Georges Mirianon est un artiste peintre, dessinateur, lithographe et sculpteur français né le à Neuville-lès-Dieppe (Seine-Maritime, alors nommée Seine-Inférieure) qui vécut au Mesnil-Esnard (Seine-Maritime) où il est mort le .

Biographie Origines familiales thumb|left|180px|Alexandre Dumas Georges Mirianon naît rue Bultel-Bourdon à Neuville-lès-DieppeArchives départementales de la Seine-Maritime, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, année 1910, acte de naissance , avec mentions marginales de mariage et de décès où sont domiciliés ses parents Vazili Mirianoff, lui-même né à Neuville-les-Dieppe (descendant d'une famille de Poti, port géorgien de la mer Noire, il francisera son état civil en Georges, Alexandre, Germain Mirianon), officier de la marine de commerce, capitaine au long cours et professeur à l'École d'hydrographie (on lui doit un Traité des évolutions sous voiles Vazili Mirianoff, Traité des évolutions sous voiles, G. Lebas éditeur, Dieppe, 1907.), et de son épouse née Suzanne Loyer, fille de Paul Loyer, exploitant une briqueterie locale. Fils unique, on compte parmi ses ascendants maternels Nicolas d'Amerval de Liancourt, de Vignacourt (Somme), qui fut un temps l'époux (mariage annulé en 1594)Jules Berger de Xivrey, « Sur le mariage de Gabrielle d'Estrées avec M. de Liancourt », Bibliothèque de l'École des chartes, , 1862, de Gabrielle d'Estrées, favorite du roi Henri IV. Son grand-père paternel, Vassily Mirianoff, se lia à Alexandre Dumas qui en fit la connaissance à Poti lors de son grand voyage en Russie, accepta de le suivre et en devint le factotum jusqu'aux derniers jours de l'écrivain à Neuville-les-Dieppe, dans le hameau de PuysCamille Lahrer, « L'écrivain Alexandre Dumas est venu mourir à Puys, près de Dieppe », Les Informations dieppoises, 28 septembre 2017.

Formation thumb|left|180px|Rouen, la halle aux Toiles thumb|180px|Lucien Simon, Autoportrait Après le décès de Vazili - mobilisé dans une unité de fusiliers marins en , il disparaît en dans les environs de Dixmude - Georges et sa mère sont logés dans un premier temps par Paul Loyer à la villa Mont Désir, située sur la route d'Eu à Neuville-lès-Dieppe, l'enfant entamant sa scolarité en au collège Jehan-Ango de Dieppe. Leur installation dans un second temps à Rouen fait que Georges entre en classe de sixième au lycée Pierre-Corneille de Rouen. La prédilection de l'enfant pour le dessin, au détriment des autres matières fait que Suzanne le confie à un très jeune précepteur du nom de Joseph (il sera plus tard directeur des services financiers de la ville de Rouen) qu'elle épouse en 1923 pour un emménagement rue Henri-de-la-Pommeraye. Georges compense la froide mésentente avec ce beau-père par de nombreux séjours chez une tante de Londres. Affirmant en 1925 sa vocation d'artiste peintre ou sculpteur, un compromis familial le fait entrer en 1926 en tant que « grouillot » dans un cabinet d'architecte et fréquenter simultanément les cours du soir de l'École des beaux-arts de Rouen, alors située dans la halle aux Toiles, où il a notamment pour condisciple Roger Tolmer. Il est admis en 1928 à l'École d'architecture où il a pour maîtres Édouard Delabarre et Georges Feray, se consacrant cependant bien davantage à la peinture et au dessin qu'à ces études, s'initiant même à la sculpture dans l'atelier du Rouennais Duparc. Il est admis à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1935 et y est l'élève de Lucien Simon.

Sa première exposition, en compagnie du peintre Fernant Guéroult, se tient à la galerie Legrip, à Rouen, en « Les expositions (Legrip) - Guéroult et Mirianon », Rouen-Gazette, 27 mars 1937..

La Seconde Guerre mondiale, l'Occupation thumb|180px|Rouen incendiée, . Réformé, Georges Mirianon n'est donc pas mobilisé en . Le , il emmène sa famille à Vannes où sont repliés les services financiers d'une ville de Rouen investie par les blindés et où il est de retour le mois suivant pour en découvrir un centre désastreusement mutilé par les bombardements. À l'instar de Léonard Bordes par la peinture, il apporte son témoignage sur les tragiques démolitions par des aquarelles et des dessins qui lui valent de recevoir, des mains de son ancien maître Édouard Delabarre en , le prix Georges-Bouctot de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen et il est de la sorte remarqué par les architectes André Guerrier et André Robinne, futurs acteurs de la reconstruction de Rouen aux fins de laquelle, en même temps que son condisciple à l'École des beaux-arts de Rouen Roger Tolmer, il est sollicité en tant que dessinateur. En 1941, il est trésorier du Comité d'entraide aux artistes prisonniers et on le sait auteur d'affiches clandestines exaltant l'esprit de la Résistance, aujourd'hui malheureusement introuvables.

