Le colachon, en italien colascione (ou calascione, italien : [kolaˈʃʲoːnɛ] est un luth à manche long inventé dans les années 1600, à la fin de la Renaissance et au début de la période baroqueCurt Sachs: Handbuch der Musikinstrumentenkunde. Breitkopf und Härtel, Wiesbaden 1979, S. 227f.Curt Sachs: Real-Lexikon der Musikinstrumente, zugleich ein Polyglossar für das gesamte Instrumentengebiet (1913)Anthony Baines: Lexikon der Musikinstrumente. J.B. Metzler'sche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart 2005, S. 66. Son manche, très long par rapport à la taille de la caisse en fait le seul luth a manche long de l'instrumentarium européen du XVIIe siècle. Il semble avoir été principalement utilisé en Italie.
On peut noter de grandes similarités entre le colachon et des instruments arabo-perses comme le saz, le tambûr ou le dotâr.
Dans la littérature, le colachon est souvent confondu avec le galichon ou calichon, une version plus grave de la mandore.
Traités Le colachon n'est décrit que très rarement dans les traités historiques.
On le retrouve au XVIIe siècle dans l'Harmonie universelle de Marin Mersenne (1636), Musurgia universalis d'Athanasius Kircher (1650), Gabinetto Armonico de Filippo Bonanni (1722) et l'Encyclopédie de Denis Diderot.Le colachon n'a semblablement que deux ou trois chordes, & est un instrument de quatre ou cinq pied de long [130 à 160cm env.] dont on use en Italie, & dont l'accord à vide est d'Octave en Quinte, [...] encore que l'on puisse l'accorder en plusieurs autres manières. Il a la forme d'un Luth, & n'a qu'un long manche qui est fort long pour donner de l'estenduë à ses trois chordes : ceux qui n'y mettent que deux chordes, l'accordent à la Quinte. [...] Quelques-uns font la table du Colachon moitié de bois, & moitié de parchemin, l'on pourroit aussi la faire de verre, & de plusieurs autres matières : mais il vaut mieux qu'elle soit toute de Sapin, comme celle des autres instruments. (Mersenne, 1636, p. 100-101)
Répertoires On ne connaît que très peu d'œuvres écrites spécifiquement pour le colachon.
Au 17e siècle, on trouve un air dans une pastorale de Johann Sigismund Kusser, Erindo, oder Die unsträfliche Liebe (Hamburg, 1694) où une partie de colachon ("colachono) est écrite.
Le 18e siècle est légèrement plus prolifique. On note l'existence de 6 sonates pour colascioncino (Colla, ca. 1750). Georg Philipp Telemann a aussi écrit un concerto pour 2 flûtes et "Calchedon" (TWV 53:h1).
On trouve cependant au 17e siècle, quatre imitations du colachon. Deux de ces pièces sont écrites pour théorbe et 2 pour claviers.
Johannes Hieronymus Kapsberger, Libro Quatro d’Intavolatura di Chitarone (1640) Intavolature di chitarrone: Mss. Modena (Kapsberger, Pfender, Viviani) Chig.Q.IV.28 [manuscrit]. (anonyme) P-BRad MS 964 [manuscrit]. (anonyme)
Colascioncino vignette|Domenico Colla (colasiconcino) et son frère (guitare) - Matthias Osterreich (dessin) et Pier Leone Ghezzi (gravure), ca. 1752 Une plus petite version de cet instrument a existé, appelé le colascioncino (ou colascione piccolo pour petit colachon), avec des cordes de 50 à 60 centimètres de longueur.
Domenico Colla est connu pour avoir écrit 6 sonates pour colascioncino.
Références
Catégorie:Instrument à cordes pincées Catégorie:Luth