Les silicates de calcium sont des composés chimiques constitués des oxydes de calcium et de silicium CaO et . Sans autre précision, le terme silicate de calcium désigne généralement le silicate de dicalcium .
Les silicates de calcium hydratés sont aussi des oxydes mixtes de calcium et de silicium, mais auxquels s'adjoignent des molécules d'eau, plus éventuellement d'autres cations que Ca et d'autres anions que les ions silicate.
Silicates de calcium anhydres On connaît quatre silicates de calcium anhydres, obtenus en proportions variables par réaction de la chaux et de la siliceH. F. W. Taylor, Cement Chemistry, Academic Press, 1990, , p. 33–34 : le silicate de monocalcium (ou CaO·), également appelé de calcium. Il existe dans la nature sous la forme des minéraux wollastonite (basse pression, basse température), pseudowollastonite (basse pression, haute température), (moyenne pression) et davemaoïte (haute pression), des inosilicates ; le disilicate de tricalcium (ou CaO·), également appelé pyrosilicate de calcium. Il existe dans la nature sous la forme du minéral appelé , un sorosilicate ; le silicate de dicalcium (ou 2CaO·), également appelé de calcium ou plus communément silicate de calcium. C'est le second constituant du clinker d'où son appellation bélite en chimie du ciment. Il existe dans la nature sous la forme du minéral appelé larnite, un nésosilicate ; le silicate de tricalcium (ou 3CaO·), également appelé alite en chimie du ciment, car c'est le principal constituant du clinker. Il existe dans la nature sous la forme du minéral appelé hatrurite , un nésosilicate.
Hydrates et hydroxydes Les silicates de calcium existent aussi sous forme hydratée, notamment : le disilicate de tricalcium tétrahydraté , plus communément appelé silicate de calcium hydraté, le principal constituant de la pâte de ciment hydratée après la prise et le durcissement du ciment.
Il existe également des silicates de calcium hydratés et hydroxylés, notamment : le dihydroxyde-disilicate de tricalcium dihydraté , présent dans la nature sous la forme du minéral appelé afwillite, un nésosilicate ; le dihydroxyde-hexasilicate de pentacalcium tétrahydraté , présent dans la nature sous la forme du minéral appelé tobermorite, un inosilicate ; l'octohydroxyde-hexasilicate de nonacalcium octohydraté , présent dans la nature sous la forme du minéral appelé jennite, un inosilicate.
La stœchiométrie des silicates de calcium hydratés varie suivant leur rapport molaire CaO/ (ou rapport atomique Ca/Si, dit rapport C/S en notation cimentière). Ce rapport est le plus souvent compris entre 0,83 et 1,50, valeurs qui correspondent aux rapports observés dans la tobermorite (Ca/Si = 5/6 ≈ 0,83) et dans l'afwillite ou la jennite (Ca/Si = 3/2 = 1,50). Quand les silicates de calcium hydratés n'ont pas de stœchiométrie clairement observable, ils sont couramment notés dans la littérature anglo-saxonne par l'abréviation C-S-H (pour calcium-silicate hydrate) où les tirets sont spécialement utilisés pour indiquer l'absence de stœchiométrie. L’abréviation CSH sans tiret est plus rarement utilisée.
Il existe enfin des silicates de calcium hydratés comportant en outre d'autres cations que Ca ou d'autres anions que OH, notamment : , présent dans la nature sous la forme du minéral appelé gyrolite, un phyllosilicate ; , présent dans la nature sous la forme du minéral appelé thaumasite. Fait rarissime pour un silicate, la thaumasite contient un atome de silicium hexacoordonné (configuration octaédrique), dénoté par l'entité figurant explicitement dans sa formule. Elle constitue le principal produit de dégradation du béton dans l'attaque thaumasitique (qui porte son nom).
Certains silicates de calcium sont seulement hydroxylés, comme : l'hexahydroxyde-disilicate d'hexacalcium , présent dans la nature sous la forme du minéral rare appelé , un sorosilicate.
Notes et références