Le BWRX-300 est un petit réacteur nucléaire modulaire abrégé PRM ou SMR () d'une puissance de , et développé par . Il s'agit d'un réacteur à eau bouillante dérivé du réacteur de forte puissance ESBWR également développé par GEH.
Le débute la construction du premier BWRX-300 à la centrale nucléaire de Darlington au Canada.
De nombreux autres projets sont à l'étude au Canada, en Estonie, aux États-Unis, en Finlande, en Hongrie, en Lituanie, en Pologne ou encore en Suède.
Historique Le Département de l'Énergie des États-Unis (DOE) accorde en 2018 à GEH une subvention de pour effectuer des recherches sur les moyens de construire efficacement et de manière compétitive le BWRX-300. L'équipe de recherche comprend Bechtel, Exelon, GEH et le Massachusetts Institute of Technology (MIT). En 2020, il s'agit encore du seul PMR en cours de développement appartenant à la filière des réacteurs à eau bouillante.
Caractéristiques Le BWRX-300 est une évolution de faible puissance d'une conception antérieure de GE Hitachi, le réacteur à eau bouillante ESBWR.
Comme la plupart des réacteurs à eau bouillante, le BWRX-300 à un circuit primaire à basse pression pour évacuer la chaleur du cœur du réacteur où se produit la fission nucléaire. Une caractéristique distincte du BWRX-300 est une circulation de l'eau dans le cœur du réacteur par convection naturelle ; là ou la plupart des réacteurs nucléaires ont une circulation active de l'eau à l'aide de groupes motopompes électriques. Ce système présente des avantages à la fois en termes de simplicité et d'économie.
Le combustible nucléaire prévu est de l'uranium faiblement enrichi à 3,81% en moyenne, et jusqu'à 4,95% au maximum. La durée d'un cycle avant le prochain rechargement est de 12 à .
La durée de construction est estimée entre 24 et , avec utilisation de techniques de construction modulaire. L'îlot nucléaire d'un réacteur BWRX-300 occupe une surface équivalente à un terrain de football.
Sûreté Ce réacteur serait refroidi par la circulation naturelle de l'eau, ce qui le distinguerait de la plupart des centrales nucléaires qui nécessitent un refroidissement actif avec des pompes électriques. Le BWRX-300 serait doté d'une sécurité passive, en ce sens qu'aucune alimentation externe ni action de l'opérateur ne serait nécessaire pour maintenir un état sûr, même dans des circonstances extrêmes.
Immédiatement après l'arrêt d'un réacteur nucléaire, près de 7% de sa puissance de fonctionnement précédente continuent d'être générée, à partir de la désintégration des produits de fission à courte demi-vie. Dans les réacteurs conventionnels, en situation de perte des pompes normales de circulation l'élimination passive de cette chaleur de désintégration est dépendante de circuits de secours.
Sites en construction
Canada Le , Ontario Power Generation (OPG) sélectionne le BWRX-300 pour l'extension de sa centrale nucléaire de Darlington où sont déjà exploités quatre réacteurs CANDU.. En , OPG demande un permis de construction pour le réacteur. La société prévoit de prendre une décision de construction d'ici la fin 2024 et fixe une date de mise en service pour 2028.. Le début des pré-travaux de la première unité commencent au premier semestre 2024, avec un objectif de début de construction pour 2025. La construction du réacteur débute le . +BWRX-300 en constructionPaysSiteUnitéStatutPuissanceDébut de constructionPremière connexion au réseauMise en service commercialNette (MWe)Brute (MWe)Thermique (MWth)CanadaCentrale nucléaire de Darlington1En construction~2En projet3En projet4En projet
Sites envisagés +PaysSiteNombre d'unité envisagéePuissance totaleStatutRéférenceBulgariejusqu'à 6jusqu'à Lettre d'intentionCanadaSaskatchewan?En projetEstonie Kunda (comté de Viru-Nigula), ou Aa (comté de Lüganuse)2En projet + 2En projetÉtats-UnisClinch River (état du Tennessee)1En projetHongriejusqu'à 10jusqu'à Lettre d'intentionLituanie?Lettre d'intentionPologneDąbrowa Górnicza4En projetNowa Huta4En projetOstrołęka4En projetStawy Monowskie4En projetTarnobrzeg-Stalowa-Wola4En projetWłocławek4En projetSuèdeValdemarsvik4 à 6 à En projet
Bulgarie En , l'entreprise Bulgare signe une lettre d'intention avec l'entreprise polonaise pour un éventuel déploiement de jusqu'à six BWRX-300 en Bulgarie.
Canada Le , la Saskatchewan Power Corporation sélectionne le BWRX-300 pour un déploiement potentiel en Saskatchewan au milieu des années 2030.
