Le d'autos-mitrailleuses et autos-canons (ou GAMAC), petite unité de l'armée française, est créé en par le général Gallieni à partir de quelques effectifs de la Marine pour apporter une puissance de feu mobile aux armées combattant dans le Nord et en Belgique. Affecté le à l'état-major de la , il devient escadron d'autos-mitrailleuses de cavalerie (E.A.M.C.) le .
Création, dénominations et affectations groupe d'autos-canons de 37m/m de la Marine (1914-1916) Cette unité est, en , la première des 17 groupes d'autos-canons de de la Marine créés par le général Gallieni, Gouverneur militaire de Paris. Elle se voit affectée au régiment de spahis auxiliaires algériens commandé par le colonel Sarton du Jonchay, régiment rattaché au Groupement de Nieuport (du Groupe Provisoire du Nord), qui récupère la brigade des fusiliers marins le , affecté au Détachement de l'Armée de Belgique devenu en le corps d’ArméeService historique de la Défense, Les armées françaises dans la Grande Guerre, t. 10, vol.1 : Grands quartiers généraux, Groupes d'armées, Armées, Corps d'armée, Imprimerie nationale, 1924, p. 14, 945.. Ce rattachement opérationnel du groupe d'Autos-canons perdure jusqu'à sa dissolution en tant qu'unité de la Marine en .
Groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons (1916-1919) Par une lettre du , Albert Thomas, sous-secrétaire d’État de l’Artillerie et des munitions, crée et organise les groupes d’autos-mitrailleuses et d’autos-canons (Groupes AMAC ou GAMAC), administrativement rattachés à la batterie du régiment d'artillerie lourde à tracteurs puis au 27e régiment de dragons à compter du . Dès que le GAMAC retrouve en la position de son prédécesseur de la formation Marine, en Belgique, il se voit affecté au Groupement de Nieuport. À la dissolution de ce dernier il rejoint temporairement la Armée puis se voit définitivement affecté le à l'état-major de la 1re division de cavalerie jusqu'à la fin de la guerreService Historique de la Défense, Les armées françaises dans la Grande Guerre, t. 10, vol. 2 : Ordres de bataille des grandes unités : divisions d'infanterie, divisions de cavalerie, Imprimerie nationale, 1924, p. 999-1070..
Groupe puis escadron d'autos-mitrailleuses de cavalerie (1919-1922) En application d'une circulaire du , « les groupes d’A.M.A.C. sont désormais affectés à un régiment de la D. C. à laquelle ils appartiennent » à compter du suivantCirculaire n° 6283 4/2 du 13 septembre 1919, citée dans La France militaire, 18 septembre 1919, p. 2, col. 4, lire en ligne.. C'est à partir de cette fin 1919 que tous les groupes AMAC sont dénommés (A.M.C.)Ministère de la Guerre, Direction de la cavalerie, Instruction provisoire sur l'emploi et la manœuvre des unités d'autos-mitrailleuses de cavalerie, Tome premier, Paris, Imprimerie Nationale, 1920, p. 5 (Lire en ligne sur Gallica).. Toutefois l'ancienne appellation et ses variantes continuent d'être utilisées indifféremment jusqu'à la transformation du groupe en à compter du En application de la circulaire n° 6717 4/2 du 20 octobre 1922 du Ministère de la Guerre, citée dans La France militaire, , p. 1, col. 4 (Lire en ligne sur Retronews)..
L'unité, stationnée à Saint-Germain-en-Laye reste rattachée au 16e régiment de dragons, division de cavalerie.
Lors des changements de numérotation des escadrons d'A.M.C au , le Circulaire du ministère de la Guerre, n° 7578 4/2 du 13 février 1923, citée par La France militaire, 18 février 1923, p. 1, col. 4 (Lire en ligne sur Retronews)..
Historique des campagnes et batailles Campagne contre l'Allemagne 1914 À peine en ordre de marche, le groupe reçoit l'ordre de se lancer sur les routes dès le pour contribuer à la Course à la mer. Après un parcours ponctué d'engagements sérieux à Arras, le groupe rejoint la brigade des fusiliers-marins en Belgique.
