La crise israélo-palestinienne de 2023 est une série d’affrontements entre Israéliens et Palestiniens dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, en Israël ainsi que dans la bande de Gaza.
Elle commence après des séries de raids de l’armée israélienne en Cisjordanie pour déjouer des attaques terroristes présumées, menant aux pires affrontements en Cisjordanie depuis et la Seconde intifada. De nombreux attentats sont alors commis en représailles par des Palestiniens en Israël et contre les colons israéliens.
Le , l'armée israélienne lance l'opération « Bouclier et Flèche », en éliminant des dirigeants du Jihad islamique palestinien. Le groupe terroriste réplique en tirant des centaines de roquettes et de missiles sur Israël.
Après cette courte confrontation vient une période de relative accalmie durant l'été 2023, ponctuée de nouvelles opérations israéliennes en Cisjordanie occupée et d'actes terroristes palestiniens contre des colons israéliens.
Cette période est brutalement interrompue en par l'attaque contre Israël, menée par le Hamas, et par sa riposte israélienne, « Épées de fer », conduisant à une guerre de grande ampleur entre l'État d'Israël et la bande de Gaza.
Chronologie non exhaustive
Janvier - février : Raids israéliens en Cisjordanie et attentats palestiniens
Raid israélien à Jénine le 26 janvier
Le , l’armée de défense d'Israël mène une opération dans la ville palestinienne de Jénine en Cisjordanie contre une « escouade terroriste » du Jihad islamique. Des échanges de tirs ont lieu, et les soldats sont pris à partie par des Palestiniens. La riposte est sanglante faisant et .
Les affrontements entre militants palestiniens et soldats israéliens sont fréquents à Jénine et en Cisjordanie. Mais il s’agit d’une des journées les plus meurtrières. D'après les Nations unies, le bilan des morts pendant l'opération sur Jénine est le plus élevé qui ait été comptabilisé depuis le début des recensements des victimes du conflit israélo-palestinien à partir de 2005. Lors de l'affrontement, celui-ci porte le nombre de Palestiniens, civils ou membres de groupes armés, tués à 30 depuis le début de l'année en Cisjordanie.
À la suite des événements de Jénine en Cisjordanie, des tirs de roquettes ont été effectués de la bande de Gaza vers Israël sans faire de victime. L'armée de l'air israélienne riposte alors, menant des frappes nocturnes contre des infrastructures du Hamas, tenu pour responsable des tirs en provenance de Gaza.
L'Autorité palestinienne exprime sa condamnation des affrontements et appelle à une intervention internationale urgente.
L'Autorité palestinienne décide de rompre la coopération sécuritaire avec Israël, pour la première fois depuis 2020. Les États-Unis déclarent le regretter, estimant « très important que les parties maintiennent voire approfondissent leur coordination sécuritaire », et annoncent la venue d'Antony Blinken en Israël et en Cisjordanie.
Attaques terroristes du 26 et 27 janvier à Jérusalem-Est
Le , un Palestinien de ouvre le feu à la sortie d'une synagogue à Jérusalem-Est faisant et , avant d'être abattu par les forces de l'ordre. L’attaque, qualifiée d'« abjecte » par le Quai d'Orsay comme par le secrétaire général de l'ONU, est survenue pendant les prières du début du Shabbat et durant la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah. L’attentat n’est pas revendiqué mais le Hamas justifie « cette opération [qui] est une réponse au crime conduit par les forces d'occupation à Jénine et une réponse naturelle aux actions criminelles de l'occupation ». Le Jihad islamique salue également l’attaque.
Le lendemain, le , un Palestinien de ouvre le feu sur le site archéologique de la Cité de David et blesse , avant d'être blessé par les forces de l'ordre.
Raid israélien à Jéricho le 6 février Le , l'armée israélienne mène un raid dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aqabat Jabr à Jéricho contre une cellule du Hamas. Le bilan est de 5 Palestiniens tués.
