Les frappes russes de 2022-2023 contre les infrastructures ukrainiennes sont une campagne de bombardements à l'aide de drones suicides et de missiles menés avant l'hiver contre les infrastructures ukrainiennes par la Russie dans le cadre de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022. Contrairement au droit de la guerre, la plupart des cibles atteintes par ces frappes sont des zones civiles, particulièrement des infrastructures énergétiques sans importance militaire. Ce ciblage est assimilable à un crime de guerre. Cette campagne de frappes a été ordonné par le général russe Sergueï Sourovikine, le commandant chargé des opérations militaires en Ukraine depuis le . Ce dernier avait mis en œuvre des stratégies similaires lors de la guerre civile syrienne.
Déroulé vignette|Matériel pour résister aux attaques russes à Vinnytsia, ville au centre de l'Ukraine : une radio, seul moyen de recevoir des informations, et une lampe torche. Décembre 2022.
9 octobre 2022
Environ 13 personnes ont été tuées et 89 blessées lors de tirs de missiles lancés sur un quartier résidentiel de Zaporijjia, détruisant un immeuble et endommageant 70 autres bâtiments.
10 octobre 2022 - aujourd'hui La première vague de frappes survient le 10 octobre (seulement deux jours après la prise de fonction de Sergueï Sourovikine) dans des dizaines de villes ukrainiennes, dont Kiev, où aucun bombardement n'avait eu lieu depuis .
De nouvelles vagues frappent périodiquement les infrastructures ukrainiennes, affectant gravement la distribution d'énergie dans le pays et ses voisins. Le , près de la moitié des systèmes énergétiques du pays sont détruits et 50% des civils ukrainiens n'ont plus ni électricité ni chauffage, malgré les efforts des autorités ukrainiennes pour rétablir les approvisionnements À la mi-décembre, la Russie a lancé plus de 1 000 missiles ou drones depuis le début de la campagne de bombardement.
Condamnations internationales Organisations internationales Nations Unies Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, est par les attaques de missiles à grande échelle, selon son porte-parole.
Union européenne Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, promet que l'Union européenne se tiendra aux côtés de l'Ukraine , s'exprimant dans un message vidéo aux côtés du Premier ministre estonien, Kaja Kallas, près de la frontière orientale de l'UE avec la Russie.
Le président français Macron annonce le que des systèmes de défense aérienne seront livrés à l'Ukraine, dans les prochaines semaines en raison des frappes. Il déclare que la guerre est entrée dans .
L'Allemagne annonce le qu'elle accélérera la livraison de quatre de ses systèmes de défense aérienne IRIS-T SLM.
La ministre néerlandaise de la Défense, Kajsa Ollongren, écrit dans une lettre au Parlement le que les attaques . Elle annonce 15 millions d'euros de missiles de défense aérienne pour l'Ukraine en réponse aux attaques russes.
À la suite de l'initiative allemande, quinze pays européens annoncent, le , qu'ils se procureront conjointement des systèmes de défense aérienne afin de protéger le continent, dans le cadre de la nouvelle initiative européenne Sky Shield.
À la suite de nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, le , le Parlement européen vote en faveur de la désignation de la Russie comme étant un État parrain du terrorisme.
OTAN Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, déclare le que .
Réactions des principaux États impliqués dans la guerre russo-ukrainienne États-Unis Le lendemain des frappes, le président Joe Biden condamne les attaques et annonce que l'Ukraine recevra des . Il s'entretient par téléphone avec son homologue ukrainien, le président Volodymyr Zelensky. Le président Biden déclare condamner les . En outre, l'ambassade des États-Unis exhorte ses citoyens à quitter l'Ukraine, en raison des bombardements qui constituent une menace directe pour la population civile et les infrastructures civiles.
Royaume-Uni La Grande-Bretagne condamne les frappes, le secrétaire à la Défense Ben Wallace déclarant, le , que le Royaume-Uni ferait don de son système avancé de défense aérienne, AMRAAM, capable d'abattre des missiles de croisière. Il ajoute que davantage de drones aériens et 18 autres obusiers d'artillerie seront également envoyés. Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, se rend à Kiev le , annonçant un nouveau programme d'aide à la défense ukrainienne de 50 millions de livres sterling, comprenant 125 canons anti-aériens, des radars et une technologie anti-drone. Il déclare également qu'il intensifiera l'aide humanitaire.
Le , au Parlement britannique, l'ancien Premier ministre, Boris Johnson, demande au ministre de la Défense, Ben Wallace, de fournir à l'Ukraine des armes de longue portée. Le Ministre de la Défense met en avant le fait que si la Russie continue de cibler des civils, constituant une violation par celle-ci des conventions de Genève, il se laisse la possibilité d'utiliser des moyens supplémentaires.
Ukraine Le président ukrainien Volodymyr Zelensky réagit sur Telegram : .
Le chef du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, annonce l'interruption immédiate de ses visites en Afrique, en raison d'attaques massives de missiles. Il déclare que Vladimir Poutine , dont .
Le Ministère de l'éducation recommande que toutes les écoles mettent en place l'enseignement à distance d'ici le .
Lors d'une conversation téléphonique, le chancelier allemand Olaf Scholz et Zelensky, conviennent de convoquer une réunion d'urgence du G7.
L'examen montre que plus de 83 missiles et 17 drones Shahed de fabrication iranienne, lancés depuis le territoire de la Biélorussie, sont impliqués dans les frappes. L'Ukraine affirme qu'elle a abattu 43 des missiles, y compris un missile de croisière avec des MANPADS.
Le , à la suite des frappes contre les infrastructures ukrainiennes, Dmytro Kuleba tweet : . Le , Vadym Skibitsky, chef adjoint du renseignement militaire ukrainien, déclare que la Russie a du mal à reconstituer ses stocks de missiles et n'en a qu'assez pour deux à trois grands barrages de 80 missiles ou plus.
