Joseph Marie Terdjan, né le à Alexandrette (Turquie) et mort le à Paris, est un dessinateur, peintre et graveur arménien, de nationalité libanaise, ayant vécu à Paris de 1949 à 2001. Il est l'un des représentants des peintres abstraits libanais du XXe siècle.
Biographie
Né le Gabriel Bournoure et Stanislas Fumet, Joseph Terdjan: Peintures, Beyrouth, Imprimerie catholique, 1959, p.11 (notice en ligne); Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky, Dossier « Terdjan, Joseph », cote AP TERD (notice en ligne) en Turquie, d'une fratrie de six enfants natifs du sandjak d'Alexandrette. Son père Agob Terdjan, d'origine arménienneStanislas Fumet, « Présentation de la première exposition de Joseph Terdjan à Paris (Galerie Lucy Krohg) », in Joseph Terdjan: Peintures, Beyrouth, 1959, p. 4 (notice en ligne), l'initie dès l'enfance au dessin, et sa famille s'installe ensuite à Beyrouth. Arrivé à Paris en 1949, à , Joseph Terdjan retrouve son amie artiste de Beyrouth Etel Adnan, et fréquente les ateliers des artistes André Lhote et Pierre Guastalla. Au cours de ces premières années parisiennes, il se lie notamment d'amitié avec le poète libanais Georges Schéhadé, résidant alors également à Paris, mais aussi, dans l'atelier du peintre André Lhote, avec les peintres Nicolas Poliakoff et Jean-Marie Fage.
Après avoir eu quelques expositions personnelles et collectives au Liban, en Syrie et en ÉgypteCentre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky, Dossier « Terdjan, Joseph », cote AP TERD (notice en ligne)., Joseph Terdjan commence véritablement à se faire connaître lorsqu'il expose pour la première fois en France à l'été 1953, simultanément dans une exposition collective, où il présente "une aquarelle sensible et séduisante" aux côtés notamment d'œuvres des peintres irakien Jamil Hamoudi et égyptien Georges Sabbagh, mais surtout avec une exposition personnelle que lui organise la Galerie Lucy Krohg.
En 1959, il participe à la première Biennale de Paris« Joseph Terdjan, né à Alexandrette en 1925 », in Biennale de Paris, vol. 1, Paris, Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1959, ., alors au Musée d'Art moderne de la ville de Paris, dans la section des artistes libanais. Après une exposition personnelle à la Galerie Bernheim-Jeune, soutenue par le critique d'art Waldemar-George, Joseph Terdjan expose régulièrement, des années 1960 à 1980, au Salon d'automne et au Salon des indépendants, au Grand Palais. Il entretient notamment des correspondances suivies avec l'écrivain Georges Cattaui et le philosophe Stanislas Fumet.
En tant que dessinateur et graveur, Joseph Terdjan a notamment illustré en 1955 le recueil de poésie Visages de l'oubli, du poète syrien Claude Nourri Marrache.
Les critiques d'art, écrivains et philosophes Stanislas Fumet, Salah Stétié, Jean-Pierre Bayard, Gabriel Bounoure, Gabriel Marcel, René Habachi ou bien encore Waldemar-George, salueront son travail d'artiste. Joseph Terdjan réalisera d'ailleurs en 1948 un portrait à la sanguine du philosophe Gabriel Marcel, lors de son voyage à Beyrouth, puis en 1962 un portrait peint du critique franco-polonais Waldemar-George.
En 1961 et en 1974, le Centre national des arts plastiques a acheté deux tableaux à Joseph Terdjan, dont la grande abstraction "Branches" (1971) déposée depuis 2018 au Ministère de la Défense (site Balard)"Fleurs" (s.d.), 81 x 54 cm, acheté par le CNAP en 1961, n°Inv. FNAC 27424, et "Branches" (1971), 130 x 81,5 cm, acheté par le CNAP en 1974, n°Inv. FNAC 31726, et déposé depuis 2018 au Ministère de la Défense (site Balard). .
En , Joseph Terdjan bénéficie d'une rétrospective de son œuvre, intitulée “40 ans de peinture: 1947-1988” et organisée au Club Dunois (Paris XIIIe).
Joseph Terdjan était aussi un artiste passionné par la philosophie et par les lettres : "je suis un malade de littérature", écrit-il en 1964.
Un repotage vidéo et une interview sont consacrés à Joseph Terdjan, dans son atelier parisien, sur la chaîne La 5 en mai 1991.
Joseph Terdjan meurt le dans le ., et est inhumé au cimetière parisien de ThiaisCimetière parisien de Thiais, 54e division, ligne 15, tombe 28..
