La rue du Faubourg-Saint-Honoré est une voie du de Paris qui le traverse d'est en ouest, au travers des quartiers de la Madeleine et du Faubourg-du-Roule.

Situation et accès Elle commence rue Royale et se termine place des Ternes. Elle est longue de .

Il s'agit de l'une des rues les plus luxueuses de la capitale. Outre le palais de l'Élysée, résidence officielle du président de la République française, la rue du Faubourg-Saint-Honoré est l'adresse d'ambassades, de magasins de luxe et de haute couture ainsi que de galeries d'art et d'antiquités prestigieuses.

Depuis 2024, à l’automne, une soirée est organisée par l’association MaSH, au cours de laquelle la plupart des galeries d’art et d’antiquités du quartier Matignon - Saint-Honoré ouvrent leurs portes au public, l’avenue Matignon et la rue du Faubourg-Saint-Honoré étant à cette occasion interdites en partie à la circulation« 37 galeries du quartier Matignon Saint-Honoré ouvrent leurs portes pour célébrer l’art sous toutes ses formes », Le Figaro, 20 octobre 2025..

La rue est desservie à proximité par la ligne 9 à la station Saint-Philippe du Roule.

Origine du nom La rue du Faubourg-Saint-Honoré doit son nom au fait qu'elle traversait le hameau et prolongeait la rue Saint-Honoré à l'extérieur du mur d'enceinte qui desservait l'église Saint-HonoréL'église Saint-Honoré, aujourd'hui disparue, était située entre les rues Croix-des-Petits-Champs et des Bons-Enfants.. Le faubourg est primitivement un quartier « fors le bourg » (de l'ancien français « fors », issu du latin , « en dehors » et de , bourg, forsborc vers 1200, forbours vers 1260Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, , 3 vol., 2006.).

Historique Au Moyen Âge, c'était la voie qui, en prolongement de la rue Saint-Honoré, allait de l'église Saint-Honoré, aujourd'hui disparue, située entre les rues Croix-des-Petits-Champs et des Bons-Enfants, au pont du Roule. Elle s'appelait déjà « rue du Faubourg-Saint-Honoré ».

À partir de 1633, cette appellation est réservée à la rue située à l'ouest de la nouvelle porte Saint-Honoré reconstruite en 1631Sabine Drilhon-Codet, « Saint-Philippe-du-Roule », 328. « à de l'ancienne », à peu près au niveau de la rue Royale et qui va jusqu'au faubourg du Roule après avoir traversé le Grand Égout, qui se situait approximativement au carrefour avec la rue du Colisée. On parle alors de « nouveau faubourg Saint-Honoré ». Au-delà de celui-ci, au niveau du village du Roule (voir « Quartier du Faubourg-du-Roule »), la voie devint « chaussée du Roule ». Cette section prit par la suite successivement les noms de « rue du Bas-Roule », « rue du Haut-Roule » et « rue du Faubourg-du-Roule ». Elle est citée sous le nom de « Chaussée du faulxbourg Saint Honnoré », dans un manuscrit de 1636.

Le quartier du faubourg Saint-Honoré se développe rapidement à partir de la fin du sous l'impulsion de riches financiers qui y font construire des hôtels particuliers dont témoignent ceux qui ont été conservés entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et l'avenue Gabriel. Plusieurs phénomènes concourent à ce développement : la pression démographique au centre de Paris , le déclin du quartier du Marais et l'installation du régent Philippe d'Orléans au Palais-Royal proche à partir de 1715.

Les déclarations royales de 1724 et 1726 donnent un coup d'arrêt à la spéculation en interdisant de percer de nouvelles rues et de bâtir dans les faubourgs des maisons à porte cochère., mais les habitants du faubourg Saint-Honoré s'insurgent et réclament un traitement privilégiéArch. nat., K 982..

En 1733, avec l'extension de la ville jusqu'au mur des Fermiers généraux, la porte Saint-Honoré est supprimée et l'octroi est transféré au Roule. La limite d'interdiction de bâtir est reportée en 1740 jusqu'à la rue des Saussaies et, le , jusqu'à la rue de Chaillot (actuelle rue de Berri). La création de la place Louis-XV (actuelle place de la Concorde) en 1757 relance la spéculation.