Russie Le ministère russe de la Défense déclare le qu'il est satisfait des frappes contre l'Ukraine et affirme que toutes les cibles, y compris celles militaires et énergétiques, ont été détruites.
Le , le président russe, Vladimir Poutine, déclare que les frappes de missiles sur l'Ukraine, sont en représailles à l'attaque ukrainienne présumée, contre le pont de Crimée, qu'il a qualifiée d'acte de « terrorisme », ajoutant que si de telles attaques se poursuivaient, la réponse serait "sévère".
Les propagandistes et responsables gouvernementaux russes, tels que Margarita Simonyan, Tigran Keosayan, Vladimir Solovyov, Evgeniy Poddubny et Ramzan Kadyrov, saluent les frappes de missiles sur l'Ukraine. Certains appellent à cibler les centrales électriques avant l'hiver.
La chaîne de télévision publique russe, Russia-1, répand de fausses déclarations selon lesquelles le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, aurait fui l'Ukraine à la suite des frappes de missiles. Des experts russes affirment également à tort que des photos et vidéos de victimes, blessées par des éclats de verre d'un immeuble de grande hauteur, qui aurait été bombardé, ont été créées de toutes pièces.
Autres réactions d'États : Le , des foules se rassemblent dans les villes de Melbourne, Sydney, Hobart et la capitale, Canberra en faveur de l'Ukraine.
: Maia Sandu, présidente de la Moldavie, condamne les attaques du , déclarant que .
: Le ministère chinois des Affaires étrangères exprime , selon un porte-parole, lors d'un point de presse.
: Le ministère indien des Affaires extérieures publie une déclaration, exprimant de profondes inquiétudes face à . Il appelle également à .
: Yair Lapid, le Premier ministre israélien, condamne fermement les attaques russes contre des civils.
: Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu s'entretient par téléphone avec son homologue ukrainien. Il condamne fermement les frappes russes et affirme que la Turquie poursuivra son soutien à l'Ukraine. Les ministres coordonnent également leurs efforts pour inciter l'Assemblée générale des Nations unies à adopter une résolution.
Conséquences vignette|Civil tué par une frappe russe à Kyiv.Selon l'OMS, ces frappes menacent de créer la pire crise humanitaire en Ukraine depuis la Seconde Guerre mondiale. Sur le plan économique, les bombardements atteignent leurs buts en imposant à l'Ukraine d'importantes dépenses pour la restauration de son système énergétique. Sur le plan militaire, cette stratégie relève de la doctrine militaire russe (abrégée en SODCIT, de l'anglais ). Elle vise à démoraliser la population pour contraindre les dirigeants ukrainiens à négocier. Sur cet aspect, elle est jugée inefficace.vignette|Carte des frappes russes sur l'Ukraine le 10 octobre 2022. vignette|Vue satellite de l'Ukraine la nuit du 24 novembre 2022. Réponses apportées Livraison de défense anti-aérienne Début octobre, l'Allemagne promet de livrer 3 batteries de moyenne portée IRIS-T.
En , le Royaume-Uni annonce qu'il fournira 125 canons antiaériens ainsi que des dizaines de radars et de l'équipement électronique pour lutter contre les drones. Le même mois, les États-Unis, l’Espagne et la Norvège ont livré huit systèmes de longue portée Nasams et un nombre non dévoilé de batteries de courte portée Aspide.
La France et l'Italie devraient envoyer un Mamba pour assurer la sécurité du ciel Ukrainien. La France a également livré deux batteries de missiles sol-air Crotale.
Le , les États-Unis annoncent la livraison d'une batterie Patriot à l'Ukraine mais cet équipement nécessite une formation des militaires ukrainiens. Dès lors, cette arme défensive ne pourra être employée avant plusieurs mois. L'Allemagne puis les Pays-Bas décide de livrer également une batterie de Patriot.
Soutien du réseau électrique Le , les États-Unis annoncent accorder une aide de 125 millions de dollars à l'Ukraine pour la réparation de ses infrastructures énergétiques.
L'ONU a lancé un appel par le biais de son programme de développement pour la fourniture de transformateurs de puissance, de sous-stations de transformation, de turbines à gaz et d'autres articles essentiels à l'Ukraine. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a annoncé le déploiement d'un programme de 1,7 milliard de dollars permettant aux Ukrainiens d'acheter de la nourriture et d'autres produits de base, affirmant qu'il s'agissait du "plus grand programme d'aide en espèces de l'histoire".
En plus d'un paquet d'aide humanitaire d'un milliard d'euros, le mécanisme de protection civile de l'Union européenne a fourni 500 générateurs et 300 autres financés par des organisations caritatives. Des kits de réparation ont également été fournis. Le , à l'initiative conjointe du Parlement européen et d'Eurocities, une campagne intitulée "Générateurs d'espoir" a été lancée. Il a appelé 200 villes européennes à acheminer les secours vers l'Ukraine, le président d'Eurocities et maire de Strasbourg, Dario Nardella, déclarant "... Nous devons agir immédiatement. L'hiver est à nos portes [...] il n'y a pas de temps à perdre".
Les dégâts causés à l'infrastructure énergétique de l'Ukraine avaient causé un manque d'environ 2,5 gigawatts d'électricité selon le président Zelensky, s'exprimant à Paris, le . Les générateurs électriques, a-t-il dit, étaient désormais "aussi nécessaires [..] que les véhicules blindés et les gilets pare-balles". La fourniture de 50 millions d'ampoules LED à l'Ukraine permettrait d'économiser environ un gigawatt, ce qui réduirait le manque à gagner de 40 %. L'Union européenne s'est engagée à fournir 30 millions d'ampoules.