Charles-René de Fourcroy de Ramecourt (né à Paris le et mort à Paris le ) est maréchal des camps et armées du Roi et officier du Corps royal du génie. Il est connu pour avoir publié la première carte synthétique de géographie urbaine dans son Essai d'une table poléométrique (1782), faisant de lui un pionnier de la visualisation de données.
Biographie Charles-René de Fourcroy est le petit-fils de Nicolas de Fourcroy, conseiller du Roi au bailliage et prévôt royal de la ville de Clermont, et le fils d’Élisabeth L’Héritier et de Charles de Fourcroy, avocat. Destiné lui-même au métier d'avocat, il préfère entrer dans le Corps du Génie en 1736 sous les ordres du maréchal d’Alsfeld. Il participe à toutes les campagnes de la guerre de 1740, aux trois campagnes en Allemagne. Il est fait capitaine en 1744. Son supérieur, le lieutenant-général Pierre Filley de la Cöte, n'était guère enthousiaste : « Monsieur de Fourcroy a une manière sévère et dure pour exercer le commandement, et possède un talent marqué pour se gagner des protecteurs. » En 1761, il commande les officiers du génie sur les côtes de Bretagne, dans l'objectif de prendre Belle-Isle, et en 1762, dans la campagne de Portugal, au siège d’Almeida. Il est cantonné successivement à Calais, en Corse (1773), en Roussillon. En 1776, après avoir été un visiteur régulier de la cour à Versailles (« à force d'intrigues », dit un contemporain), le roi crée pour lui une fonction d'officier général du corps du génie le et le nomme directeur des fortifications près le ministre de la Guerre, avec de rente, et le laissant imposer sa vision personnelle des places-fortes. Il est hissé au rang de maréchal de camp le . En 1787, il fait partie du Conseil de la guerre créé par le comte de Brienne.
Il épouse le , à Andonville (France), Marie-Marguerite Le Maistre (1732-1772) avec qui il a deux filles : Charlotte Marie Louise Cornélie (1758-?) et Charlotte Marie Françoise (1762-1765).
Il est membre de l'Académie royale des sciences, nommé correspondant de l'Abbé Nollet le , puis de Pingré le . Il est créé Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Louis en 1781. Un portrait en buste a été fait en 1781 par René Descarsin (aujourd'hui propriété du Conservatoire du portrait du dix-huitième siècle, CPDHS). En 1835, une gravure en a été tirée par L. Lorin et lithographiée par Langlumé.
Table poléométrique En 1782, Charles-René de Fourcroy fait paraitre anonymement un Essai d'une table poléométrique, ou Amusement d'un amateur de plans sur les grandeurs de quelques villes. L'ouvrage est accompagné d'un tableau (43 cm x 50 cm), qui représente géométriquement plus de 200 villes par des carrés proportionnels à leur surface, figurés à l'échelle d'un « pouce de Roi » pour 5 arpents de longueur (= 357,32 m) et colorés à la main.
alt=Table poléométrique (1782) de Charles-René de Fourcroy|vignette|Tableau poléométrique (1782) de Charles-René de Fourcroy Selon Gilles Palsky (1996), Peu après, en 1785, August Friedrich Wilhelm Crome fait paraitre un diagramme qui compare les États d'Europe, « Groessen Karte von Europa », qui en est proche.
L'attribution de paternité du manuscrit est effectuée en 1958 par François de Dainville à l'aide de validations internes (choix des villes, souvent lieux de batailles ; accès à la Galerie des plans en relief du Roi) ou externes (un exemplaire annoté de l'ouvrage conservé à la Bibliothèque de l'Inspection du Génie porte au bas du frontispice la suscription manuscrite : « fait par Mr de Fourcroy, chef du Génie, et donné par luy »).
Réception Sa carrière n'a pas toujours servi son œuvre. Il eut maille à partir avec Montalembert par exemple. Condorcet est pourtant plus qu'élogieux. Visant Fourcroy qui l'avait envoyé en prison sous lettre de cachet, Carnot adressa en 1789 une réclamation à l'Assemblée nationale pour dénoncer « le régime oppressif sous lequel est gouverné le corps royal du génie ».
En 2015, Christopher Duffy, historien militaire, dénonce la prétention de Fourcroy à être l'héritier spirituel de Vauban, lui qui ne parvient qu'à « transmettre sa version personnelle des mauvaises interprétations de Cormontaigne sur un homme qu'aucun des deux n'avait connu ». Il le qualifie d'être « ennuyeux, ambitieux et infatigable ».
Œuvre
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