Jean Jacques Kirstein (ou Johann Jacob Kirstein), né le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un orfèvre actif dans la seconde moitié du . Il appartient à la grande dynastie d'orfèvres strasbourgeois luthériens, les KirsteinJean Daniel Ludmann, « Kirstein, Jean Jacques », Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 21, , .
Biographie Fils de l'orfèvre Joachim Frédéric I Kirstein (1701-1770), il épouse en 1760 Anne Marie Baumeyer (1740-1769), dont il a deux enfants, Jacques Frédéric et Jean Jacques, qui deviendront orfèvres.
Il est admis à la tribu de l'Échasse et reçu maître en 1760, devient échevin en 1767, maître de la tribu en 1772 et 1786, élu au tribunal de la tribu en 1773, 1787 et 1788, également assesseur au Sénat en 1787 et 1788.
En 1760, année de son mariage et de sa maîtrise, il acquiert également une maison du Frédéric Piton, Strasbourg illustré, ou panorama pittoresque, historique et statistique de Strasbourg et de ses environs, 1855, , , reconstruite partiellement en 1860, sur l'emplacement de l'actuel , de la rue des Orfèvres.
Geoffroy Schuman effectua son apprentissage chez lui entre 1762 et 1768.
Œuvre Considéré comme un « orfèvre de grand talent », Jean Jacques Kirstein est l'auteur de nombreux dessins et pièces d'orfèvrerie, présentés dans les musées, les expositions et les ventes aux enchères. vignette|upright|Miroir de toilette de la princesse de Deux-Ponts. Le cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg possède une importante collection de dessins d'orfèvrerie, dont plusieurs ont été réalisés par Jean Jacques Kirstein : légumier, soupière, anse d'écuelle, flambeau et divers motifs décoratifs« Kirstein, Johann Jacob (dessinateur, orfèvre) », base Joconde .
Le musée des Arts décoratifs de Strasbourg conserve une collection significative. La pièce-maîtresse est le miroir de toilette de la princesse de Deux-Ponts, exécuté vers 1786. De grande taille , fait partie du nécessaire offert par Maximilien Joseph de Deux-Ponts, colonel-propriétaire du régiment d'Alsace à Strasbourg, à Augusta Wilhelmine de Hesse-Darmstadt, fille du comte Georges Guillaume de Hesse-Darmstadt et de Marie Albertine Louise de Linange-Heidesheim, à l’occasion de la naissance de leur fils ainé, le . Ce nécessaire est constitué d'environ 25 pièces, léguées à son mari par la princesse qui meurt en 1796. Le prince se remarie en 1797. Vers 1804-1805 les armoiries qui se trouvaient au sommet du miroir sont remplacées par les armes d’alliance de Maximilien Joseph et de Caroline de Bade-Durlach (1776-1841), sa seconde épouse« Miroir de toilette », Musées de la Ville de Strasbourg . De nombreuses autres pièces de cet ensemble sont pillées en Autriche en 1944, les pièces subsistantes dispersées lors d'une vente aux enchères à Berne en . Cependant le musée a gardé l'écrin de voyage en maroquin rouge de ce miroir.
Jean Jacques Kirstein a également réalisé dix des pièces de la toilette offerte à la comtesse Sophia Thérèse von de Leyen pour la naissance de son fils Erwein en 1789Cet ensemble a figuré à l’exposition Le siècle d’or de l’orfèvrerie de Strasbourg chez Jacques Kugel à Paris du 10 au 31 octobre 1964. Il est reproduit et décrit dans le catalogue du au . Le musée des Arts décoratifs en expose quelques-unes, dont une aiguière et son bassin« Aiguière », base Joconde , une écuelle à bouillon« Écuelle (à couvercle) », base Joconde , une paire de flacons à parfum sur leur plateau« Flacon (2), présentoir », base Joconde , un éteignoir« Éteignoir », base Joconde .
Outre ces ensembles de prestige, le musée présente une assiette en argent doré« Assiette », base Joconde , le couvercle d'un pot à fard« Pot à fard, couvercle (élément) », base Joconde , un huilier en argent et cristal« Huilier », base Joconde , des flambeaux en argent« Flambeau (2) », Base Joconde . Le premier est de Kirstein (1763), le second, réalisé 20 ans plus tard sur ce modèle, provient de l'atelier de la Veuve Fritz., plusieurs cuillers en argent.
Le Metropolitan Museum of Art à New York a acquis plusieurs pièces, un gobelet en argent doré (vers 1770 « Beaker ca. 1770. Jean-Jacques Kirstein », Metropolitan Museum of Art ) et un ensemble de trois cuillers en argent (1760-1789 « Set of three spoons 1760–89. Jean-Jacques Kirstein », Metropolitan Museum of Art ).
De nombreuses pièces figurent également dans des collections particulières.
Postérité Le nom d'une rue de Strasbourg rappelle la place de la famille Kirstein dans la vie artistique de la villeMaurice Moszberger, Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Barr, Le Verger éditeur, 2012, .
Notes et références
Annexes Bibliographie
Jean Daniel Ludmann, « Kirstein, Jean Jacques », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 21, ,
Articles connexes Corporation de l'Échasse
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