L'impératrice Eugénie, sans doute superstitieuse, fit supprimer le de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, qui n'a jamais été rétabli[Collectif], Paris, Guides vert, 2007, 273..

vignette|upright=0.6|Plaque du jumelage avec la Cinquième Avenue à New York. En 1964, sous l'égide du Comité du Faubourg Saint-Honoré, la rue est jumelée avec la Cinquième Avenue de New York.. La rue du Faubourg-Saint-Honoré est aussi jumelée avec la Via Condotti à Rome..

Une partie de la voie délimitait la ZAC Beaujon..

Depuis 2015, et à la suite de la mise en place du plan Vigipirate en réponse aux nombreux attentats islamistes qui frappent le territoire français, la rue est définitivement fermée à la circulation de tous les véhicules non autorisés entre la rue de Duras et la place Beauvau et de nombreux dispositifs de sécurité sont déployés aux différents points d'accès du palais de l'Élysée (herses, bornes anti-véhicules béliers) s'ajoutant à cela une forte présence policière. La circulation des piétons sur cette portion est aussi très règlementée et souvent interdite, notamment lors des visites officielles, du Conseil des ministres, du Conseil de défense et du Conseil restreint.. Le dispositif affecte considérablement la fréquentation des luxueux magasins situés sur cette portion de rue, jusque-là visités par une clientèle fortunée..

Description Du côté impair, le début de la rue est bordé par des hôtels particuliers entre cour et jardin dont les parcelles vont jusqu'à l'avenue Gabriel, c'est-à-dire qu'elles donnent sur les Champs-Élysées. Ce sont aujourd'hui pour la plupart des bâtiments officiels, tels que l'hôtel de Pontalba, résidence de l'ambassadeur des États-Unis, ou l'hôtel de Charost, siège de l'ambassade du Royaume-Uni.

Au premier quart de la rue se trouve la place Beauvau, où est sis l'hôtel de Beauvau, qui abrite le ministère de l'Intérieur. Entre la place Beauvau et l'avenue Matignon, outre l'hôtel Le Bristol, se trouvent de nombreuses galeries de peintures et marchands d'art et d'antiquités de grande qualité.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|L'extrémité orientale de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, vue depuis la rue Royale (19), en 1965. Photographie Willem van de Poll. Les premières maisons de la rue du Faubourg-Saint-Honoré ont été incendiées par les communards en 1871, avec une partie de la rue Royale.

2 (et 19/21 rue Royale) : immeuble d'angle haussmannien (1872) à vocation de bureaux et de commerces avec l'entrée d'une des quatre boutiques parisiennes de la marque Gucci. dont les vitrines occupent la façade de la rue Royale. 3 : à cette adresse se trouvait en 1928 la galerie d'art EcalleBeaux-arts : chronique des arts et de la curiosité, volume 9, 1931. dans laquelle exposa, entre autres, Adrien Karbowsky.