1915 Cantonnements et divers services (défense contre aéronefs, surveillance des canaux) entre Dunkerque et Nieuport. Le le groupe est filmé par le Service cinématographique des Armées dans une mise en scène destinée à montrer la rapidité d'intervention de ce genre d'unité« Un mouvement ayant été signalé, les autos-canons et les autos-mitrailleuses, grâce à leur mobilité se rendent sur les points à défendre », Nos soldats à l'embouchure de l'Yser © Eugène Alfred Jean Machin/ECPAD/Défense/14.18 B 403/TC 00:04:21 (Voir la séquence du film sur imagedefense.gouv.fr). À cette occasion des amateurs prennent de nombreuses photos.. En décembre, service aux tranchées à Nieuport. 1916 Janvier, service aux tranchées à Nieuport. , retour du groupe à Boulogne-sur-Seine pour dissolution en tant que groupe d'autos-canons de la Marine. Mars : Reconstitution de l'unité comme Groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons (GAMAC). , départ de Boulogne, retour sur la côte belge, reprise des missions de défense anti-aérienne. Juillet, avec le GAMAC, participation aux manœuvres de la division de cavalerie au camp de Belleuse (Somme). Du au , engagement dans la bataille de la Somme en tranchées à Feuillères. Le groupe est relevé par le GAMAC. Décembre, prise de services en tranchées, en alternance avec le GAMAC, à Puisaleine, près de Saint-Crépin-aux-Bois (Oise) où il cantonne. 1917 Mars, fin du service de tranchées dans l'Oise, puis mouvement vers la région de Roye. Fin avril mouvement vers l'Aisne, secteur de Coucy-le-Château puis service de tranchées jusqu'à la fin de l'année . 1918 En mars, le groupe quitte la rive gauche de l'Oise pour gagner la région de Roye où il est engagé dans la Deuxième bataille de Picardie pour contenir l'offensive allemande. Mai-juin, le groupe est engagé plusieurs fois dans la Marne. De septembre au , nombreux mouvements et stationnements dans la Marne et la Haute-Marne, quelques actions de reconnaissance.
Après l'armistice 1918 Deuxième quinzaine de novembre : en Lorraine (Metz, Sarreguemines, Saint-Avold). Début décembre en Allemagne (Homburg, Mayence) puis en cantonnement à Strasbourg. 1919 À Strasbourg en janvier puis à Mayence. Le remise de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre par le général Mangin. De mars à juin à Metz. À partir d' le groupe s'installe définitivement en garnison à Saint-Germain-en-Laye. 1920-1922 Le Groupe d'A.M.C. est souvent requis pour les parades et manifestations comme le à l'hippodrome de VincennesLe Journal, , p. 1 (Consulter en ligne)., le à l'hippodrome de Longchamp à ParisJournal des débats politiques et littéraires, , p. 3, col. 6 (Lire en ligne).. En septembre il se rend au camp de Coëtquidan (Morbihan) pour participer aux manœuvres d'automne.
Commandants du groupe Période Marine. Lieutenant de vaisseau Pierre Guette ( - ). Période Cavalerie Capitaine Louis Pommier ( - ). Capitaine Georges Rouzaud ( - ). Capitaine Georges Favre ( - ). Capitaine Charles de Kergorlay ( - ). Capitaine Louis Villien de Gabiole ( - après 1922).
Pertes du groupe
Bien que le groupe d'autos-mitrailleuses ait longuement servi dans les tranchées, ses pertes sont concentrées dans quelques engagements qualifiés Action AMAC, pour signifier des opérations, offensives ou défensives, dans lesquelles il est fait principalement appel aux spécificités de ces unités mobiles composées de voitures blindées, bien armées en mitrailleuses et canons, servies par des personnels expérimentés et solidaires. Les blessés, tués, morts de blessures, morts de maladie contractée en service, disparus du groupe AMAC s'élèvent au minimum à 22 hommes sur l'ensemble de la durée des hostilités, certains d'entre eux ayant été blessés (ou gazés) plusieurs fois. Parmi les décès et disparitions seuls six hommes ont pu être identifiés.
