L'affaire des disparues de Pontcharra est une affaire criminelle française. Elle concerne les disparitions successives de trois femmes, entre 1981 et 1986, dans la seule ville de Pontcharra en Isère. Une seule affaire de meurtre a été résolue, celle de Marie-Thérèse Bonfanti, plus de 35 ans après les faits.

Chronologie Trois femmes disparaissent tour à tour entre 1981 et 1986, près de la gare de Pontcharra :

Liliane Chevènement, secrétaire de , disparaît le , lorsqu'elle effectue sa pause déjeuner. Elle est retrouvée morte, le , étranglée avec un fil de fer plus de deux mois après sa disparition dans la ville de Pontcharra. Marie-Ange Billoud, 19 ans, disparaît le , alors qu'elle s'apprête à quitter Pontcharra pour se rendre à Chambéry en auto-stop. Elle travaille alors comme tuciste à la Maison de la culture de Chambéry et s'y rend régulièrement en stop depuis son domicile de Pontcharra Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, disparaît le , alors qu'elle distribue des journaux dans la ville de Pontcharra. En , l'affaire est classée sans suite et un non-lieu est prononcé en .

Enquête de gendarmerie Yves Chatain est très vite considéré comme suspect dans les trois disparitions car il habite à quelques mètres de là où les trois jeunes femmes ont été aperçues pour la dernière fois. Âgé de 21 ans après la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, il est placé en garde à vue puis relâché 24 heures plus tard. L'enquête de gendarmerie est au point mort quelques mois plus tard et toutes les disparitions sont classées sans suite.

Profil du suspect Le profil d'Yves Chatain attire la curiosité des enquêteurs en raison de son passé violent : en 1979, alors qu'il avait 14 ans, il agresse sexuellement une femme qui circulait à vélo et la frappe quelques mois plus tard car elle témoigne contre lui. En , il tente d'étrangler une automobiliste, expliquant qu'il a des pulsions et écope de huit mois de prison avec sursis.

Enquête des familles En , la maison d'Yves Chatain, que l'on aperçoit dans tous les reportages à la télévision comme dernier endroit où les trois jeunes femmes ont été aperçues est démolie à la demande du maire et avec l'accord du procureur. Les familles de Marie-Ange Billoud et Marie-Thérèse Bonfanti organisent sur place des manifestations demandant que des fouilles soient effectuées notamment dans le vide sanitaire. La mère de Marie-Ange Billoud décide alors de fouiller elle-même les décombres et affirme détenir des restes humains, des fragments de hanche et de tibia qu'elle demande à faire analyser par la gendarmerie. Malgré ces découvertes, aucune enquête n'est ouverte.

En , la mère de Marie-Ange Billoud écrit dans une lettre qu'elle placarde dans plusieurs endroits de Pontcharra qu'elle est persuadée que l'un de ses voisins, Yves Chatain, a tué sa fille, celle-ci ayant l'habitude de faire du stop devant sa maison mais ce dernier l'attaque en diffamation et gagne. Elle écope alors de quinze jours de prison en première instance, une peine réduite à une amende de en appel.

Au début des années 2000, un ancien enquêteur de la Gendarmerie est sollicité par les familles des victimes et affirme que les trois disparitions sont liées à un tueur en série, sans toutefois apporter de preuves concrètes, en raison notamment de la proximité entre la maison d'Yves Chatain et le dernier endroit où ont été vues les jeunes femmes.

Relances des enquêtes Sur la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti À la suite d'une demande de la famille, le procureur de la République de Grenoble annonce en la réouverture de l’enquête sur la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti. En , une information judiciaire contre X est ouverte pour « enlèvement et séquestration ».

Aveux d'Yves Chatain Yves Chatain, désormais âgé de 57 ans, est interrogé, en , et avoue le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti. Il est incarcéré quelques jours plus tard.. En , Yves Chatain demande sa remise en liberté, qui est refusée par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Grenoble qui estime que le meurtre était non prescrit..

En , Yves Chatain saisit la Cour de cassation, qui annule, en , la décision de la Cour d’appel de Grenoble et estime que le meurtre est prescrit. Il est libéré, le , en attendant que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon, à qui le dossier a été renvoyé, l’examine... Lors de l'audience, le , une est posée afin de déterminer s'il y a réellement prescription.... Le , la cour de cassation confirme la prescription des faits concernant Marie-Thérèse Bonfanti.

Concernant le mobile du meurtre, Yves Chatain indique seulement que la voiture de Marie-Thérèse Bonfanti le gênait pour se garer..

Découverte des ossements Durant sa garde à vue, Yves Chatain donne des indications sur le lieu où le corps de Marie-Thérèse Bonfanti se trouve. Le , un crâne est retrouvé ainsi qu'un bouton pression et un bout de tissu. Les expertises ADN effectuées démontrent bien qu'il s'agit du crâne de Marie-Thérèse Bonfanti..

Sur la disparition de Marie-Ange Billoud Le , dans la foulée des aveux d'Yves Chatain, le procureur de la République de Grenoble annonce la réouverture de l’enquête dans l’affaire de la disparition de Marie-Ange Billoud ainsi que la recherche du dossier judiciaire concernant le meurtre de Liliane Chevènement..

Autres disparitions non élucidées De nombreuses zones d'ombre planent sur le suspect, étant donné le nombre conséquent de disparitions non élucidées à Pontcharra, mais également dans les alentours de jeunes femmes faisant notamment du stop.. La profession du suspect, chauffeur-routier, pourrait correspondre avec les enquêtes de police et de gendarmerie.

Notes et références

Article connexe Disparus de l'Isère

Disparues de Pontcharra Catégorie:Féminicide en France