D', avec le projet de l'église Saint-Benoît de Cléville (Seine-Maritime), datent les premiers cartons de vitraux de Georges Mirianon, lesquels, par , suggèrent l'influence de Jean Souverbie dont on sait qu'il prononce alors fréquemment et admirativement le nom. Il épouse France Lenormand, secrétaire d'André Guerrier, le Archives municipales de Rouen, état civil, acte de mariage . (deux enfants leur naîtront, Patrice en 1947 et Marie-Claude en 1950) et, dans la ville de Rouen qui connaîtra à nouveau les combats et les bombes jusqu'au suivant, le couple s'installe au 9, rue Abbé-Cochet.

L'après-guerre Dès l'immédiat après-guerre, l'artiste mène de pair les travaux de commandes - ils commencent en 1947 avec le remplacement des vitraux de l'église Saint-Martin de Barentin, brisés par l'explosion d'un V1, que suivront en 1951 les importantes céramiques pour le maître-autel de l'église Saint-Pierre de Bacqueville-en-Caux, de même gravement endommagée par une bombe, puis en 1956 le grand Christ sculpté pour le maître-autel de l'église Saint-Pierre d'Yvetot - et les expositions. Il devient artiste permanent de la galerie Menuisement, à Rouen, en 1946 et l'on relève au Salon des artistes rouennais et de Normandie de 1948 qu'il aborde également le travail de la médaille. Des villégiatures le conduisent en 1948 ou 1949 à Marseille et Nice (d'où il rapporte une suite d'aquarelles sur le thème du Carnaval), à Dublin où une exposition personnelle lui est consacrée en 1952, en Italie (Rome, Florence et Venise en 1956, en cure à La Bourboule de 1965 à 1970, en séjour à La Ciotat à partir de 1970, en Corse en 1973. C'est avec Léon Toublanc, Robert Savary et Roger Tolmer qu'il participe en 1961 à l'exécution des grandes fresques murales de la halle aux Toiles de Rouen. Il s'installe définitivement à la résidence des Maliers, rue Pasteur au Mesnil-Esnard, en 1972.

Vaincu par une cruelle maladie, Georges Mirianon meurt le et ses cendres sont dispersées dans le jardin du Souvenir du cimetière monumental de Rouen. Roger Balavoine rappelle alors que Roger Balavoine, « Ceux qui nous quittent : Georges Mirianon », Paris-Normandie, 9 juillet 1986. Francis-Rémi Parment, « Les cendres de Georges Mirianon, qui laisse une œuvre des plus durables, ont été dispersées au jardin du Souvenir », Liberté-Dimanche, 13 juillet 1986..

Œuvre Œuvre graphique L'estimation quantitative de l'œuvre graphique de Georges Mirianon monte à 300 peintures à l'huile, 250 gouaches majoritairement des années 1950 et 1960, 200 à 300 fusains, un nombre sensiblement équivalent de lavis et autant d'aquarelles, 600 à 700 pastels, pour la plupart réalisés à partir de 1965. Contributions bibliophiliques Fernand Guey (), Rouen et l'exode, album, contributions de vingt artistes dont Georges Mirianon avec la gravure L'Atmosphère d'un centre d'accueil, Comité d'entraide aux artistes prisonniers, 1941. Hommage à Georges Ruel, dessins de Georges Mirianon, Comité d'entraide aux artistes prisonniers, 1943.