+GradeNomDate de décès/disparitionCirconstance Maréchal-des-logisAdolphe BesnardTué le Action AMACSoldatRené Anatole RenouTué le Action AMACMaréchal-des-logisAndré GautierMort des suites de ses blessures le TranchéesSoldat motocyclisteSimonDisparu le Action AMACSoldatFrançois Ludovic MaillaryTué le Action AMACMaréchal-des-logisCharles HavretteMort le Maladie contractée au service
Distinctions et Décorations Le Groupe reçoit une citation à l'ordre de la brigade et deux citations à l'ordre de l'armée. Citation à l’ordre de la brigade de fusiliers-marins en par le général commandant la colonne mobile de DouaiService historique de la Défense, MV Fe 2/155.. Citation à l'ordre du jour de la armée du :
Citation à l'ordre du jour de la armée du .
Ces deux citations permettent l'attribution de la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918 le . Le général Charles Mangin en remet l'insigne au fanion du groupe à Mayence, le , au cours d'une prise d'armes où est également honoré le régiment d'infanterie coloniale du Maroc qui reçoit sa dixième citationCette cérémonie est filmée par le Service photographique des armées. L'opérateur Fernand Baye rédige le compte rendu de tournage n°2043 du 04/02/1919. Voir le film intitulé Fort de Brimont. Le Général Mangin à Laon. Le RICM à Mayence. Voyage du général Mangin en Amérique latine, juillet 1921 ©SCA/SPCA, Section cinématographique de l’Armée cote 14.18 A 1327 (Visionner en ligne)..
À partir de cette date, les cadres et personnels du groupe portent à l'épaule gauche cette fourragère pendant leur service dans l'unité.
Personnalités ayant servi au sein du groupe Jean de Gouy d'Arsy (1875-1935), adjudant de la Territoriale, petit neveu d'Alfred de Gouy d'Arsy, parlementaire, et époux de Jeanne Lebesgue (1879-1971), fille naturelle de Pierre d'Orléans, duc de Penthièvre. Charles de Kergorlay (1879-1952), capitaine de cavalerie, fils du comte Octave de Kergorlay et de Geneviève de la RochefoucauldGeneanet, Christian Henri, Patrick Rubat du Mérac. Georges Rouzaud (1889-1944), capitaine de réserve, fils des fondateurs et co-directeur de la chocolaterie La Marquise de Sévigné.
Matériels À l'origine, le groupe est doté de : 6 autos-canons Peugeot modèle 1914, simples camions à plateau et ridelles en bois, dont le conducteur et le passager ne sont protégés que par un masque en acier, équipés d'un canon de 37 mm à tir rapide de la Marine. 2 autos-mitrailleuses Renault modèle 1914, équipées d'une mitrailleuse de Saint-Étienne modèle 1907.
Les autos-mitrailleuses sont remplacées au tout début de par des Renault blindés modèle 1915. Les autos-canons par des modèles blindés Peugeot modèle 1915. Ces modèles restent en service jusqu'en .
Début , le groupe est entièrement rééquipé à Lyon d'autos-canons-mitrailleuses de type White TBC « nouvelles voitures blindées qui, selon le rédacteur du Journal des marches et opérations du groupe, n'ont occasionné que des désagréments au cours des étapes Lyon-Versailles »Journal des marches et opérations du GAMAC, cahier du 18 avril 1917 au 14 septembre 1919 (Service Historique de la Défense, GR 26 N 1246/2, vue 72)..
Bibliographie
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Voir aussi Articles connexes Automitrailleuse Renault Groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons (1914-1922) Taca Tac Teuf Teuf, Journal des groupes d'autos-mitrailleuses White TBC
Liens externes
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Notes et références
Catégorie:Unité militaire française de la Première Guerre mondiale Catégorie:Unité de la Marine française Catégorie:Unité militaire décorée de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute * Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1914 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1922