Le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de La France insoumise est une structure créée en se proposant d’être un lieu d’écoute, d’aide et d’orientation des membres de ce mouvement politique, victimes ou témoins d’actes de violences de ce type. Il est dirigé initialement par Danielle Simonnet puis par Sarah Legrain à partir de .
Historique En 2018, dans le contexte du mouvement MeToo, des militantes féministes de La France insoumise (LFI), comme Amandine Fouillard ou Prune Helfter-Noah, demandent une cellule d’écoute des femmes « dont les membres ne seraient pas des cadres du parti ». Pour elles, cette condition permet « d’éviter que les intérêts politiques ne prennent le pas sur celui des victimes. ». Cette proposition d'organisation n'est pas suivie d'effet, mais un comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles (CVSS) est créé au sein de LFI en .
Danielle Simonnet, proche de Jean-Luc Mélenchon, en assure la mise en place et la direction, sous la dénomination du , une structure qui deviendra le CVSS. Le comité est composé uniquement de femmes. Lorsque des victimes alléguées saisissent le comité, deux personnes enquêtent alors sur les faits dénoncés. Elles accompagnent la victime qui souhaite judiciariser son affaire et proposent d'éventuelles sanctions au comité de respect des principes de LFI qui décide de la suite à donner. Sarah Legrain est membre du Comité depuis et prend la suite de Danielle Simonnet.
En , le Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles mentionne le traitement de 17 cas de violences sexistes et sexuelles constatés au sein de La France insoumise. Dix militants sont exclus et une procédure est ouverte pour un des cadres du mouvement.
En , à la suite des affaires Taha Bouhafs et Éric Coquerel, Jean-Luc Mélenchon prend ses distances avec le CVSS : .
Dans un article-enquête du Monde, en , Hélène Franco, magistrate et ancienne militante aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, déclare au sujet du CVSS de La France insoumise : « Il faut être francs, ce comité est devenu au fil du temps un rasoir à deux lames. La première sert à dire à l’extérieur que l’on s’occupe du sujet et évite que l’on dépose plainte. La seconde, c’est pour dégager les emmerdeurs, ceux qui veulent des places ou contestent le fonctionnement interne. C’est le cas Guénolé ». Pour la magistrate Isabelle Lonvis-Rome, ministre chargé des Droits des femmes, le CVSS « constitue in fine un huis clos qui étouffe la parole des victimes au lieu de la libérer ».
Chronologie des affaires
Thomas Guénolé Le politologue Thomas Guénolé quitte La France insoumise en , accusé de harcèlement sexuel par le CVSS. Il dénonce des « méthodes staliniennes » utilisées pour empêcher ses critiques sur le fonctionnement de LFI. En , Thomas Guénolé porte plainte pour diffamation non publique contre Danielle Simonnet, auteure du rapport interne au parti l'ayant accusé de « harcèlement sexuel ». Le , Danielle Simonnet ayant plaidé la vérité des faits, le tribunal de police de Paris rejette son offre de preuves, constatant donc l'absence de preuve pour accuser Thomas Guénolé, mais relaxe Simonnet au motif de la bonne foi...
Ugo Bernalicis
Selon Mediapart, le député LFI Ugo Bernalicis fait l'objet d'un rapport, resté sans suite, pour des comportements problématiques à l'égard d'une femme en 2019...
Taha Bouhafs
En , Taha Bouhafs, à la suite d'une entrevue avec Mathilde Panot et Clémentine Autain, renonce à sa candidature aux législatives, se présentant comme victime d’un harcèlement raciste. Ultérieurement, le Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de LFI affirme avoir reçu, quelques jours auparavant, un « témoignage relatant des faits supposés de violence sexuelle ». Les faits exacts reprochés ne sont pas communiqués à Taha Bouhafs.. En , il est annoncé qu'une des deux accusatrices de Taha Bouhafs retire son témoignage auprès du Comité de suivi des violences sexuelles et sexistes. En , La France insoumise met un terme à la procédure du Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles sans décider d'une sanction. Taha Bouhafs indique ne pas vouloir réintégrer LFI.
Éric Coquerel
Alors que Sophie Tissier, ancienne proche du Parti de gauche, accuse Éric Coquerel de « gestes déplacés » lors d’une soirée dansante en boîte de nuit en 2014, le comité, saisi le , indique n'avoir jamais reçu de signalement permettant de vérifier les rumeurs de comportements déplacés envers les femmes.
Adrien Quatennens
Le CVSS n'a pas été contacté par la femme d'Adrien Quatennens. Il ne s'auto-saisit pas de cette affaire de violences conjugales.
Damien Cassé À la suite de la plainte du pour viol de la députée Ersilia Soudais à l'encontre de son compagnon Damien Cassé, tous deux membres de LFI, une enquête de flagrance est engagée par le parquet de Meaux. À la suite de la saisie du CVSS par Ersilia Soudais, le militant est exclu de LFI « à titre conservatoire ». Damien Cassé conteste ces accusations.. La plainte pour viol est classée sans suite pour absence d’infraction par le parquet de Meaux en . Cassé dépose plainte contre son accusatrice pour dénonciation calomnieuse, qui sera jugée pour ces faits en . Damien Cassé est cependant jugé pour harcèlement moral.. Le procès a eu lieu le , et le délibéré est rendu le . Damien Cassé est relaxé des accusations portées contre lui par le tribunal de Meaux. Ce jugement a été ensuite infirmé en appel le 1er juin 2026, et il a été reconnu coupable des faits de harcèlement moral sur conjoint. Il a été condamné à diverses amendes et 4 mois de prison avec sursis, une inéligibilité d'1 ans sans exécution provisoire, mesure complète d'éloignement le 1er juin 2026.
Hugo Prevost
Le député Hugo Prevost est exclu du groupe parlementaire de la France insoumise le à la suite du signalement par le CCVS, en septembre, de le concernant. Le , il annonce sa démission de son mandat de député.
Notes et références
Note
Références
Voir aussi Articles connexes Violence contre les femmes Mouvement #MeToo en France
Liens externes
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