Expositions Expositions personnelles Georges Mirianon - Œuvres sur papier et huiles, galerie Legrip, Rouen René Rouault de La Vigne, « Exposition Georges Mirianon », Journal de Rouen, 10 octobre 1942.. Georges Mirianon - Trente-deux aquarelles et dessins, galerie Prigent, Rouen, . Georges Mirianon - Trente œuvres sur papier, galerie Poirier, Paris, « Mirianon », Arts, 19 février 1945.. Librairie-galerie Menuisement, Rouen, Georges Gabory, « Exposition Mirianon, Librairie Menuisement, place de la cathédrale », Normandie, mars 1946., J.D. « Exposition », L'Écho de Normandie, 7 avril 1947.. Georges Mirianon - Huiles et œuvres sur papier, galerie Waddington, Dublin, Noala, « Fashion and Gossip », Dublin Evenin Mail, 8 février 1052. « French painter's Dublin Show », Sunday Independant, 10 février 1952.. Georges Mirianon - Fusains et pastels, galerie Menuisement, Rouen, , Bernard Nebout, « Les pastels de Mirianon chez Menuisement », Paris-Normandie, 16 novembre 1961., , , , , R. Vauclin, « Georges Mirianon à la Galerie Menuisement », Paris-Normandie, 17 novembre 1975. André Ruellan, « Rouen », Le Peintre, novembre 1975., André Ruellan, « Georges Mirianon, galerie Menuisement », Les Affiches de Normandie, 2 novembre 1977. Alexandre Manoury, « Mirianon à la Galerie Menuisement », Le Figaro - Paris-Normandie, novembre 1977.. Galerie du Val-de-Seine, Caudebec-en-Caux, Bernard Nebout, « À la Galerie du Val-de-Seine : le rouennais Mirianon », Paris-Normandie, 7 décembre 1966. Bernard Boury, « À la Galerie du Val-de-Seine, le rouennais Mirianon met sa technique de peintre au service d'une synthèse de figuratif et d'abstrait », Le Courrier cauchois, 10 décembre 1966.. Georges Mirianon - Pastels et aquarelles : paysages d'Auvergne, de Normandie, de la Côte d'Azur, fleurs et natures mortes, galerie Hamon, Le Havre, . Georges Mirianon - Souvenirs de voyages (Corse, Normandie, Auvergne, Provence), fleurs et natures mortes, galerie de l'Ailly, Sainte-Marguerite-sur-Mer, André Ruellan, « Georges Mirianon », Tout Rouen, juillet 1974.. Lavis et dessins de Mirianon, galerie Anne Colin, Paris, . Chambre française de commerce et d'industrie pour les provinces d'Anvers et du Limbourg, Anvers, Bulletin mensuel de la Chambre française de commerce et d'industrie pour les provinces d'Anvers et du Limbourg, , septembre 1979.. Georges Mirianon - La fête du pastel, galerie Alfa, Le Havre, « Le fête du pastel avec Georges Mirianon », Le Havre libre, 5 mai 1983. Pierre Lion, « Georges Mirianon, pastelliste du », Le Havre libre, mai 1983.. Galerie Rollin, Rouen, Roger Balavoine, « Mirianon à la Galerie Rollin », Paris-Normandie, 11 janvier 1984.. Georges Mirianon - Rétrospective, Centre culturel du Mesnil-Esnard, Francis-Rémi Parment, « Mirianon, une œuvre dans toute l'acceptation du terme », Liberté-Dimanche, septembre 1985.. Hommage à Georges Mirianon, hôtel de ville de Sotteville-lès-Rouen.

Expositions collectives thumb|180px|Musée des Beaux-Arts de Rouen, 1943 thumb|180px|Musée de la maison d'Ozé, Alençon, 1947 thumb|180px|Maladrerie Saint-Lazare de Beauvais, 1974 thumb|180px|Manoir de Briançon, Criel-sur-Mer, 1974, 2006 thumb|180px|Palais Granvelle, Besançon, 1974 thumb|180px|Hôtel de ville de Niort, 1975 thumb|180px|Halle au blé d'Alençon, 1977 thumb|180px|Chapelle du collège des Jésuites d'Eu, 1979 thumb|180px|Abbaye Saint-Georges de Boscherville, 2013 Fernand Guéroult, - Georges Mirianon, galerie Legrip, Rouen, . Salon des provinces françaises, musée des Beaux-Arts de Rouen, René Rouault de La Vigne, « Au Salon des provinces françaises », Journal de Rouen, 10 mai 1943.. La Jeune Peinture rouennaise, galerie Legrip, Rouen, été 1943 J.-V. Hélot, « Rouen, galerie Legrip : œuvres de la jeune École rouennaise », Beaux-Arts, 10 août 1943.. Les Contemporains parisiens (Jean Aujame, Raoul Dufy, Othon Friesz, Roger Chapelain-Midy…) et rouennais (Léonard Bordes, Maurice Louvrier, Robert Antoine Pinchon, Roger Tolmer, Maurice Vaumousse…), galerie Prigent, Rouen, « La Galerie Prigent : les Rouennais », Journal de Rouen, 7 novembre 1943. J.-V. Hélot, « Rouen, galerie Prigent : les contemporains », Beaux-Arts, 14 janvier 1944..