Estonie En , l'entreprise Fermi Energia (formée par des professionnels de l'énergie et du nucléaire estoniens) annonce sélectionner le BWRX-300 pour le développement potentiel de SMR en Estonie à l'horizon 2030. Quatre réacteurs pourraient être construits pour un total de .
Fermi Energia dépose en auprès du ministère des Affaires économiques et des Communications estonien, une demande afin de débuter l'aménagement du territoire (dans la région de Virumaa au nord-est de l'Estonie) pour une centrale nucléaire de (soit deux BWRX-300). La phase de pré-sélection du site durera de 2025 à 2027, principalement entre les villages de Kunda dans le comté de Viru-Nigula, et celui de Aa dans le comté de Lüganuse. Les études de sites plus détaillées auront lieu de 2027 à 2029 après sélection du site.
L'objectif est de déposer un permis de construction en 2029 pour un début des travaux en 2031, et un premier réacteur opérationnel à l'horizon 2035.
États-Unis La Tennessee Valley Authority (TVA) obtient en 2019 un permis de construire anticipé de la part de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis pour la construction d'un SMR dans le Tennessee, sur un nouveau site nommé centrale nucléaire de Clinch River. Aucun modèle de PMR n'est alors défini. TVA s'associe en 2022 à GE Hitachi pour l'obtention d'un permis de construire et exploiter un réacteur BWRX-300 sur ce site.
En , TVA nomme des co-entrepreneurs dans le projet avec GE Hitachi, Bechtel et Sargent & Lundy. TVA et Bechtel ont déjà travaillé en commun dans le domaine du nucléaire pour la réalisation du réacteur de la centrale nucléaire de Watts Bar de 2007 à 2016.
Le projet est en phase de validation de l'estimation du planning et des coûts, estimés à 1 à par ses différents acteurs. TVA a jusqu'alors investi de dollars dans le projet. Le groupement demande auprès du Département de l'Énergie des États-Unis un financement de de dollars en soutien du projet. Selon le PDG de TVA, cela permettrait d'accélérer le développement de . L'objectif est une mise en service à l'horizon 2033.
Hongrie L'exploitant nucléaire hongrois Hunatom annonce à l'été 2025 une alliance avec l'entreprise polonaise Synthos Green Energy (détentrice européenne des droits du BWRX-300 en Europe) pour l'éventuelle implantation de ce modèle en Hongrie, jusqu'à un total de dix réacteurs.
Lituanie En , le groupe polonais SGE, l'exploitant de la centrale nucléaire d'Ignalina, Altra, et signent un protocole d'accord pour évaluer le potentiel des petits réacteurs modulaires BWRX-300 en Lituanie.
Pologne GE Hitachi, BWXT Canada et Synthos Green Energy (SGE) signent en une lettre d'intention pour le déploiement de BWRX-300 en Pologne à l'horizon 2030..
Début , - OSGE (coentreprise entre Orlen et le producteur de produits chimiques ) annonce la pré-sélection de sept sites pour le déploiement de BWRX-300 : Ostrołęka, Włocławek, Stawy Monowskie, Dąbrowa Górnicza, Nowa Huta, la zone économique spéciale de Tarnobrzeg-Stalowa-Wola, et Varsovie. Le même mois, le site de Varsovie n'est plus retenu pour la demande de décision de principe auprès du Ministère du Climat polonais. En , l'Agence nationale de l'énergie atomique, l'autorité dé sûreté polonaise, émet un avis général positif sur le BWRX-300 et atteste de sa conformité avec les normes de sûreté polonaises.
En , le directeur général de la protection de l'environnement entame la procédure de délivrance de la décision environnementale pour la construction de BWRX-300 à Stawy Monowskie, puis en août pour celle de Włocławek, et début septembre pour Ostrołęka.
En , le gouvernement accorde une décision de principe pour la construction d'un maximum de BWRX-300 sur ces six sites (soit un maximum de ). Orlen annonce en avoir sélectionner le site de Włocławek pour la construction du premier réacteur.
Suède et Finlande Le , Kärnfull Next signe un protocole d'accord avec GEH pour déployer le BWRX-300 en Suède.. Le site de Valdemarsvik dans le sud-ouest de la Suède est sélectionné en par Kärnfull Next pour le déploiement de quatre à six unités BWRX-300, soit une puissance totale de à . Le site déjà identifié dans les années 1970 pour l'implantation de réacteurs nucléaires, se situera à proximité d'industriels électro-intensifs à l'horizon 2030.
Fortum (exploitant de centrales nucléaires finlandaises et suédoises) retient en le BWRX-300 pour une potentielle implantation en Finlande et en Suède. Un accord de coopération est signé avec GEH en .
Liens externes
Site officiel - Le petit réacteur modulaire BWRX-300
Notes et références
Catégorie:Modèle de réacteur nucléaire