vignette|Des pick-ups garés devant un supermarché à Futuna en 2017. La voiture est le principal mode de transport à Wallis-et-Futuna depuis les années 2000. Les transports à Wallis-et-Futuna regroupent l'ensemble des moyens de locomotion et de déplacement utilisés par les habitants de la collectivité d'outre-mer française de Wallis-et-Futuna, ainsi que des personnes se rendant dans ces îles. Au cours de l'histoire de ces deux îles, les moyens de transport utilisé ont beaucoup changé : le cheval, arrivé en 1844, s'impose comme moyen de locomotion avant d'être détrôné dans les années 1980 par les scooters puis les voitures, celles-ci devenant de plus en plus nombreuses dans les années 2000. Les pêcheurs utilisent des pirogues à balancier jusqu'à la fin du , qui sont remplacées par des bateaux à moteur. L'avion fait son apparition avec la Seconde Guerre mondiale et une desserte aérienne inter-îles est mise en place dans les années 1970 entre l'aéroport de Wallis-Hihifo et l'aérodrome de Futuna pointe Vele.
Transports intérieurs
Premières routes et chemins vignette|Restes d'un fort tongien à Talietumu, dans le sud de Wallis. Avant l'arrivée des occidentaux à Wallis et à Futuna, la population se déplace exclusivement à pied. Les habitants sont regroupés dans des petits villages isolés les uns des autres et situés en bord de mer. Ils vivent de la pêche et de la cueillette.
De l'an 1000 à 1400 environ, pendant la période dite Atuvalu, la population wallisienne se sédentarise et se livre à l'agriculture, notamment la culture du taro. À partir de 1400, des Tongiens s'installent à Wallis et imposent peu à peu leur autorité. C'est notamment le cas du Tu'i Tonga Ga'asialili. Les Tongiens construisent de nombreux forts dans le district de Mu'a pour asseoir leur autorité, comme celui de Talietumu. Ils cherchent à se protéger des chefferies indépendantes du nord, à Hihifo. Les Tongiens font construire un grand réseau de routes pour relier toutes ces places défensives, signe d'une volonté de contrôler étroitement le territoire. Cela signifie également qu'ils sont capables de mobiliser la population wallisienne pour réaliser ces travaux, preuve de leur pouvoir politique. vignette|Route en terre menant au monastère du Carmel à Wallis. À Futuna, la pression tongienne pousse les habitants à quitter le bord de mer pour se réfugier dans les montagnes du centre de l'île. C'est le temps de la « terre ocre » (), qui s'étale sur un millier d'années, de 700 à 1700. Futuna est alors morcelée en de multiples groupes rivaux qui s'affrontent régulièrement, et qui s'abritent dans des forts : trente-cinq places fortifiées ont été recensées par les archéologues Bernard Vienne et Daniel Frimigacci. La période suivante de l'histoire futunienne est celle de la « terre brune », (), en référence à la terre brune des tarodières : les habitants quittent les montagnes pour s'installer de nouveau en bord de mer et cultiver le taro, et les différentes chefferies rivales finissent par fusionner et former les deux royaumes coutumiers d'Alo et de Sigave. C'est également le cas sur l'île voisine d'Alofi, séparée de Futuna par un chenal de , appelé en futunien., que les habitants franchissent en pirogue. Les Futuniens se rendent régulièrement à pied dans leurs plantations.
L'arrivée des missionnaires catholiques en 1837 change la donne : la population est christianisée en quelques années, les missionnaires mettent fin aux rivalités entre chefferies et participent à l'imposition d'une seule autorité à Wallis, tandis qu'à Futuna, ils figent la division de l'île entre le royaume d'Alo et de Sigave. Le Protectorat de Wallis-et-Futuna, instauré en 1888, entraîne la création de quelques routes à Wallis pour relier les principaux lieux de pouvoir (administration, palais royal d'Uvea...). Certains espaces, comme la forêt qui entoure le lac Lalolalo, sont considérés comme sacrés. Un chemin, dénommé (« chemin tabou »), délimité par des murets de pierre et dont certains vestiges subsistent encore à la fin du , a été tracé pour marquer cette zone et vérifier que les terres des familles habitant aux alentours n'y empiètent pas. L'entretien de ce chemin faisait partie des travaux collectifs imposés aux villageois et était effectué à tour de rôle par les habitants des trois districts de Wallis.
