L'exploitation de mica lithinifère par Imerys, communément abrégé Emili, est un projet d'extraction minière situé à Échassières, en France, dans le département de l'Allier, portant sur l'exploration d'un important gisement de lithium. Estimé par Imerys à environ , il est localisé dans le socle granitique, situé sous l'emplacement d'une carrière de kaolin déjà en fonctionnement depuis le . Imerys envisage une exploitation entre -75 et -.

Annoncé le comme étant l'un des plus grands projets miniers dans le sous-sol de l'Union européenne., Emili a l'ambition de réduire la dépendance aux importations de la France en lithium, un métal essentiel à la production de batteries liées à l'électrification des mobilités projetées pour la transition énergétique. Avec l'ambition d'extraire ., la mine devrait permettre la production d'environ .thumb|Photo ancienne de la carrière.

Porté par la société française Imerys, le projet devrait démarrer à l'horizon 2030 et nécessiterait au moins un milliard d'euro d'investissement. L'investissement total est estimé entre pour la construction de la mine souterraine et des usines de transformation. L'État français contribue à hauteur de 50 millions d'euros, tandis que la Banque européenne d'investissement prévoit d'y injecter environ 200 millions d'euros.

thumb|Photo ancienne de la carrière Kaolin à Échassières.Il s'agirait du premier projet de mine en France métropolitaine depuis un demi-siècle.. Il a été déclaré « projet d'intérêt national majeur » le , ce qui lui permettra de bénéficier de procédures d'implantation accélérées ou de dérogations administrativesDans l'Allier, le projet de mine de lithium reconnu d'« intérêt national majeur », Les Échos, 7 juillet 2024.. Le 22 avril 2026, le président français Emmanuel Macron inaugure le site d'Emili et déclare qu'il fait partie des les plus stratégiques en France.

Historique Ce site, situé à Échassières et racheté par Imerys en 2005, est connu de longue date pour son potentiel minier, un gisement de kaolin y étant exploité depuis 1850.. Cette mine à ciel ouvert, dite « de Beauvoir » (du nom du lieu-dit voisin) située en bordure de la forêt des Colettes à la limite des départements de l'Allier et du Puy-de-Dôme, produit chaque année à de cette argile blanche, destiné à la céramique.. Jusqu'en 1976, le kaolin d'Échassières est notamment livré aux usines produisant la porcelaine de Limoges..

Dans les années 1960, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) identifie la présence de lithium, mais Imerys ignorait jusqu'alors sa teneur et donc si son exploitation pouvait être rentable..

En 2015, l'État octroie à Imerys un permis exclusif de recherches sur une zone de zone de sur le site de Beauvoir.. En 2017, la Commission européenne décide de soutenir « l'alliance européenne pour les batteries », un projet visant à créer une chaîne de valeur européenne pour les batteries complète, compétitive et durable.. En 2018, un rapport du BRGM dresse un portrait positif des ressources et du potentiel français en lithium..

En 2021 et 2022, Imerys investit d'euros pour financer une exploration (deux campagnes de sondages)https://emili.imerys.com/public/2023-05/EMILI%20resource-announcement-Avril-2023-FR.pdf et une analyse poussée du site. En 2021, le groupe se voit accorder par le gouvernement une prolongation jusqu'en du permis de recherches de mines de lithium, étain, tantale, niobium, tungstène et béryllium dans le cadre du « Permis de Beauvoir ».. En , au bout de dix-huit mois de sondages et d'études, des spécialistes de l'extraction minière confirment l'intérêt économique de cette mine.

Selon Alessandro Dazza, directeur général d'Imerys, ce gisement, situé entre 75 mètres et 400 mètres de profondeur, serait deux fois et demie plus important qu'attendu avec un million de tonnes d'oxyde de lithium contre estimées initialement., offrant au moins vingt-cinq ans d'exploitation ( selon le projet en 2023), à raison d'au moins . Il est prévu de creuser dans le granite (riche en mica contenant lui-même des traces de lithium) pour créer des galeries d'extraction à plus de 400 mètres sous terre et un site de concassage souterrain, au-dessus duquel serait déployée sur 30 hectares l'usine de concentration du minerai.. D'après la feuille de route du projet Emili, un premier pilote à l'échelle laboratoire sera expérimenté en 2023, avant l'expérimentation du pilote industriel en 2024, puis sa mise en service en 2025, tandis que l'ouverture de l'usine commerciale est annoncée pour 2028..

En 2023, un projet Imerys relatif à une « galerie souterraine pilote et aux pilotes industriels de traitements » est soumis par la préfète de l'Allier le , pour cadrage préalable, à l'Autorité environnementale (Ae) Ae (2024) Rapport 2023 , pour lequel l'Ae a rendu un avis (délibéré n° 2023-114) le . Cet avis, public, précise l'AeAe (2023) Avis délibéré de l'Autorité environnementale pour le cadrage préalable du projet Emili, d'extraction et traitements de lithium dans l'Allier (03) à l'occasion d'une demande relative à la galerie d'exploration et aux pilotes industriels de traitements https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/231220_cp_imerys_delibere_cle28bf34.pdf PDF, 17 pages.. Selon l'avis de l'Ae basé sur les dires de l'exploitant : .

Le projet est soutenu par le Gouvernement et de nombreux élus locaux, mais fait localement débat.. En , un débat public et citoyen sur l'exploitation de cette mine, est organisé par la Commission nationale du débat public., dans le département de l'Allier.. Il devait se clore le . mais a été prolongé jusqu'au . Marquée par une forte participation citoyenne – plus de trois mille participants aux douze réunions publiques – cette concertation est traversée par des tensions de la part de ses opposants.