Expositions Expositions particulières 1948, Liban : Bibliothèque de l'École Supérieure des Lettres (Beyrouth), - 1953, France : Galerie Lucy Krohg (Paris), - , catalogue écrit par Stanislas Fumet 1954, Liban : Centre d’Etudes Supérieures Français (Beyrouth), 8 - 1954, Syrie : chez Linda Homsi (Alep), 25 - , catalogue écrit par René Habachi 1959, Liban : Université Saint-Joseph (Beyrouth), 17 - , catalogue écrit par Gabriel BounoureGabriel Bounoure, Joseph Terdjan: Peintures, Beyrouth, 1959 (Bibliothèque Kandinsky, cote TER 1959 BEYR) 1960, France : Galerie Madeleine Rauch (Paris), 10 - , catalogue écrit par Stanislas Fumet 1966, France : Galerie Bernheim-Jeune (Paris), - , catalogue écrit par Waldemar-GeorgeWaldemar-George, Terdjan: Peintures, Paris, Galerie Bernheim-Jeune, 1966 (bibliothèque Kandinsky, cote TER 1966 PARI) 1976, France : Galerie Agora-Sèvres (Paris), 9 - 1988, France : Club Dunois (Paris XIIIe), rétrospective “40 ans de peinture: 1947-1988”, 10 -
Expositions collectives et Salons 1950, France : École nationale supérieure des Beaux-Arts (Paris), en tant que boursier du gouvernement français ; 1955, France : "Artistes Étrangers en France", Petit Palais (Paris) ; 1959, France : Biennale de Paris, Musée d'Art moderne de Paris (Paris) ; 1965, Liban : Musée Sursock (Beyrouth) ; 1967, France : Salon d'automne, Grand Palais (Paris) ; 1970, France : Société nationale des beaux-arts, Pavillon Baltard (Nogent-sur-Marne) ; 1994, France : Société de Saint Jean, Notre-Dame-de-Compassion (Paris XVIIe), 15 - (1 tableau de 1975)"Joseph Terdjan", archives de la Société de Saint Jean, Paris; 2024, Turquie: Galería José de la Mano, Contemporary Istanbul 19th edition, 23 - (Istanbul);
Manifeste Propos sur la peinture (1950) En 1950, âgé de vingt six ans et à l'occasion de sa première exposition aux Beaux-arts de Paris, Joseph Terdjan publie à compte d'auteur son principal manifeste artistique, Propos sur la peinture, qui regroupe plusieurs textes datant de 1948 à 1950 :
"La joie de peindre, la souffrance de peindre, voilà qui nous fait pressentir une autre vérité que la réalité figée du tableau (...). Le tableau, pour celui qui le peint comme pour celui qui le contemple, c'est une façon de se connaître. (...) Les premières taches que vous jetez sur votre toile, une fois livrées à elles-mêmes, il arrive qu'elles commencent leur ronde; et, à leur tour, les voici qui se sont mises à parler. Et vous, vous devez participer à ce nouveau dialogue. Il faut que vous changiez; vous n'êtes déjà plus le même; une magie est née, dont le peintre n'a été que le promoteur, et le tableau c'est cette merveilleuse poursuite. Vous transformez le paysage, et il vous le rend bien. Tous les deux, il faut que vous soyez au sommet de vous-même. Vous êtes appelés, l'un par l'autre, à plus de perfection. Aussi, nous ne pouvons jamais prévoir à quel moment exact un tableau sera terminé. Soudain, on a comme le sentiment d'une coïncidence, et d'un repos. Il est dangereux de poursuivre alors; la seconde rencontre peut tarder. (...) C'est qu'il ne s'agit pas d'un morceau de toile qu'il faut couvrir d'une pâte et de couleurs données. Un tableau, pour le peintre, c'est un morceau du temps qu'il lui faut vivre, qu'il lui faut traverser de part en part."
Extrait du chapitre Naissance du tableau, Joseph Terdjan, "Naissance d'un tableau", in Propos sur la peinture, manifeste artistique dactylographié, 1950 ; Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky, Dossier « Terdjan, Joseph », cote AP TERD (notice en ligne)
Réception
Le philosophe Stanislas Fumet décrivait Joseph Terdjan comme un parfait « peintre contemplatif ».. Pour le critique et philosophe Gabriel Marcel,
Ecrits Joseph Terdjan a publié des écrits de critiques littéraires et philosophiques dans certaines revues, notamment :
« Maurice Nadeau: Michel Leiris et la quadrature du cercle », in La Table ronde, n°200, 1964, p. 136-138 ; « La fiancée du tambour-major de Jean Sur », in La Table ronde, n°203, 1964, p. 124-125 ; « La dignité humaine et ses assises existentielles: Gabriel Marcel », in La Table ronde, n°203, 1964, p. 128-129 ; « Le point de départ de Georges Poulet », in Revue de Métaphysique et de Morale, 1965, p. 496-497 (lire en ligne).
Notes et références
Annexes Bibliographie « Terdjan, Joseph », in The Republic of Lebanon, volume 2, 1956, (lire en ligne). Gabriel Bounoure et Stanislas Fumet, Joseph Terdjan: peintures, Beyrouth, Imprimerie catholique, 1959, 19p. (notice en ligne). Louis Barjon, « Une exposition Terdjan », in Études, , (). Ōnnik Awetisian, « Terdjan Joseph », in Peintres et sculpteurs arméniens, du 19e siècle à nos jours, Amis de la culture arménienne, 1960, p. 404 (lire en ligne). Waldemar George, "Un peintre de la vie intérieure: Terdjan", in Terdjan: Peintures, Galerie Bernheim-Jeune, 1966 (notice en ligne) Stanislas Fumet, Histoire de Dieu dans ma vie: souvenirs choisis, Paris, Fayard, 1978, (lire en ligne). Salah Stétié, L'Extravagance: mémoires, Paris, Robert Laffont, 2014 (lire en ligne). Abdallah Naaman, Les Orientaux de France (Ier-XXIe siècle), Paris, Ellipses, 2019 (lire en ligne). Seren Erciyas, « Galería José de la Mano - Joseph Terdjan: Türkiye’den Bir Sanatçının Yeniden Keşfi », in The Art Newspaper Türkiye, (lire en ligne). Camille Noé Marcoux, « Terdjan Joseph (1924-2001) », Galería de la Mano / Embajada de España en Turquia, 2024 (lire en ligne).
Liens externes
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