Le temps du cheval (1844 - années 1980)
Le premier cheval est apportés par les missionnaires français à Wallis, en 1844. Cet animal devient rapidement un moyen de locomotion utilisé par la population pour se déplacer, jusque dans les années 1970. Des courses de chevaux sont organisées en bord de mer le 14 juillet pour la fête nationale française. On compte alors près de mille chevaux à Wallis. Leur nombre diminue rapidement avec l'introduction des véhicules à moteur : en 1987, on en compte 75 à Wallis et un seul à Futuna, délaissés par la population et mal entretenus.
Voitures et deux-roues motorisés vignette|L'armée américaine débarque un canon de 155mm dans la baie de Gahi à Wallis en 1942. . Les véhicules motorisés arrivent progressivement à Wallis et Futuna : la première voiture est importée en 1928 à Wallis. C'est une camionnette Ford, offerte par l'évêque Joseph Blanc aux séminaristes pour les travaux des champs. En 1942, lorsque l'armée américaine débarque à Wallis, cette camionnette est devenue une irréparable.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée américaine fait arriver la civilisation technologique à Wallis., avec de très nombreux véhicules et engins motorisés complètement inconnus des Wallisiens : voitures, camions, bulldozers, canons, tanks, avions, etc. Les Américains construisent de nombreuses infrastructures sur l'île, qu'ils relient par des routes. L'une d'elles traverse une forêt considérée comme sacrée pour les Wallisiens, le autour du lac Lalolalo.. En 1944, l'armée américaine repart avec la majorité de son matériel.
Dans les années 1970, . Les quelques routes empruntables par des véhicules motorisés relient les principales institutions de l'île (administration, palais royal, etc). Les villages sont reliés entre eux par de petits chemins que l'on parcourt à pied. vignette|Une famille à Poi (Futuna) à l'arrière d'un pick-up Mitsubishi en 1994. Dans la décennie 1975-1985, le nombre de voitures importées augmente fortement : la population s'équipe de plus en plus de ces véhicules. La voiture est également un marqueur de réussite sociale, car il faut s'endetter pour pouvoir en acheter une. Le mode de vie occidental et ses biens de consommation est adopté par une partie de la population, notamment celle qui a émigré en Nouvelle-Calédonie. vignette|Un scooter à Wallis en 2012. Avant que la voiture ne s'impose, les deux roues à moteur remplacent progressivement le cheval : les scooters vespa, arrivés à Wallis-et-Futuna dans les années 1980, permettent d' et sont adaptés aux petits chemins. Dans les années 2020, les scooters sont surtout utilisés par les jeunes. vignette|Carcasse de voiture abandonnée au nord de Futuna, 2017. Dans les années 2000, les pick-up se généralisent dans les deux îles : ils permettent de circuler sur les routes comme sur les chemins, et de transporter des charges lourdes (outils, récoltes, cochons, etc.). En 2022, Wallis-et-Futuna compte sept concessionnaires automobiles, pour une population d'environ . Le nombre élevé de véhicules provoque des déchets et de la pollution : à Wallis, les carcasses des voitures abandonnées ne sont pas traitées ni exportées, mais sont rassemblées dans une décharge publique.
Réseau routier vignette|Un pick-up Toyota sur une route à Wallis. La première route à Wallis est tracée par l'armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale : d'une largeur de douze mètres, elle traverse l'intérieur de l'île. Après le passage au statut de territoire d'outre-mer en 1961, Wallis-et-Futuna bénéficie de nombreux investissements menés par l’État français. sont améliorées ; une route traversant Futuna est créée. Les routes sont d'abord faites de cailloux, avant d'être bitumées dans les années 1980 (la première route goudronnée est celle reliant l'aéroport de Hihifo à Mata Utu). De 1985 à 1988 est construite une route qui fait le tour de Futuna.
