancer une marque de bougna en conserve, sans réel succès) et qui sert de point de ralliement aux personnages principaux de la bande dessinée. Grand et sec, sa chevelure est marquée par une longue mèche noire s'avançant sur l'avant lui donnant un aspect proche des personnages de manga. Il est marié à Mandarine, elle aussi d'origine asiatique et ayant sensiblement la même mentalité que son mari (notamment en ce qui concerne la recherche de rentabilité de la boutique), c'est elle qui prépare les « barquettes » de plats cuisinés et les nems que Tathan vend, gère le stock et en quelque sorte la comptabilité de l'établissement. Le couple s'appelle affectueusement « Mon canard laqué » et « Mon porc au suc' ». Ils ont là encore deux enfants, un garçon et une fille : Kévin, troisième membre de la bande des garçons terribles du village avec Fifils et Adrien, il fait partager à ces derniers les jouets sophistiqués et modernes que ses parents lui importent d'Asie (consoles de jeu, « bibiche » métallique) ; Téthine, née dans le tome 14 Le meilleur des Mandes, un peu avant Kakounette, elle apparaît toutefois moins que cette dernière. « Joinville, métrofonctionnaire a tous les diplômes. Il a tout vu, tout lu et touché la prime. » Il est lui l'archétype du « Zoreille », fonctionnaire métropolitain venu travailler sur le « Caillou ». Pétri de bonnes intentions, d'un naturel exalté, enthousiaste, photographiant tout ce qui bouge, presque candide, sa « perfection morale » apparente ne sert qu'à souligner les travers des autres personnages. De plus, il agace au départ par son ton moralisateur, un côté pédant ne manquant pas une occasion d'étaler sa culture et un style plutôt « m'as tu vu », mais finit par s'imposer au fil des albums, devenant en un sens sympathique et s'intégrant petit à petit au sein de la « bande de copains » que forment Tonton Marcel, Dédé et Tathan. Petit et grassouillet, il porte de grosses lunettes, un polo, un short et des chaussures fermées. Il habite dans un logement de fonction « en dur ». Son épouse n'a pas de prénom et est appelée « ma chérie » par son mari, « maman » par sa fille ou « Madame Joinville » par les autres personnages. Elle est souriante, cultivée et aimable, et dispose du même enthousiasme et de la même joie de vivre exacerbés que Joinville. Ils ont une fille, Capucine, petite fille modèle, blonde à tâche de rousseurs, qui se trouve dans la même classe que Fifils, Adrien, Kévin et Dorothée. Elle en est la meilleure élève et a, comme son père, un côté moralisateur qui lui vaut de réprimander régulièrement les trois garçons. Elle se retrouve néanmoins parfois entraînée malgré elle dans leurs aventures, tandis que Fifils semble avoir un léger faible pour elle.

D'autres personnages récurrents ont acquis une existence à part entière au fil des albums, sans jamais avoir la même place que les personnages principaux. Parmi ceux-ci peuvent être cités : les gendarmes, présents dès le premier album mais qui ne trouvent une apparence fixe qu'à partir du tome 9 Les zozos du paradis à travers deux personnages stéréotypés : l'ancien gendarme, petit gros à l'imposant nez rouge et à la petite moustache noire, « franchouillard » et blasé, ayant tendance à être découragé par les habitants de la localité et leurs écarts permanents vis-à-vis de la loi ; le jeune « bleu », tout juste arrivé, grand et sec, conservant la conviction et le zèle que son supérieur a perdu, il cherche par tous les moyens à s'intégrer. Ils cherchent par tous les moyens, et parfois par des stratagèmes compliqués, à « coincer » les différents protagonistes de la série, en particulier Tonton Marcel. Les griefs que les représentants de la loi ont contre lui sont nombreux : chasse et pêche hors saison, excès de vitesse (et de boisson), conduite d'un véhicule largement hors normes, entre autres.