Conformément au code minier, Imerys dispose d'un permis exclusif de recherche (prolongé jusqu'en 2025) nécessaire pour la phase (extraction) pilote. L'entreprise devra ensuite obtenir une concession d'exploitation minière et plusieurs autorisations environnementales (au titre de la législation sur l'eau et au titre des installations classées pour la protection de l'environnement) seront nécessaires, pour la phase pilote comme pour la phase commerciale (extraction, concentration, conversion et mise sur le marché).

Durant le débat public, le , un décret classe le projet « projet d'intérêt national majeur », un statut créé par la loi industrie verte en , permettant aux projets industriels jugés très importants pour la transition écologique ou la souveraineté nationale de bénéficier de mesures d'accélération ou de dérogations administratives.. Le 22 avril 2026, le président français Emmanuel Macron se rend sur le site d'Emili et déclare qu'il fait partie des les plus stratégiques en France.

Projet de phase pilote (de trois à cinq ans) Selon l'Avis de l'Ae, il s'agit d'engager des travaux et un début d'exploitation . Les installations consisteront en :* ,* ,* . À ce stade, de l’usine de concentration à celle de conversion, le transport se fera en camion et pas encore par canalisation plus train (un mode de transport qui n'est prévu que pour la phase commerciale).

L'extraction du minerai se fera quinze heures par jour, cinq jours par semaine, avec un à deux tirs chaque jour. Le matériau sorti sera stocké sur une plateforme proche de la sortie de galerie en attente d'opérations ponctuelles (trois à quatre jours par trimestre) de concassages primaire, secondaire et tertiaire, puis exporté vers l’usine pilote. Les deux usines pilotes (de concentration et de conversion) tourneront, elles, en continu.

La conversion implique un broyage suivi d'une calcination du minerai concentré (à et en présence de réactifs sulfatés (gypse)). Le lithium est ensuite extrait par lessivage (lixiviation) à l'eau du matériau calciné.

Pour ces trois à cinq ans, Imerys estime les besoins de cette phase à : d'eau pour l'extraction ; pour la concentration (recyclée pour environ ) seront recyclés et pour la conversion ; par an en électricité (pour le forage et la concentration) ; et par an pour la conversion ; 1,3 million de Nm3 (normo-mètre cube) de gaz naturel par an (soit environ par an).

Parties prenantes

Soutiens politiques Ce projet minier, porté l'entreprise française Imerys a aussi reçu le soutien du gouvernement français qui lui octroie une aide d'un million de fonds publics, provenant d'un plan de relance du gouvernement après la pandémie de Covid-19 pour financer les travaux de prospection du site entre 2021 et 2022.

Le président Emmanuel Macron déclare , tandis que son Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire qui déclare : .. En , la Ministre de la Transition écologique et solidaire, Barbara Pompili, affirme avoir . Sa successeur Agnès Pannier-Runacher salue à son tour ce projet d'exploitation minière allant dans le sens de l'indépendance énergétique et industrielle de la France et de ses objectifs climatiques (neutralité carbone en 2050)..

Le , le lancement officiel du projet se fait en présence d'Alessandro Dazza, directeur général d'Imerys, et de plusieurs représentants locaux de l'État : Valérie Hatsch, préfète de l'Allier, Claude Riboulet, président du Conseil Départemental et Stéphanie Dupuy-Lyon, directrice de la Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature.. Le mois suivant, des représentants régionaux du parti Europe Écologie Les Verts d'Auvergne-Rhône-Alpes se rendent à Échassières pour échanger avec l'équipe du projet d'exploitation de lithium EMILI..

Le , la Banque des territoires entre au capital du projet EMILI en prenant une participation de l'ordre de 30 % pour un montant de afin de contribuer à la finalisation de l'étude de faisabilité définitive, prévue pour début 2027. L'investissement total est estimé entre pour la construction de la mine souterraine et des usines de transformation. Le projet EMILI a déjà été déclaré « d'intérêt national majeur » par le gouvernement et figure sur la liste des quelque 50 projets stratégiques de matériaux critiques de l'Union européenneEtienne Goetz, Lithium : l'État monte au capital du projet de mine d'Imerys dans l'Allier, Les Échos, 11 février 2026..

Recherche En 2022, le Centre national de la recherche scientifique via deux laboratoires GéoRessources et CRPG (Centre de recherches pétrographiques et géochimiques) de l'université de Lorraine collaborent avec le Labex nancéien RESSOURCES dans un projet baptisé « Li-Beauvoir » : cinq doctorants, trois post-doctorants et dix chercheurs sont mobilisés pour cinq ans, afin de comprendre la formation du granite de Beauvoir, la caractériser en termes physicochimiques et de gisement, et préparer la valorisation de son lithium..

Acceptation par les habitants Les habitants du village d'Échassières, enclavé et habitué à vivre de l'industrie minière, accueillent majoritairement avec satisfaction ce projet pour relancer l'économie locale, confrontée au déclin économique et démographique..

Certaines associations écologistes locales s'inquiètent de l'impact de cette exploitation sur la forêt des Colettes, classée site Natura 2000, ce à quoi Imerys répond que si cette forêt fait effectivement partie de la zone concernée par le permis de recherche, elle ne sera pas intégrée à la zone d'exploitation. D'autres inquiétudes des habitants concernent les prélèvements en eau nécessaires à cette exploitation.