Attaque terroriste du 10 février à Jérusalem-Est Le , une attaque à la voiture-bélier à Jérusalem-Est fait dont un enfant et à un arrêt de bus, avant que l'assaillant soit neutralisé par les forces israéliennes de l'ordre.
Raid israélien à Naplouse le 22 février
Le , l'armée israélienne mène un raid dans la ville palestinienne de Naplouse contre des militants de La Fosse aux lions. Le raid dégénère et fait au moins et entre 80 et dont au moins 30 par balles, militants armés et civils. C’est le pire bilan en Cisjordanie depuis la deuxième Intifada (2000-2005).
En réponse, le Jihad islamique tire entre 6 et 8 roquettes depuis la bande de Gaza, qui sont interceptées par le système dôme de fer ou ne font pas de dégâts. L'armée israélienne mène alors des frappes contre ce qu'elle décrit comme « une usine de fabrication d'armes » et un « camp militaire » appartenant au Hamas.
Attaque terroriste du 26 février Le , 2 frères habitants d’une colonie juive près de Naplouse sont percutés par une voiture. Un individu en sort et les tue par balles. L’assaillant est en cavale. L'attaque n'est pas revendiquée mais le Jihad islamique la qualifie « d'opération héroïque ».
Émeute du 26 au 27 février Dans la nuit du 26 au 27, et en réponse à l’assassinat des 2 frères, des dizaines d’autres colons israéliens sont entrés le dimanche soir à Huwara, ville du nord de la Cisjordanie occupée pour mener une expédition punitive. Plus de 100 voitures et et bâtiments ont été incendiés, un Palestinien a été tué et 98 autres blessés selon la Croix-Rouge palestinienne.
Benjamin Netanyahu déclare : « Je vous demande, même si le sang est encore chaud et les esprits échauffés, de ne pas faire justice vous-mêmes mais de laisser les forces de sécurité accomplir leur mission ».
Le bureau du président palestinien Mahmoud Abbas publie alors un communiqué accusant Israël de « protéger les actes terroristes perpétrés par des colons » dans cette zone de Cisjordanie.
Attaque terroriste du 27 février et poursuite des violences Le , un homme ouvre le feu sur la route de la Mer Morte près de Jéricho, blessant mortellement un Israélo-Américain de . L'individu provoque une nouvelle fusillade près du kibboutz d'Almog sans faire de victime. Les forces de l'ordre répliquent, sans parvenir à le neutraliser, et l'homme s'enfuit dans le camp de réfugiés d'Aqabat Jabr.
Le soir même, des émeutiers provenant de colonies juives s'en prennent à des Palestiniens et des soldats de Tsahal sont dépêchés sur place. Mais une voiture conduite par un émeutier tente d'écraser des soldats qui ouvrent le feu sans parvenir à neutraliser l'assaillant qui prend la fuite.
Accélération des violences en mars
Raid israélien à Jénine le 7 mars Le , l'armée israélienne mène à nouveau un raid dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine. Six Palestiniens sont tués dont le terroriste auteur de l'attaque du et membre du Hamas, selon Israël. 26 autres personnes sont blessées dans l'assaut et la fusillade qui s'est ensuivie. Les forces israéliennes ont employé des véhicules blindés, un drone et un hélicoptère d'attaque. La maison du terroriste a été visée par deux roquettes israéliennes. Le Jihad islamique revendique avoir pris part à la fusillade avec les forces israéliennes, ainsi que les brigades de Jénine et des soldats des forces de sécurité palestiniennes. Deux Israéliens sont blessés dans l'assaut.
Fusillade à Jaba et attentat à Tel-Aviv le 9 mars Lors d'une opération pour appréhender des suspects dans le village palestinien de Jaba, près de Jénine, des hommes du Shabak (sécurité intérieure israélienne) sont pris pour cibles par des tirs. Ils ripostent et abattent dont du Jihad islamique.
