Victoire Bauduceau, épouse Revéillère, née le à Thouars dans les Deux-Sèvres et morte le à Avrillé en Maine-et-Loire, est une des quatre-vingt-dix-neuf martyrs d'Angers. Elle est déclarée Bienheureuse par le pape Jean-Paul II, en 1984.
Biographie Victoire Bauduceau est la fille de Laurent Bauduceau (1712-1783) et de Marie Chachereau (1706-1782). Elle se marie le , à Doué-la-Fontaine avec Gilles Jacques Revéillère. Ils ont pour fille Victoire Marie Revéillère (1766-1835).
Contre l'avis de son époux, Victoire Bauduceau désire que le mariage de sa fille Victoire-Marie soit célébré par un prêtre non constitutionnel. Pour cela, elle obtient du frère de son futur gendre François Tharreau, administrateur du district de Cholet, une ordonnance du juge Gennet, ancien sénéchal de Cholet, pour que le mariage de sa fille puisse être célébré par le ministre religieux de son choix.
Ce mariage est célébré par l'abbé Coulommier, curé non constitutionnel, qui est ensuite déporté en Espagne en 1796. Cet épisode est à l'origine de son arrestation par le comité révolutionnaire de Cholet.
Arrestation et détention Une des premières arrestations faite par le comité révolutionnaire de Cholet est donc celle de Victoire Bauduceau et de l'une de ses filles, Renée, le . La famille riche, influente et presque toute patriote, fait aussitôt de nombreuses démarches près de Robin pour obtenir, sinon la liberté de leurs parentes, au moins qu'elles soient dispensées de la prison. Robin y consent sous caution du citoyen Combault, vrai républicain. Elles sont mises en résidence surveillée à leur domicile et non en prison au début, grâce à leurs relations.
Le , Victoire Bauduceau est réellement internée avec sa fille Marie par un nouveau comité révolutionnaire, puis transférée à la prison d'Angers. Elle est incarcérée le dans l'ancien couvent du calvaire d'Angers. Joseph Clemenceau, qui dirige le tribunal révolutionnaire d'Angers, indique : .
De nombreux certificats de républicains sont envoyés en sa faveur. Victoire Bauduceau reconnaît que des ossements découverts à son domicile y ont été apportés par un officier patriote qui . Un capitaine et un médecin quartier-maître du corps de cavalerie de la Haute-Vienne certifient que c'est eux qui avaient déposé le squelette dans la chambre qu'ils avaient occupée.
Gilles Revéillère n'est pas témoin pendant le procès de sa femme Marie Bauduceau et ne semble pas y assister ; il est alors à Nantes, apparemment malade. Revéillère ne semble pas avoir fait beaucoup d'efforts pour tirer sa femme des mains du terrible tribunal. Il en a fait davantage pour lui-même quand il a eu à se défendre devant la commission militaire de Nantes. Suspect et dénoncé par des réfugiés choletais, il est emprisonné à la prison des Saintes-Claires à Nantes en (après la mort de sa femme). Il comparaît le devant la commission militaire présidée par Lenoir. Devant la production de certificats de civisme il est libéré en .
Exécution
Entre avril et , près de sont fusillées à Avrillé dans le champ de la ferme Desvallois. Appelé par la suite « Champ des Martyrs » le lieu où se déroulèrent ces exécutions, est devenu un lieu de pèlerinage en Anjou ; une chapelle dédiée à Saint-Louis y est édifiée en 1852.
Avec 163 femmes de la prison du calvaire d'Angers, Victoire Bauduceau y est transportée et fusillée le .
Béatification En 1905, Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes d'Avrillé et d'Angers mises à mort en haine de la foi et de l’Église catholique. Une procédure canonique de béatification est alors lancée. Le décret proclamant le martyre de quatre-vingt-dix-neuf de ces victimes est promulgué le : ce sont les Martyrs d'Angers. Leur béatification est célébrée solennellement le par le pape Jean-Paul II à la basilique Saint-Pierre de Rome.
Fête Le et le .
Prénom Victoire
Références
Bibliographie
Liens externes
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