Jean Philippe Kraemer I (ou Jean Philippe Kremer I ou Johann Philipp Kraemer I) est un orfèvre actif à Strasbourg au .

Biographie Né à Kirn en Allemagne le et mort à Strasbourg le , il est le fils d'un pasteur luthérien de Jean Daniel Ludmann, « Kraemer, Jean Philippe I », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 22, .

En 1745 il est reçu maître et inscrit à la tribu de l’Échasse en juin de la même année. En , il épouse Sophie Salomé Rüger, veuve de Joachim Webbe, orfèvre en argenterie, et acquiert le droit de bourgeoisie par son mariage. Le couple a un fils, Jean Philippe Kraemer II, orfèvre à son tour.

Entre 1753 et 1757, Isaac Kübler effectue son apprentissage chez lui<ref name="MAI">« 3, rue des Frères », Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle</ref>.

Après le décès de Jean Philippe Kraemer en 1787, sa veuve continue de mener l'atelier.

Œuvre Au , les reliures de livres de cantiques sont des objets typiquement strasbourgeois, généralement offerts aux épouses le jour de leur mariage, en harmonie avec leurs somptueuses robes de velours ciselé. L'orfèvre Jean Philippe Kraemer s'en était fait une spécialitéAlexis Kugel, Philippe Bastian et Pauline Loeb-Obrenan, Vermeilleux ! L'argent doré de Strasbourg : XVI au XIX siècle, Monelle Hayot, 2014, . Son atelier revêtait ainsi de reliures en argent ou en vermeil les livres de cantiques que « les dames protestantes portaient ostensiblement pour se rendre au culteHans Haug, L'Art en Alsace, Arthaud, 1962, ».

Le musée des Arts décoratifs de Strasbourg conserve plusieurs de ces recueils de cantiques luthériens (Neues Gesang-Buch), dont Jean Philippe Kraemer conçut la reliure.

L'un est imprimé par Johann Heinrich Heintz et daté de 1745. La reliure est en velours de soie cramoisi. Les coins décorés, les dos et les fermoirs à rinceaux feuillagés ainsi que l'ornement central des plats sont exécutés en argent ajouré, gravé et riveté. Au centre s'inscrit le monogramme « MHA », encadré de deux chimères ailées et surmonté d'une corbeille de fleurs accostée de deux sphinges adossées« Livre de cantiques, reliure », base Joconde .

Une autre reliure, en chagrin noir, est datée de 1752. Plus sobre, sa garniture en argent ajouré et gravé comprend uniquement les coiffes des dos et les fermoirs ornés d'arabesques« Livre de cantiques, reliure », base Joconde .

La reliure réalisée pour Conrad Schmidt en 1769, également en chagrin noir, est plus élaborée. S'y ajoutent notamment des décors ajourés et gravés d'arabesques, d'angelots, de chimères et de corbeille de fruits accostée d'agneaux. Celui du plat avant représente La crucifixion et celui du plat arrière, La résurrection« Livre de cantiques, reliure », base Joconde .

Pour approfondir Bibliographie Hans Haug, Alte une neue Strassburger Goldschmiedarbeiten und Uhren, Strasbourg, 1914 (ill. 12)

Jean Daniel Ludmann, « Kraemer, Jean Philippe I », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne'', vol. 22, 1994, ,

Articles connexes Corporation de l'Échasse Johann Ulrich Mands

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Naissance dans le comté palatin du Rhin Catégorie:Naissance en février 1721 Catégorie:Décès en janvier 1787 Catégorie:Décès à Strasbourg Catégorie:Orfèvre strasbourgeois Catégorie:Décès à 65 ans