Élise Journet, née vers 1806 et morte à Paris le , est une peintre et lithographe française.

Biographie Selon son acte de décès, Élise Marie Thomase Journet serait née vers 1806.

Élève de Jean Gigoux (1806-1894), elle expose aux Salons parisiens, de 1833 à 1845, et en province des portraits et des sujets de genre, ainsi que des natures mortes. gauche|vignette|Nature morte au homard, aux huitres et au poisson, vers 1830, localisation inconnue Au Salon de 1840, elle présente une évocation des derniers instants du peintre Eustache Lesueur qui, reproduit par la lithographie, a eu ensuite une certaine renommée.

En 1850, la ville de Meaux reçoit de l’État une Nature morte destinée à servir de récompense à un concours d'orphéons dans la cité meldoise. Dès cette année, Élise Journet commence à recevoir des indemnités de la part de l’ÉtatMarie-Elisabeth Antoine, Inventaire des papiers de la Division des sciences et lettres du Ministère de l'instruction publique et des services qui en sont issus: sous-série F17, Volume 2, Archives nationales, 1975, p. 875..

En 1856, le tribunal correctionnel de la Seine juge une affaire de fraude dont a été victime Élise Journet. Devenue aveugle et privée de ressources, elle a été expulsée de son appartement. Mais son propriétaire a décidé de faire procéder à une vente des affaires personnelles de l'artiste pour se rembourser. La Revue universelle des arts relate cette mésaventure : Durant la vente, chaotique et véreuse, des objets, dont des tableaux, sont vendus en dessous de leur valeur et des bijoux disparaissent.

Une lettre datée du de Philippe-Auguste Jeanron, directeur des Musées nationaux, confirme qu’à cette date, Élise Journet était devenue aveugle. Dans ce courrier, conservé aux Archives du château de Grignan, Jeanron recommande son infortunée collègue à Alfred Sensier, fonctionnaire en poste au ministère de l’Intérieur, au sein de la direction des Beaux-Arts. Il est cité par mesdames Madeleine Rousseau et Marie-Martine DubreuilLa Vie et l'œuvre de Philippe-Auguste Jeanron : peintre, écrivain, directeur des Musées nationaux, 1808-1877, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 2000, page 331..

Le dictionnaire artistique Bellier et AuvrayDictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours, Paris, Renouard, 1885, p. 842. indique qu'Élise Journet est décédée le . Une certaine Marie Louise Journet, habitant à Paris, 99, rue de l’Ouest, est bien morte en son domicile à cette période, mais le Acte de décès (avec âge) à Paris , n° 2661, vue 25/31.. Dans l’acte de décès, daté du , elle est dite âgée de 60 ans, célibataire, sans profession et sans autres renseignements connus. Le lendemain, elle est inhumée dans la fosse commune au cimetière du Montparnasse Registre journalier d’inhumation, , cimetière de Montparnasse, Archives de Paris en ligne (vue 15/18). Le registre des inhumations indique qu’elle était , indication qui correspond à sa cécité.

Sa succession est évaluée à et Tables de décès des successions, Archives de Paris en ligne (vue 131). Aucun héritier n’est cité dans le document successoral, qui ne mentionne ni inventaire, ni vente après décès. vignette|Jean Gigoux, Portrait (Salon de 1833), lithographie, in L'Artiste, 1833, tome I

Iconographie Les traits d'Élise Journet sont notamment connus grâce à deux tableaux de Jean Gigoux, son maître : un portrait peint vers 1830 (huile sur toile, ), conservé au musée des Beaux-Arts de Quimper, qui l'a reçu par le biais d'un legs du comte de Silguy en 1864 ; un second portrait présenté par l'artiste au Salon de 1833 sous le titre Portrait de femme peignant un paysage d'après nature (numéro 1062 du livret). montrant Élise Journet en pied, avec palette et chevalet. Ce dernier tableau a été reproduit dans une lithographie parue dans la revue L'Artiste.

Gabriel Laviron, ami d'enfance de Gigoux, la représente aussi dans son Portrait de Mlle Elisa J... présenté au Salon de 1834 (numéro 1147 du livret)..

Le sculpteur romantique Jehan Du Seigneur a aussi modelé un médaillon représentant Élise Journet. Il le note ainsi dans son « Journal » : Les amis de Jean du Seigneur, « Jean du Seigneur, statuaire », Revue universelle des arts, 1866, volume 23, p. 102..

Musées et institutions publiques Centre national des arts plastiques, Faisan et Perdrix, 1848, huile sur toile, Collection du CNAP : . Quimper, musée des Beaux-arts, Joos van Craesbeeck chez Adriaen Brouwer ou Le Peintre et son modèle, 1845, huile sur toile, ., exposé au Salon de 1845Le livret du salon de 1845, explique le sujet :(Descamps, La Vie des peintres flamands, tome II).; Vase de fleurs, non daté, huile sur toile, .. Brest, musée des Beaux-arts, Une nature morte aux objets de laboratoire.

Notes et références NotesRéférences

Liens externes

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