En linguistique, le foisonnement (ou amplification, parfois étoffement ou dilution) est l'augmentation de la longueur d'un texte à la suite de sa traduction. Il peut se quantifier par le coefficient de foisonnement (ou taux de foisonnement) d'une traduction, calculé en rapportant la différence entre les nombres de mots à celui du texte initial.
Propriétés Ce n'est qu'à partir de la Renaissance que les traducteurs se soucient de l'économie de mots de leurs productions ; auparavant il est fréquent qu'on intercale explications, gloses ou ajout divers au texte de base.
Dans le cas général une traduction conduit à un taux de foisonnement positif (le texte obtenu contient plus de mots que le texte d'origine). Cette augmentation est le fruit cumulé : des caractéristiques objectives des deux langues, certaines étant plus synthétiques que d'autres ; du biais du traducteur, due à une méconnaissance des techniques de traduction ou à une faible maîtrise de la langue cible ; des méconnaissances supposées du lectorat de l’œuvre traduite, qui peut conduire le traducteur à expliciter une notion familière aux locuteurs de la langue d'origine ; voire enfin d'une incitation liée au fait que certaines agences de traduction facturent leurs prestations au nombre de mots de leurs productions.
Un foisonnement excessif peut nuire à la lisibilité de la traduction ou perturber la mise en page.
Ordres de grandeur Le français est généralement moins synthétique que les langues germaniques ou scandinaves, mais plus que d'autres langues latines : Allemand vers français : + à + (l'allemand, par son mécanisme de constitution de mots, est plus compact que le français : une est en un seul mot une bouteille d’eau minérale). Anglais vers français : + à + selon les auteurs, souvent + ; Français vers anglais : -. Néerlandais vers français : + ; Espagnol vers français : 0 à + ; Français vers espagnol : + Italien vers français : - ; Japonais vers français : -, en considérant chaque kanji comme un mot ; Russe vers français : - ; Arabe vers français : + à + . Les valeurs peuvent différer d'un domaine à un autre : en littérature scientifique il a été ainsi calculé pour des traductions de l'anglais vers le français des taux de foisonnement de + pour les textes de physique, de + pour les articles d'histoire et de + à + en économie. Sur un corpus de textes littéraires, des coefficients de + lors du passage de l'anglais au français et de + dans le sens inverse ont été quantifiés.
Les articles grammaticaux en français contribuent pour + au foisonnement de l'anglais vers le français.
Comparaisons en nombre de caractères Dans un corpus de textes juridiques de l'Union européenne établis en plusieurs langues, les dénombrements suivants ont été effectués : +LangueNombre de motsNombre de caractères, hors espacesNombre de caractères, espaces inclusesNombre moyen de lettres par motBulgare9293935,659Allemand7894926,752Anglais 8784845,364Finnois6794907,899Français (référence du tableau)1001001005,581Italien9697975,675Néerlandais8594926,147Polonais8295936,476Slovène8388875,946Espagnol1041021025,462Hongrois7092897,317 Les écarts en nombre de mots (ratio 1,55 entre le nombre de mots de la langue la moins et la plus synthétique ) s'amoindrissent lors d'un décompte en nombre de caractères (ratio 1,21), compte tenu de la taille moyenne des mots, qui diffère d'une langue à l'autre.
Références
Catégorie:Traductologie Catégorie:Comparaison des langues