6 : immeuble qui fut habité par l'écrivain Henry Monnier, créateur du personnage de Monsieur Prudhomme. 9 : c'était, à l'enseigne Aux Montagnes russes, une maison acquise en 1832 par le fils d'un médecin d'Auteuil, Chardon-LagacheJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue Chardon-Lagache », .. La femme d'un pair de France qui fut ambassadeur auprès du tsar, la baronne de Barante, introduisit son fournisseur auprès de la haute société de la monarchie de Juillet et les Montagnes russes devinrent un magasin à la mode en une époque qui fut décisive pour le destin du faubourg Saint-Honoré. 11 : après avoir ouvert un salon de coiffure en 1945 au 83 puis avoir déménagé en 1947 au 5, les sœurs Carita créent au 11 en 1951 un salon d’esthétique qui existe toujoursMélanie Noche, « Carita : la maison de beauté réouvre ses portes après deux ans de travaux, et devient l'adresse la plus prisée de la capitale », vogue.fr, 4 octobre 2022.. En 1956, elles ouvrent une école d'esthétique au 14 de la même voie« Carita, la haute beauté a une histoire », cnep-france.fr, consulté le 20 juillet 2023.. 14 : immeuble construit à la fin du , occupé entre 1811 et 1835 par la mairie de l'ancien . Salle des fêtes au rez-de-chaussée. 19 : immeuble construit à la fin du , occupé au rez-de-chaussée par la parfumerie créée par Jean-François Houbigant en 1775. Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain (1872-1934), écrivain et poète y a habité au . vignette|Plaque au 20. 20 : magasin de l'antiquaire Yvonne de Bremond d'Ars jusqu'en 1968. Une plaque commémorative lui rend hommage. 21-23 : immeubles de rapport construits en 1776 pour le fermier général Le Roy de Senneville. 22 : en 1889, la couturière Jeanne Lanvin« Jeanne Lanvin, l’artiste couturière », Gallica. (1867-1946) ouvre sa première boutique de chapeaux dans l’entresol du 16, rue Boissy-d’Anglas« Jeanne Lanvin (1867-1946) », musée des Arts décoratifs. et, quatre ans plus tard, inaugure sa maison au 22 de la rue du Faubourg-Saint-HonoréOlivier Saillard, Le Bouquin de la mode, 2019.. On peut observer sur la façade un cartouche portant la date de 1886. L’entresol, où débuta la couturière française, n’existe plus et a été remplacé par les hautes vitrines de la maison Lanvin. 24 : immeuble du , très remanié, qui abrite la maison Hermès depuis 1879. Le toit-terrasse du bâtiment est occupé par un petit jardin privatif. Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille Hermès y avait d'abord aménagé un potager, transformé en espace vert à la Libération. Depuis 1987 est installée sur le rebord la statue d'un cheval et de son cavalier, brandissant des carrés de la marque. Il s'agit autant d'une référence à l'histoire d'Hermès, dédié à l'origine à la sellerie, que du souvenir de la descente de l'avenue des Champs-Élysées par un cavalier solitaire muni de feux d'artifice, le ; voulant célébrer la République en plein Consulat, il fut arrêté.. 25 : résidence parisienne des princes de Monaco jusqu'à ce que le prince Albert la transfère dans l'hôtel de l'avenue Georges-Mandel. Igor Stravinsky y a habité de 1934 à 1939.. L'hôtel particulier a aussi appartenu à Denis-André de Kerveguen, fils de Gabriel Le Coat de Kerveguen, riche planteur créole de La Réunion. 27 : un hôtel se trouve au fond de la cour. À la fin du , l'immeuble appartenait à l'agent de change Adolphe Abeille (né en 1848) dont la maîtresse, Alphonsine Demay, habitait au : 29 : hôtel de Rohan-Montbazon, construit en 1719 par Pierre Cailleteau dit Lassurance. Remanié au , un salon a conservé un décor Empire. Anciennement, une boutique Chanel« Star Academy », Vanity Fair, , , .. 30 : cité du Retiro. 31 : hôtel Pillet-Will, ancien hôtel Marbeuf, ayant appartenu à Jean-Hyacinthe Davasse de Saint-Amarand (Albi, –Paris, ), fermier général ayant contribué, comme les 64 autres fermiers généraux, aux frais de l'édition dite des fermiers généraux des Fables de La Fontaine établie par Barbou à Paris en 1762. Actuelle résidence de l'ambassadeur du Japon en France.

33 : hôtel Perrinet de Jars, dit aussi hôtel de Guébriant, construit en 1714 par Pierre Grandhomme pour Anne Levieux, femme d'un financier. Il appartint ensuite au fermier général Étienne Perrinet de Jars, qui lui a laissé son nom et le fit transformer par Jean-Michel Chevotet. Il fut acquis en 1810 par le duc Decrès, ministre de la Marine de Napoléon . Loué de 1849 à 1864 à l'ambassade de Russie, il est vendu en 1856 au baron Nathaniel de Rothschild qui le fait transformer vers 1864 par Léon Ohnet. Les travaux consistent notamment en la reconstruction du corps sur rue et de l'escalier et en le remontage de boiseries réalisées en 1762 par Étienne-Louis Boullée pour l'hôtel de Tourolle, rue Charlot. Le bâtiment sur rue a été surélevé en 1928. L'hôtel abrite aujourd'hui le Cercle de l'Union interalliée qui l'a acquis en 1920 d'Henri de Rothschild ; c'est également le siège du Nouveau Cercle de l'Union, indépendant du premier.

Du 35 au 41, le trottoir du côté impair est fermé au public étranger aux bâtiments diplomatiques.