Dans la soirée, un homme ouvre le feu sur des passants sur l'avenue Dizengoff à Tel-Aviv faisant et un mort, avant d'être tué par les forces de l'ordre. Le terroriste, un Palestinien de , est identifié comme le fils d'un dirigeant du Hamas.
Dans le même temps, un engin explosif est découvert dans un bus circulant dans la colonie israélienne de Betar Illit.
Poursuites des violences en Cisjordanie le 10 et 12 mars Vendredi , un Palestinien lance un cocktail molotov sur des soldats israéliens à Qalqilya, en Cisjordanie et est abattu. Le même jour, un Palestinien en possession de couteaux et d'engins explosifs est abattu par un colon israélien dans la colonie de Dorot Illit.
Dimanche , 4 Palestiniens armés de M-16 et d’armes de poing attaquent un poste militaire israélien à Jit, près de Naplouse. Trois sont tués et le dernier est fait prisonnier.
Attentat à Meggido le 13 mars Un homme armé serait arrivé en voiture depuis le Liban, selon les autorités israéliennes, et serait venu poser une bombe au carrefour de Meggido. L’explosion blesse grièvement une personne et provoque des coupures de courant dans la région. L’individu armé aurait alors forcé un conducteur à l’emmener vers le nord, mais il est intercepté près de moshav Ya'ara, et abattu par les forces de l’ordre. Il était porteur d’une M-16, d’un revolver et d’une ceinture d’explosif. Les autorités suspectent le terroriste d’être un membre du Hezbollah.
Raid israélien à Jénine le 16 mars Le , l'armée israélienne mène un raid dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine. Quatre palestiniens sont tués et dont 5 grièvement, civils et combattants armés compris.
Attentats à Huwara le 19 mars et 25 mars Le à Huwara, ville de Cisjordanie occupée où s'étaient déroulées les émeutes de colons juifs le , un Palestinien de tire sur une voiture israélienne, faisant . L'assaillant est lui-même blessé par un tir de riposte d'une des victimes avant d'être arrêté par les forces de l'ordre. Les autorités israéliennes affirment qu'il s'agit d'un membre du Jihad islamique.
Le mouvement Hamas se félicite de l'attaque, indiquant qu'il s'agit .
Le , deux soldats de Tsahal sont grièvement blessés par arme à feu dans la même localité de Huwara.
Poursuites des violences en avril, heurts à la mosquée Al-Aqsa et extension de la crise au Liban et à la Syrie Après un calme relatif durant les premiers jours du Ramadan, de nouvelles violences ont lieu en avril :
Le , un attentat à la voiture-bélier vise des soldats de Tsahal et fait , dans les colonies de Goush Etzion en Cisjordanie. Le terroriste est neutralisé ;il était membre des services de sécurité de l'Autorité palestinienne.
Le , deux soldats de Tsahal sont blessés dans une attaque à l'arme blanche à Tsrifin, dans le centre d'Israël.
Troubles à l'Esplanade des Mosquées, à partir du 4 avril Dans la nuit du 4 au , de violents heurts éclatent dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem. Des individus, présentés par les autorités israéliennes comme émeutiers, se sont retranchés dans le lieu saint et ont tiré des mortiers d’artifice, entrainant une intervention au sein même de la mosquée des forces anti-émeutes israéliennes. Plus de sont arrêtées et au moins sont blessées.
La Maison-Blanche se dit « extrêmement préoccupée » par les violences, et exhorte « toutes les parties à éviter une escalade supplémentaire ». Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, de son côté, s'est dit « choqué et consterné » par les « violences et coups » des forces de sécurité israéliennes à l'intérieur de la mosquée Al-Aqsa. La Jordanie, qui administre les lieux saints musulmans de Jérusalem, a appelé les forces israéliennes à se retirer immédiatement de la mosquée, tandis que la Ligue arabe, a dénoncé « un acte d'agression inacceptable menaçant d'enflammer la situation dans la région ».