Le réseau routier de Wallis est constitué de 65 routes territoriales ( au total), dont trois principales. La RT1 fait le tour de l'île du nord au sud et passe par toutes les communes de l'île, la RT2 part du village de Alele, dessert l'aéroport de Hihifo puis traverse le centre de l'île jusqu'à Fineveke, près de Mala'etoli. La RT3 part de Mata Utu et traverse l'île d'est en ouest jusqu'à rejoindre la RT1 avant Ahoa. Viennent ensuite les routes de district, puis les routes de village.
Une route territoriale, la RT1, fait le tour de Futuna, et dessert les différents villages. En , l'île a été équipée de panneaux de signalisation, quasi inexistants jusque-là.
La plupart des routes sont bitumées, mais certaines (notamment une portion de la RT1 à l'ouest de Wallis) n'ont pas de revêtement. Les routes territoriales et de district sont entretenues par les Travaux Publics locaux et leur financement est assuré par l'Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna, via les dotations de l’État français. vignette|Une route goudronnée endommagée à Nuku, sur l'île de Futuna, en 2017. Le mauvais état du réseau routier provoque le mécontentement des habitants sur les deux îles. (2018). Parfois, les habitants eux-mêmes assurent l'entretien des routes - une situation qui était commune dans les années 1980. En , une pétition recueille plus de 1400 signatures à Wallis demandant l'amélioration des routes.
Les intempéries (fortes pluies) et les cyclones endommagent régulièrement les routes de Wallis-et-Futuna. Ainsi, après le passage du cyclone Thomas en 2010, il n'était plus possible de faire le tour de Futuna en voiture.
Transports extérieurs
Pirogues et voyages inter-îles vignette|Film montrant des Wallisiens sur des pirogues en 1943 à Wallis (film de l'armée américaine). La pêche côtière et les voyages entre les îles polynésiennes voisines s'effectuent à bord de pirogues, creusées dans des troncs d'arbre (parfois des pirogues à balancier). Les premiers habitants Lapita qui débarquent à Wallis ('Uvea), au millénaire , arrivent à bord de pirogues et s'installent à Utuleve, sur la côte ouest, « en face des trois grandes passes dans le récif ». (passes Avatolu, Fuga'uvea et Fatumanini). Les premiers habitants arrivent à Futuna vers 800 .. La pirogue est le mode de déplacement des Polynésiens, qui maintiennent des contacts fréquents entre les différentes îles. Même si Wallis et Futuna sont proches (entre un et sept jours de voyage en pirogue)., elles ont connu une histoire séparée et distincte.
Wallis a ainsi eu d'intenses contacts avec les Tonga : autour du , les Tongiens s'installent à Wallis et y laissent des chefs qui imposent une chefferie et une organisation sociale similaire à celle aux Tonga.. D'autres contacts ont lieu avec les Samoa et les Tokelau. 'Uvea a pu être le point de départ du peuplement de plusieurs exclaves polynésiennes aux îles Salomon : Anuta, Tikopia ainsi que Rennell et Bellona.. Les Uvéens sont à l'origine du peuplement de l'île d'Ouvéa, dans les îles Loyauté (Nouvelle-Calédonie)..
De même, Futuna entretient des liens avec plusieurs îles des Fidji (comme Cikobia et Naqelevu). et est à l'origine du peuplement de l'île de Futuna au Vanuatu..
Ces voyages inter-insulaires, appelés en wallisien., sont interdits par les missionnaires catholiques qui convertissent la population de ces deux îles dans les années 1840 : Wallis et Futuna se trouvent seules îles catholiques au milieu d'une région où les protestants sont très présents, et les maristes veulent éviter le contact avec ce qu'ils considèrent de mauvaises influences. En conséquence, Wallis-et-Futuna sont peu à peu coupées du monde extérieur.
Premiers navires occidentaux ()